Phèdre, 246 b
l’Être^, les âmes astrales, pour avoir contemplé les Formes, impriment des mouvements réguliers aux corps célestes et comment, en cela même, elles <!< gouvernent » TUnivers et en « prennent soin ». Le mouvement cognitif détermine infailliblement les révolutions visibles, lesquelles garantissent toute vie organique^. Mais pour T âme humaine, même le mouvement initial, qui devrait se transmettre de proche en proche, se heurte à des obstacles. La connaissance des Formes qui devrait dicter à T âme toute sa conduite -ne se fait pas aisément. L’impératif commun à toutes les âmes prendra alors un sens anthropomorphique : par le « soin », par les mouvements convenables® qu’il lui faut donner à elle-même et au corps, l’âme devra « s’améliorer »^. Et ce soin se manifestera dans toutes les situations concrètes de l’existence terrestre ; il implique, par dérivation, toutes les normes qui régissent la connaissance et l’action, de la musique à la dialectique, de la morale individuelle à la politique.
L’exercice effectif du pouvoir n’ajoute rien à la valeur du politique®. Au contraire, sachant qu’on ne gouverne jamais selon la perfection de la science®, le philosophe n’acceptera le commandement qu’à regret. Mais enfin, puisqu’il doit gouverner, il agirait contre la loi"^, s’il s’évadait de sa charge, il changerait sa science en injustice et en ignorance® si, renonçant