‹ La religion de PlatonChapitre 25 sur 164 · Eüîhyphr.y 8 a 1-2 ; Alcib. /, 112 a-c · texte numérisé non relu

Eüîhyphr.y 8 a 1-2 ; Alcib. /, 112 a-c

tuent ; c’est moi-même qui consens à ma chute et qui me prononce contre ma vie.

D’où l’on voit assez que le bonheur que nous persistons à tirer du monde des images n’est point un bonheur innocent. Et même si le choc des thèses hostiles ne s’étouffe pas toujours dans le sang, il entretient toujours, chez les membres de quelque société que ce soit, le manque de ce que la philosophie seule peut donner : « Tunanimité et l’amitié et bannit des fréquentations des hommes cette qualité qui se trouve dans les seuls entretiens dialectiques : « la bienveillance ))2. — Voilà pour l’innocence. Peut-on dire au moins que de telles pratiques nous assurent un bonheur ferme ? Les divergences incessantes sur les valeurs et les luttes qui s’ensuivent menacent sans doute notre tranquillité ; mais nous pouvons toujours espérer que la victoire nous établira dans la possession incontestée de ce que nous désirons. Mais que désirons-nous, au juste ? — C’est peu de chose que d’être en désaccord avec autrui, surtout quand cette contradiction ne fait que raffermir nos propres idées. Mais ces idées, sont-elles toujours les mêmes ? — A y regarder de près, nous verrions la contradiction installée au cœur de nos thèses et, pour tout dire, en nous-mêmes. Nous changeons constamment d’avis sur les choses les plus importantes^, et la seule raison qui, le plus souvent, nous fait ignorer l’instabilité de nos croyances, de nos désirs, de nos amours, c’est que nous vivons dans le temps et qu’au lieu de consi-

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