Lois 9 X, 902 b; Tlm., 41 e fin
2. Cf. Renouvier : « On ne savait peut-être pas exactement ce qu’était la justice^ mais on l’aimait » (Les Derniers Entretiens, Paris, 1930, p. 99).
terme à la conduite humaine. Avant Pascal, Platon a enseigné que toute la vie morale dépend de Topinion juste que nous pouvons avoir sur la divinité^.
Mesure de toutes choses, Dieu donne également son sens à la Cité, tantôt ébranlée par les prétendants au pouvoir absolu, tantôt exaltée et flattée par les démagogues de l’impérialisme sans frein.
Des trois aspirations humaines qui, souvent inconsciemment, tendent vers le même Objet, on peut dire que l’amour est la plus grande et, loin d’agir par création, il est agi par attirance. Le désir profond des aspirations est d’être prises en main par la volonté de Dieu. j
Mais, à ce compte, l’homme ne risque-t-il pas de confondre son intérêt ou son « idéal » avec la volonté divine ? C’est pour écarter ce danger que les Lois interdisent les cultes privés. La dialectique multiplie les précautions contre l’emportement et le dynamisme du moi. Toutes ces précautions prises, elle se croit si peu capable d’atteindre le Bien et de le fixer dans une formule de conclusion, qu’elle n’en hasarde jamais l’étude. Seule, l’Intelligence divine connaît Dieu ; pour appliquer « perpétuellement » ses raisonnements à « la Forme de l’Être ))^, l’homme est réduit à ne s’attacher, chaque fois, qu’à une Forme d’être déterminé ; l’ayant poursuivie jusqu’au point où elle procède de l’Être Universel, il ne saurait aller plus loin. Il ne peut donc y avoir, dans le platonisme, ni théologie, ni preuves de l’existence de Dieu. De fait.
1. Lois, X, 888 b ; cf. Pascal, Pensées, 194, p. 416, éd. Brunsclivicg.