‹ La religion de PlatonChapitre 153 sur 164 · a ; Polit, 274 c · texte numérisé non relu

a ; Polit, 274 c

DESTINÉE DE LA CITÉ

pour peu qu’elles fassent preuve de quelque stabilité, doivent être maintenues coûte que coûte. Le politique, sauf un concours de circonstances dont il n’est pas maître, n’améliore pas, il conserve ; s’il innove, c’est pour sauver, par des expédients nouveaux, l’ancienne perfection des lois et de la raison. Le Bien était donné dans la constitution primitive ; comme il n’est pas possible à l’homme de remonter le cours des temps, tout son office consiste à maintenir l’état actuel comme celui qui est encore moins éloigné du règne de Cronos que l’état à venir où il tend. Toutes les lois où il subsiste quelque ombre du beau, du juste et du bon, il faut les « sauver, en les conservant >4. Nous retrouvons ici, comme dans la destinée de l’âme, l’absence de tout élément dramatique. Ce (( plus beau des drames » que représente la vie de la Cité idéale^ n’est même plus, comme le « combat » que doit livrer l’ame®, un acheminement lent, avançant en ligne brisée et souvent se détournant ou revenant sur ses pas, vers un état de^ stabilité. Dans la Cité, cet état est donné d’avance, en souvenir ou en survivance ; le drame, l’action se borne à le maintenir contre les forces dissolvantes du Devenir, forces extérieures et imprévisibles (guerres, cataclysmes) tout autant qu’internes et, souvent, si mystérieuses qu’elles échappent au raisonnement même aidé de l’expérience^. La Cité idéale, du seul fait qu’elle est placée au contact du Devenir, ne peut que dégénérer ; il ne saurait s’agir de l’améliorer, mais seulement de re-

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