‹ La religion de PlatonChapitre 65 sur 164 · Lois, X, 896 e sqq · texte numérisé non relu

Lois, X, 896 e sqq

LA BONTÉ DIVINE

regards sur le Modèle intelligible ou sur le modèle visible. Ce second modèle est une pure fiction, rejetée aussitôt comme impie^. Elle est, surtout, en contradiction avec tout le platonisme : du moment que Ton pose un bon artisan, il est clair qu’il ne peut prendre pour modèle que la Forme intelligible^. De même, admettre à l’échelle cosmique une Ame mauvaise est impie^ et en contradiction avec la primauté de l’Intelligence.

Ajoutons que si, selon certains textes, les objets sensibles participent à deux Formes opposées^, la mauvaise qualité d’une chose ne provient jamais de ce que l’objet participe simultanément au bien et au mal, mais de ce que, « participant au corps », il ne saurait qu’imparfaitement participer au Bien. Il n’y a pas de Formes (( ridicules »^, ni, à plus forte raison, mauvaises. Il peut y avoir des choses qui, à certains d’entre nous, semblent « tout à fait sans valeur ))®, comme la boue. Mais le potier’ s’inscrira en faux contre cet exemple, et toute Forme, qu’elle soit celle de la boue ou celle du cheveu®, dérive, avec sa structure propre, sa valeur du Bien.

La Procession, — Pour qui envisage le Bien en soi et le Devenir brut, l’Être s’oppose au non-être. Pour qui considère le Bien en soi et toute autre chose, le cheveu et la boue, l’homme et son âme, l’Univers et

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