Alcib. /, 130 b
l’ame et le corps
autonome de l’âme, sa fonction directrice et hégémonique^, son essence divine^. Et sans doute l’âme ne commande-t-elle pas toujours au corps, de même que le cocher ne parvient pas toujours à diriger sans écart les deux coursiers qui lui sont confiés. Mais c’est alors justement qu’elle a l’impression de céder®, d’abdiquer sa volonté et sa fonction natives, et sa défaillance même témoigne encore de son pouvoir originel.
Il est loisible à l’âme de s’emporter contre cette « chose mauvaise » avec laquelle elle est «pétrie »*, contre cette prison où elle est enfermée comme l’huître dans sa coquille®. Elle se passerait bien du corps, comme les Formes se passent de la matière. Mais pour l’instant, l’âme n’est pas désincarnée et se voit alors obligée d’user de cette entrave comme d’un instrument « sans lequel ))® elle ne peut rien ni, surtout, rien de ce qu’elle désire : connaître les Formes et les imiter’.
Tout se résume donc à rendre cet instrument le plus parfait possible par des exercices quotidiens. Et la tâche pour laquelle l’âme sollicite la coopération du corps s’exprime dans deux formules, rigoureusement équivalentes ; l’âme doit prendre soin d’elle-même® et : l’âme est chargée de ce qui est dépourvu d’âme®.
Nous avons vu comment, dans la procession de