‹ La religion de PlatonChapitre 21 sur 164 · I. — Les Formes 1. La position des Formes · texte numérisé non relu

I. — Les Formes 1. La position des Formes

Déjà chez les anciens, Tobscurité du a Bien de Platon » était proverbiale et fournissait une matière à plaisanteries abondamment exploitée par les poètes comiques^. Et pourtant, ce « Bien » intelligible est « ce que toute âme poursuit, dont elle fait la fin de toutes ses actes, parce qu'elle en devine la valeur, tout en étant impuissante à en saisir nettement l'essence »*. « Le Bien de Platon » est en vérité le bien de tout le monde.

Si le Bien est obscur, les autres Formes ne le sont pas moins. « Je vois bien un cheval », avait déjà dit Antisthène, «je ne vois pas la ‘chevalinité' ». Et pourtant la Forme hippique « se trouve dans » le plus méchant bidet que l'œil perçoit. De^plus, Formes et objets sensibles sont « homonymes » ; quand il parle des Formes, le philosophe parle le langage de tou le monde. Alors pourquoi ce perpétuel malentendu sur

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