‹ La religion de PlatonChapitre 19 sur 164 · Rép., VI, 500 c · texte numérisé non relu

Rép., VI, 500 c

l'amour du'”'beau

tion dans le monde sensible. Connaissant le Bien réel, il saura « user comme il faut des biens apparents et, par là, leur conférer une valeur dérivée.

Le Vrai, le Bien, le Beau sont trois aspects de la même réalité suprême dont dérivent toutes les Valeurs. Mais tandis que d'obscures copies cachent les autres Formes plutôt qu'elles ne les traduisent, la Forme du Beau, elle, se reflète dans des images si lumineuses^ que tout homme de bonne nature devine derrière elles le Modèle et s'y porte spontanément. Dans l'expérience de l’amour, le Bien se fait sensible à l’âme, se révèle impérieusement et témoigne que (( ce Bien que toute âme poursuit dépasse les biens courants. Sans l’élan d’Éros, la théorie des Formes resterait une théorie. Mais sans la réalité et la révélation des Formes, Bros, dépossédé et dévoyé, manquerait tout ensemble d'objet et d’intention^.

La philosophie, parvenant aux Formes et, par delà les Formes, au Bien, atteint l’objet qui est tout en-

Page 1