‹ La religion de PlatonChapitre 7 sur 164 · Rép., VI, 509 b · texte numérisé non relu

Rép., VI, 509 b

6. Diels, Vors., 21 B 6 ; sur l’ In fini d’Anaximandre, cf. Arist., Phys., III, 4, 203 b 13 ; sur l’Air d’Anaximène, Cicér., De nal. deor., I, X.

n’est pas vraisemblable qu’il n’y ait là qu’une simple métaphore^. Ce qui est certain, c’est que Platon lie très consciemment l’attribut de divin aux autres titres décernés aux Formes : la Forme est « divine, immortelle, intelligible ))^, « divine, immortelle, éternelle ; supérieures aux astres qui nourrissent leur divinité de^ la contemplation de ces réalités éternelles, les Formes rendeht « divin un dieu qui s’applique à elles

Ainsi, de la curiosité du voyageur, de la recherche du savant, nous voilà passés à la science du divin. Les spectacles de la vue qui nous enchantent ont moins de réalité, moins de vérité, moins de beauté que lès Formes dont ils sont des imitations imparfaites. Les corps célestes reproduisent dans leurs révolutions des mouvements formels, invisibles et seuls connaissables®. Détournant notre enquête de l’apparence vers la réalité, du changement vers la stabilité, de la multiplicité vers l’unité, nous passons du devenir à l’être et, parallèlement, notre savoir s’élève de l’opinion à la science. Les Formes sont à la fois réelles et vraies®. Elles sont les Paradigmes (modèles) qui créent à leur ressemblance des images vivantes, les conservent et les dirigent selon le principe du meilleur et ont pouvoir de les replonger dans le néant. L’être des Formes signifie donc stabilité autant que puissance créatrice^, et l’on comprend que, posant les

1. Voir maintenant W. Jaeger, The Theology of lhe Early Greek Philosophers, Oxford, 1948 (p. ex. pp. 203-206).

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