‹ La religion de PlatonChapitre 150 sur 164 · Lois, X, 909 b sqq · texte numérisé non relu

Lois, X, 909 b sqq

traitée avant tout comme un danger social Le seul dogme que Platon se croit en mesure de prouver rigoureusement, c’est la divinité des astres, parce qu’il y voit, non un dogme précisément, mais une vérité scientifique conforme au « dernier état » de l’astronomie. Mais pour fonder là-dessus l’existence, la providence et la justice des dieux traditionnels (et, encore une fois, c’est à ceux-ci seuls que s’adresse le culte de la Cité platonicienne), Platon recourt ouvertement à la persuasion, à l’incantation^. Car le législateur, contrairement au Socrate des Dialogues, affirme détenir une vérité, et une vérité qu’il lui faut faire triompher à tout prix. Dès lors, le principe même de la libre recherche n’étant plus donné, le législateur ne prétend aucunement faire œuvre dialectique : il se contente de « persuader » les impies, de les « adoucir autant que possible ». L’ensemble du X® livre n’est ni théologique, ni apologétique ; c’est, comme tous les préludes^, le préarnbule à une loi dont le bien-fondé est ouvertement affirmé d’avance et qui s’imposera, si la persuasion devait échouer, par la sanction.

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