Rép., X, 621 c
politique^ il ne dépend pas de lui de construire la Cité idéale. Dieu seul peut intervenir et reprendre en main le gouvernaiP, et cette intervention ne se place jamais au terme d’une évolution. Au contraire, elle renverse le cours d’une évolution décadente. Aucune loi rationnelle ne peut la prévoir, et elle se présente toujours, aux yeux des hommes, comme un hasard, comme une « chance divine ». C’est une heureuse fortune qui fait rencontrer au dialecticien un tyran docile aux conseils de la philosophie^. C’est une épidémie, une inondation qui met fin aux Cités corrompues pour ne laisser subsister que des bergers, ignorants de l’astuce et de la perversité des citadins, et qui vont former, par leur vertu innocente, la société « primitive »^. Il n’y a donc pas de progrès, en dehors de la philosophie. Les arts et les techniques, dont l’essor est tant glorifié au siècle de Platon®, ne sont nullement l’indice d’un progrès. Ils ne sauraient en aucune manière profiter à une Cité dont la seule bonté doit dépendre du Bien. De plus, on sait que le cycle prochain les replongera dans l’oubli® ; ce n’est pas au génie des hommes, c’est à la bienveillance divine qü’il faut attribuer l’origine’ des arts nécessaires à la subsistance du genre humain.
Excepté la tyrannie, dont le degré de corruption ne peut être dépassé, toutes les autres constitutions,