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de la contemplation pure. Or, le suicide, « de toutes les manières ))^, dans toutes les circonstances, est interdit comme impie. Pas davantage, il n’est permis à l’âme d/établir un régime tyrannique sur le corps et, à coups de mortifications, de mourir au corps dans un suicide lent et subtil. Ce qu’on peut appeler !’« ascèse » selon Platon est véritablement un exercice. Quand il recommande de (c dessécher » plutôt que d’a arroser ))^ la troisième partie de notre âme, ou d’<( accorder le moins d’exercice possible à la vigueur des passions (pour le plaisir), en détournant vers d’autres parties du corps au moyen de travaux fatigants, ce qui l’exalte et la nourrit ))^, Platon vise toujours au rétablissement d’un équilibre compromis par le corps et conseille, pour reprendre l’image du politique, une action de pacification, non d’extermination^ progressive. Même notre comparaison initiale du corps avec un esclave n’est pas exacte. Si le philosophe « estime peu les choses du corps, il n’éprouve pas, à l’égard du corps même, ce sentiment de « mépris » que voue à ses esclaves « un homme bien élevé w®. Le corps se place au troisième rang des biens que les dieux ont proposés à notre « estime
1. Phéd., 62 a 3. — Des passages comme Pép., III, 408 b et Lois, IX, 873 c constituent des excuses plutôt que des justifications du suicide et, surtout, se situent sur le plan politique, non dialectique. Ce que vise principalement le texte du Phédon, c’est le suicide par nostalgie métaphysique, tel que le décrit Callimaque (Epigr., XXIII, éd. Cahen ; cf. Ovide, Ibis, v. 491- 492) de façon si poétique et si peu platonicienne.