‹ La religion de PlatonChapitre 159 sur 164 · Soph., 2b4 a · texte numérisé non relu

Soph., 2b4 a

CONCLUSION

les deux textes qui semblent avoir un caractère théologique sont tous deux des détours nécessaires, l’un, pour résoudre un problème d’éducation (relatif à la lecture des poèmes homériques), l’autre pour introduire et pour justifier une loi sur la répression de l’impiété^. Ni l’un ni l’autre ne sont d’intention théologique : au service, tous les deux, de problèmes d’ordre pratique, ils s’élèvent tout juste aussi haut qu’il faut pour résoudre ceux-ci, mais ne prétendent aucunement parler, de Dieu (ou même, dans le passage des Lois, des divinités astrales ou de l’âme) de manière adéquate.

On voit donc que l’interdiction du suicide (qui n’invoque aucune raison « philosophique », mais seulement l’autorité des mystères : « On dit que cela n’est pas permis y>^) a une signification qui dépasse beaucoup sa teneur littérale. L’acceptation par l’homme de sa condition incarnée doit se tenir à égale distance entre la résignation et la démesure, entre la complaisance et l’évasion. Il y a très peu de chose à modifier dans les conclusions de M. A. Rivaud : « La morale, la politique, la médecine le préoccupent plus que la théologie... Il vise à nous donner des impressions, plus qu’à nous imposer des dogmes... il nous ramène obstinément aux tâches humaines qui assureront notre destin ici-bas.^ » De fait, par son renversement des valeurs, la dialectique proclame que seule la science de Dieu, non les sciences de l’homme, mérite de nous « préoccuper ». Mais ce renversement total nous est

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