‹ La religion de PlatonChapitre 66 sur 164 · Parm., 130 c · texte numérisé non relu

Parm., 130 c

les étoiles, les vertus et les sciences, le Même s’oppose à r Autre. Mais il n’est rien qui n’ait, du seul fait d’exister, rapport à l’Être, rien qui ne doive, pour surgir ou pour subsister, se rattacher à l’Être. Procession^ qui, dans les mondes intelligible et supralunaire, est de tout temps et qui, en deçà, est confiée partiellement aux âmes humaines qui coopèrent avec Dieu à la « victoire de la vertu Mais nous pensons qu’il faut résister, ici comme ailleurs^ à la tentation de prêter à Platon un système rigoureux où doive se fixer et se durcir cette procession. En particulier, et sans pouvoir discuter ici le problème de l’authenticité du dialogue^, il nous paraît difficile de voir une doctrine platonicienne dans la hiérarchie des êtres divins établie par l’auteur de VEpinomis^. On ne saurait même pas trou-

1. Les Dialogues n’enseignent pas explicitement une théorie de la procession, telle qu’on la trouve chez Plotin. Appliquée à la pensée platonicienne, ce concept a valeur explicative plutôt que doctrinale. Il permet de comprendre le moins mal possible les rapports entre le Bien, les Formes, l’Intelligence, le Démiurge, l’Ame et les âmes, l’Univers et les corps astraux et pourquoi Platon peut qualifier tous ces êtres de divins. Dans un sens plus précis, nous entendons par procession, non seulement le processus intemporel en vertu duquel les êtres sortent de l’Etre, mais le changement d’aspect que subissent certaines valeurs, ainsi la bonté ontologique qui, à notre égard, devient bienveillance, l’Immutabilité qui devient Justice incorruptible (p. 134), l’exigence des mouvements réguliers qui, pour il’âme humaine, se traduit par tous les impératifs concrets de 'la vie politique et morale (p. 72).

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