‹ La religion de PlatonChapitre 50 sur 164 · Cf. Crity 54 d · texte numérisé non relu

Cf. Crity 54 d

Bien d'être et d’être intelligible, il est essentiel à l’âme du philosophe de connaître l’intelligible et de l’imiter par le savoir qu’elle engendre à son contact^ ; mais pour que cette imitation aille jusqu’à l’action et jusqu’à telle action précise, il faut qu’il y ait matière à action, une situation et des matériaux où puisse s’inscrire rimitation. Si nous parcourons le processus qui du Bien en soi passe au Bien connu pour aboutir au Bien imité, il est clair que la rupture se place avant le troisième stade. Il reste toujours vrai de dire que l’imitation est commandée, est causée par la Forme ; Socrate n’est pas libre de se soustraire à la volonté d’en haut. Mais cette volonté ne le pousse à prolonger la connaissance en action que parce qu’elle trouve, pour l’accueillir, un réceptacle.

L’existence de la matière, d’un « Autre » que les Formes est impliquée tant par les actes humains que par l’Univers. L’Artisan divin ne crée pas ex nihilo ; il se borne à « prendre cette masse visible, exempte de tout repos, se mouvant sans mesure et sans ordre, pour la conduire du désordre à l’ordre ; car il avait estimé que l’ordre vaut beaucoup mieux »^. Si les Formes seules existaient, il n’y aurait eu ni Démiurge ni Univers visible, de même que Socrate, s’il était resté âme non incarnée ou s’il avait vécu « loin de sa patrie se serait contenté de philosopher, sans

jamais songer à l’action.

a Le Dualisme chez Platon))^ est constant, du Phédon

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