Soph„ 253 d 1-3 ; Polit., 285 a 4-b
2. E. Bréhier, Hist. de la Phil., Paris, 1938, t. I, fasc. I, p. 133.
3. « Chez Platon, il [le Bien] ne prend de sens que dans ce système ; il est l’idée suprême ; mais il est encore une idée » (E. Bréhier, La Phil. de Ploiin, p. 147).
4. Rép., VI, 509 b fin. — Voir sur le Bien et le système des Formes, P. Lachièze-Rey, Les Idées mor., soc. et polit, de Platon, Paris, s. d., chap. Tî et TIT.
que tente de décrire la dialectique. En revanche, la Forme du Bien, « au delà de Tessence », ne participe qu’au Même ; elle est la « Forme de l’Être » d’où procèdent tous les êtres dont l’essence est déterminée ; seule, elle devrait être saisie « en soi » absolument, et non pas, comme les autres Formes, les « relatifs », par une mise en rapport^.
Si le Bien en sa transcendance semble se dérober à tout essai de définition formelle, il peut au moins être suggéré, grâce à des métaphores. Le Bien est le « lien » qui « empêche » les choses de « s’abîmer » dans le flux universel*, il est « l’Atlas puissant et immortel qui soutient toutes choses » ; comme l’indique son nom, « il dispose toutes choses pour le mieux » ; « le Bien, c’est-à-dire l’obligatoire, relie et contient tout »*. Si les Formes sont de Vêire, le Bien est « la partie la plus lumineuse de l’être », « le meilleur des êtres »^, ou encore « le parfaitement Être »^, ce qui peut s’entendre ou bien comme l’Être dans son extension totale (rUnivers intelligible et l’Univers visible) ou comme l’Être dans son acception pleine, l’Être par excellence (formule qui, tout ensemble, oppose l’être des Formes aux devenir des sensibles, et l’Être le meilleur à l’être dérivé des Formes).
De toutes ces indications, deux idées se'dégagent, qui ne sont incompatibles qu’en apparence. Le Bien apparaît tantôt comme la source, tantôt comme l’ensemble de tout ce qui est. Ce dernier aspect ne doit