‹ La religion de PlatonChapitre 69 sur 164 · Le Personnalisme, Paris, 1926, pp. 15 sqq · texte numérisé non relu

Le Personnalisme, Paris, 1926, pp. 15 sqq

3. P. E. More {The Religion of Plaio, Princeton, 1928), qui tient fort à l’idée du Dieu personnel chez Platon, note que cette interprétation est incompatible avec « l’identification de Dieu avec les Idées » (p. 119), laquelle obligerait aussi à rejeter la croyance à l’immortalité personnelle {p. 122; voir cependant plus loin chap. II, v). En réalité, il ne s’agit pas, pour Platon, d’opter entre le Bien et le Démiurge, puisque ces deux exigences se situent sur deux plans différents, la première se projetant sur un plan inférieur. Renouvier l’a bien vu, qui reproche précisément à Platon de n’avoir pas su les concilier : « Le Père des Idées n’était toujours qu’une idée. La théologie exotérique de Platon, la démiurgie, le polythéisme de son Timée, ne rejoignaient pas sa métaphysique, ou du moins elles ne la rejoignaient que de la manière dont les idées des hommes se rapportaient selon lui aux idées en soi, dont il les disait être des imitations, des participations, en termes symboliques, des ombres » {Les Dilemmes de la Métaphysique, p. 24) ; la critique de Brunschvicg va dans le même sens (p. ex. Le Progrès de la Conscience, 1. 1, p. 44, L'Actualité des Problèmes platoniciens, Paris, Hermann, 1937, p. 20, Héritage de Mois, Héritage d'idées, p. 58), et l’on trouvera des remarques analogues dans Gernet-Boulanger, Le Génie grec dans la Religion (p. 389 : « Il y a là, au sens propre du mot, une duplicité admirable »).

Gomme l’enfant, le philosophe veut toujours « les deux » {Soph., 249 d), et cette comparaison prend, ici, une signification

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