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LA CONNAISSANCE DES FORMES
qui serait aft'ectée, du dehors, de quelque signe à Valeur religieuse. Il est impossible de distinguer dans le dialecticien le savant et le croyant ; les Formes, les Valeurs dont il fait son étude ne lui permettent à aucun instant de rester « neutre ». Et cela ne signifie pas exactement se décider pour le bien contre le mal, pour la « droite » contre la « gauche »i, pour la morale contre la licence. Presque tous les Dialogues, il est vrai, traitent ou soulèvent des problèmes éthiques ; mais ces problèmes ne peuvent jamais recevoir de solution du seul fait qu’il nous plaise d’être des hommes de bien plutôt que des méchants. Rien ne peut jamais dépendre de nous, et c’est pour cela que la dialectique est une science, non morale, mais religieuse et qu’elle est la science de l’Être. La morale, dans le platonisme, n’est jamais un fait primitif ; elle est dérivée, datis la mesure où l’Être précède l’exigence et où la connaissance entraîne la volonté et l’acte. Quand nous nous décidons pour le Bien et pour les Valeurs, l’essentiel n’est ni la décision ni nousmêmes, mais uniquement la réalité des Formes qui s’impose à nous et qui emprunte nos paroles pour se proclamer. Le succès de l’enquête dialectique est lié à l’effacement progressif de la personne des interlocuteurs. Telle thèse, a-t-elle été soutenue par Homère ou par Gorgias^ ? — Peu importe ; examinons-la en elle-même, sans nous laisser éblouir par le prestige de son auteur. Au sommet dialectique d’une recherche, Socrate exige : « Il ne faut plus nous préoccuper du tout ni de toi, ni de moi, ni de Gorgiàs, ni de Philèbe,