‹ La religion de PlatonChapitre 83 sur 164 · III. — Châtiments et Récompenses · texte numérisé non relu

III. — Châtiments et Récompenses

Depuis les poèmes homériques, les Grecs n’ont cessé de méditer sur la Providence et sur la justice des dieux. Plutarque encore intitulera un de ses traités : « Sur les délais de la vindicte-divine®. » Parmi les solutions qu’on pouvait donner à ce problème, la croyance à un tribunal divin est peut-être la plus simple et la moins attaquable. Elle rétablit dans un avenir incontrôlable l’équilibre si violemment dérangé sur terre entre ce que nous sommes et ce que nous subissons, et justifie la divinité, dans l’au-delà, de son apparente injustice immédiate. — D’autres réponses étaient possibles. L’innocent persécuté et le méchant en liesse ne présentent plus un spectacle révoltant, si l’on admet la solidarité de la famille. L’idée de la faute ancestrale qui appelle un châtiment tardif sur un descendant, innocent mais solidaire de l’ancienne souillure, est une conception logique et acceptable. Elle distend le lien de causalité entre le crime et le châtiment, mais enfin le principe même de la causalité et, par là, de la justice, reste intact. Pla-

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