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4. Il va sans dire que ces quelques notations ne prétendent pas donner même l’ébauche de La Théorie platonicienne de V amour (voir sous ce titre la thèse de L. Robin, nouv. éd., Paris, 1933). Mais comme le sujet est d’actualité, il faut au moins rappeler à cet endroit les textes cités plus loin, p. 108, n. 1 et 2, p. 130, n. 9. Nous pensons que ces textes, ainsi que bien d’autres, pris même dans le Banquet, n’autorisent guère à qualifier de platonicien, sans grave risque de simplification, le concept d’éros que la savante construction (cf. les remarques de méthode présentées par M. H. Marrou, Esprit, XIII, déc. 1945, pp. 908 sq.) du P^* A. Nygren oppose à Vagapè chrétienne (Eres et Agapè, trad. fr., Paris, 1944). Quant à la vue d’ensemble sur la philosophie de Platon que renferme ce célèbre ouvrage, il nous est impossible, ici, d’en discuter l’esprit général et les interprétations de détail qui eu découlent.
semble vrai, bon, beau. Effort d’un homme et non d’une âme désincarnée, elle est, à la fois, connaissance et action. Ni l’une ni l’autre ne dépendent de notre bon plaisir, parce qu’on ne saurait dissocier, dans les Formes, l’être et l’exigence. La philosophie est essentiellement soumission libératrice à une réalité et à une volonté d’en haut.
Pas plus que l’amour authentique ne crée son objet, les aspirations humaines ne fondent les Formes. « Dieu est la mesure de toutes choses «i, le Bien produit la vérité et « la faculté de connaître »2. Les Formes ne doivent rien à notre « enthousiasme », à notre « sentiment religieux », elles ne sont pas « l’idéal »^ que nous nous sommes forgé. Les réalités divines se laissent appréhender, mais elles existent, quand même il n’y aurait nulle âme pour y aspirer.