‹ La religion de PlatonChapitre 149 sur 164 · Pp. 35 et · texte numérisé non relu

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RELIGION ET POLITIQUE

la rigueur du raisonnement qui lui fera admettre les exigences. Et Ton sait que Socrate n’acceptait pas de discuter avec n’importe qui^.

Pour résumer ces trop brèves indications : une seule contrainte est permise au dialecticien : c’est d’obliger son partenaire à la recherche et à la sincérité^, afin de préparer les voies à la contrainte, la seule efficace et réelle, exercée par la vérité. En tout cela, nul souci des personnes, mais de la seule vérité®. Revenons maintenant à la législation religieuse.

Le politique non plus ne fait pas d’acception des personnes. Mais il n’a pas, comme le dialecticien, du « loisir ))^ pour chercher et pour faire chercher ; il lui faut gouverner à chaque instant. Dès lors la contrainte législative traduira dans le monde de la nécessité les règles de la discussion dialectique. Les citoyens qui se refusent à la recherche et à la sincérité, on les enfermera dans la « maison de réflexion ))^ ; ceux qui manquent de cette « bonne nature » (que Socrate, semble-t-il, discerne même au fond d’un Calliclès ou d’un Thrasymaque), on ne peut plus les envoyer chez Prodicos® ; les gouvernants seront obligés de les retrancher de la communauté"^. Pas plus que la dialectique n’est toute-puissante à l’égard des ignorants, l’apologétique ne saurait venir à bout de la résistance dés impies. Dans le X® livre des Lois, l’impiété « est

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