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3. Sur ce traité voir, en dernier lieu, G. Soury, Le Problème de la Providenee etc. {Peu. des Et. Gr.^ t. LVIII, 1945, pp, 163-179),
ton, d’accord avec le droit de son temps, n’accepte plus la solidarité de la famille^. Mais, à défaut d’un ancêtre criminel, on peut imaginer un autre coupable. C’est ce que fait la doctrine de la métempsycose. Elle resserre même les liens entre le coupable et la personne expiante, en supposant leur identité foncière. Le principe de la justice, ici encore, est sauf.
La conception du tribunal des morts aussi bien que celle de la métempsycose, autant qu’elles veulent sauver la justice divine, répondent à une vue pessimiste sur le monde. L’existence présente, dans son déni de justice, est d’une absurdité telle qu’elle ne peut prendre un sens que dans une nouvelle existence qui la complète et corrige. Le pessimisme est d’ailleurs un lieu commun chez les poètes et s’exprime, dans l’orphisme, par le sentiment d’une chute^.
Un tel sentiment d’une faute métaphysique, on le chercherait en vain chez Platon^. De plus, malgré l’infériorité du monde sensible par rapport aux Formes, et en dépit de maints propos désenchantés sur le hasard qui souvent dispose de nous^, Platon n’accepte pas de considérer notre existence présente comme un mal. Ce n’est pas qu’il soit moins pessimiste qu’Hésiode ou que Théognis ; c’est parce qu’il Test davantage. Le pessimisme des anciens, là même où il désespérait de trouver justice et bonheur sur terre, exaltait encore l’instinct commun du bonheur^
1. Le droit criminel des Lois n’étend jamais le châtiment aux enfants du coupable (IX, 856 d n’y contredit pas).