A. Rivaud, Notice au Timée, p
refusé pour l’instant, et la meilleure manière d’ « attendre le bienfaiteur » qui viendra nous « libérer ))^, est d’accepter, comme le Démiurge assume les œuvres de la Cause errante, chacune de nos servitudes présentes. C’est, avec un seul changement, le conseil de Pindare : Aspire, mon âme, à la vie immortelle, mais épuise le chanip du possible^ !
L’aspiration vers le Bien, suivie aussitôt et sanctionnée par la redescente dans la Caverne, donne au platonisme une mesure et une perfection difficiles à analyser et le fait apparaître comme une tendance contenue et une stabilité mobile. D’où, négativement, l’absence de tout extrémisme. La suprématie de la raison est affirmée contre l’insçiration et contre l’illuminisme sous toutes ses formes ; mais cependant, la raison accueille le mythe ; privée du délire que dispensent les dieux, elle est simple habileté, savoir-faire qui ne mérite pas le nom de sagesse. L’intelligence des sages tient pour convaincante une démonstration que la raison des habiles refuse comme une folie^.
Décrire, dénommer seulement en langage moderne cette Intelligence est une entreprise anachronique. Il faudrait pour cela désapprendre à opposer la raison et le cœur, ou encore la raison et la foi de telle sorte que l’adoption de l’un de ces termes implique le rejet de l’autre. Et de même pour d’autres antinomies. Plutôt que de maintenir l’unité du platonisme, il a paru
h Phéén 62 a b.
2, et JBangueh a, Tiniff 90 et Ariatote t « liser dans la masure du possible » (Bth, 7» 1177 b ftn),