‹ La religion de PlatonChapitre 39 sur 164 · P. 31 ; cf. Soph., 253 b-e · texte numérisé non relu

P. 31 ; cf. Soph., 253 b-e

LA CONNAISSANCE DES FORMES

puis en redescend. Schématiquement, la connaissance du Bien est une vision qui se place entre deux discours. Comment concevoir cette vision ?

« Initiation parfaite », elle est parfois décrite dans le langage des mystères d’Éleusis^, de ces mystères dont Platon a dénoncé ailleurs l’influence subversive^. C’est, ici comme souvent, une « transposition », pour employer l’expression connue de Mgr Diès. La connaissance graduelle des Formes, puis du Bien, que le Banquet décrit comme une initiation mystique peut s’exposer ailleurs d’un point de vue méthodologique^ ou politique^. L’idée que l’âme prend contact avec la réalité (idée qui s’épanouit dans l’image d’une hiérogamie avec l’Être suprême^) est appliquée, sans valeur mystique, à la connaissance des Formes en général®. Est également rapportée à l’intellection de toutes les Formes ^ la métaphore de la vision. Enparticulier, la «vision synoptique »du Phèdre correspond, dans les Dialogues, à la Définition, c’est-à-dire à un niveau où l’on est encore loin du Bien. De toutes les Formes, il peut y avoir vision, c’est-à-dire saisie immédiate de l’en-soi, et non mise en rapport. Chaque fois que l’interlocuteur admet une exigence essentielle

1. Cf. P.-M. Schuhl, Essai sur la Formation de la Pensée grecque, Paris, 1934, p. 205 ; Platon et VArt de son Temps, Paris 1933, p. 43.

2. P. Boyancé a montré que dans les charlatans orphiques de Rép., II, 364 b-c sont visés les initiateurs d’Eleusis, Le Culte des Muses, Paris, 1937, p. 21 sqq. et Platon et les Catharles orphiques (Rev. des El. Gr., 1942, LV, pp. 217-235).

Page 1