‹ La religion de PlatonChapitre 16 sur 164 · Phèdre, 252 a, d sqq. ; Banquet, 210 b-c · texte numérisé non relu

Phèdre, 252 a, d sqq. ; Banquet, 210 b-c

étendre Tobservation jusqu’aux animaux) à leur progéniture et qu’ils poussent, au besoin, jusqu’au sacrifice de leur propre vie^. On sait comment Platon explique cette « disposition étonnante » et, en apparence, « absurde : la nature mortelle ne peut s’immortaliser que par l’artifice de la génération ; « à la place de l’être ancien, elle en laisse un nouveau qui s’en distingue^ » et dans lequel le premier se survit à luimême. — On se souvient des obstacles qu’avait rencontrés le désir du bonheur. Or, l’acte de la génération donne l’immortalité (autant qu’elle peut être concédée à la nature mortelle) à la fois au sujet et à l’objet. Il témoigne, au surplus, que le « bien » où tend notre désir ne saurait être quelque objet étranger et lointain et qu’il nous faudrait capturer ; c’est nousmêmes qui créons, qui produisons un bien personnel, notre bien propre, l’unique objet pour lequel et « en vue ))^ duquel nous sommes prêts à sacrifier tout le reste. Or la génération « tient du divin » et ne peut, puisque la divinité répugne à la laideur, s’accomplir que « dans le Beau ))® ou, plus précisément : « en présence du Beau ».

Le bonheur, avons-nous vu®, est la seule chose que l’homme désire réellement. Peut-être ne faut-il pas corriger cette thèse. Il faudra, en tout cas, en réviser le sens. — Quand Alcibiade, avec l’immoralisme charmant et maladroit de son ambition naissante, expli-

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