‹ La religion de PlatonChapitre 155 sur 164 · Pour cette^image voir déjà Plotin, IV, 9, 3 déb · texte numérisé non relu

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5. E. Gilson, Introduction à V Etude de saint Augustin^, Paris, 1943, pp. 225 sq.

V DESTINÉE DE LA CITÉ l43

Pâme incarnée, le moyen le plus sûr d’atteindre l’objet de son amour sera d’accepter la société, de l’organiser en vue des « loisirs et des fêtes, et de veiller à ce que la concorde entre les citoyens soit suffisante pour que le spectacle ne soit pas troublé. Cette organisation même relève, non pas du « beau », mais du « nécessaire »2. L’amoureux n’a plus souci ni de ses amis ni de ses parents® ; il aspire à la seule présence de l’objet aimé. Il y a bien un rayonnement et un retour. Hippothalès chante à qui veut l’entendre les mérites du beau Lysis dont il est épris^ ; le philosophe prolonge la vision du Beau dans des actes de vertu®. Mais cette redescente à partir de l’objet, cette procession ne se fait que parce qu’il y a outre l’admirateur et l’objet, des autres^. Or l’âme, dans sa condition préempirique, était placée seule en présence de l’Être. Il n’y a pas, chez Platon, création d'un premier homme où la « communauté d’amour » puisse trouver son « fondement » théologique Bien que la substance des âmes futures soit puisée dans le même cratère, elle ne fonde aucune communauté. Le Démiurge ne crée ni une âme ni une communauté ; il crée une pluralité d’âmes qui s’ignorent les unes les autres et qui ne connaissent que leur divin Créateur et « la nature du Tout » qu’il leur a enseignée.

La Cité est intégrée dans l’Univers et elle est do-

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