Cf. Hipp. Maj., 294 a sqq
LA RELIGIOIS DE ET. VTON
tion « de ne jamais mouvoir l’âme sans le corps, ni le corps sans l’âme », « si l’on veut être appelé à bon droit à la fois beau et bon, au vrai sens de ces mots Mais l’âme seule peut se conformer entièrement à cet idéal et faire que le corps s’y conforme le moins mal possible. « Ce n’est pas le corps, si parfait soit-il, qui par sa vertu rend l’âme bonne ; c’est l’âme bonne qui, par sa vertu, donne au corps toute la perfection dont il est capable^. »
Comme l’image la mieux venue risque de nous cacher le modèle, de même l’image corporelle risque de voiler l’âme qu’elle imite. Les juges infernaux devront considérer l’âme nue®, dépouillée de tout l’apparat corporel qui l’obscurcit plus qu’il ne l’exprime. Et c’est là une idée d’une vérité si profonde que même l’adversaire passionné des « contempteurs du corps » sera obligé de la redécouvrir pour son propre compte, quand il parlera des « dieux souffrants et voilés^ ».
Image imparfaite, le corps .est surtout V instrument de Vâme. Il l’est au sens où Aristote appellera l’esclave un instrument animé. L’âme commande au corps, et voilà encore une expérience immédiate qui montre que l’homme, c’est l’âme seule, de même qu’on ne définira pas le menuisier comme un vivant composé d’un corps animé et d’un marteau : « Comment le moi qui commande serait-il identique au corps qui obéit®.» C’est dans l’expérience du commandement spirituel, que nous saisissons le mieux la nature