‹ La religion de PlatonChapitre 86 sur 164 · Rép,, X, 615 a-b · texte numérisé non relu

Rép,, X, 615 a-b

lisme des conditions sociales^ ou des corps d/animaux*^ correspondant aux degrés de déchéance morale traduisent en infortune ou en laideur visibles le mal que l’âme s’est fait à elle-même. L’âme n’obtient rien de nouveau, rien d’étranger, rien qu’elle n’ait voulu. C’est de son propre vouloir que l’âme, amoureuse du corps, erre autour des monuments funéraires jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau liée à un corps^. Les tyrans qui se réincarnent dans des corps de loups^ ont le malheur de voir exaucé leur désir du mal. C’est ce désir qui fait, à la fois, leur malheur et leur châtiment. Pas davantage, le châtiment proprement dit ne dépend de quelque dieu gendarme ; il n’est même pas, comme chez Solon, l’effet inexorablement causé par la faute. C’est au moment même où la faute est commise, qu’elle enlaidit, qu’elle détériore, qu’elle punit l’âme. Le tribunal des enfers ne décide pas, comme les juges mortels, de la culpabilité de l’âme. Avant même de se présenter devant les magistrats divins, l’âme porte visiblement sur elle toutes les traces de la faute commise ; le thème du Portrait de Dorian Gray suggère assez bien ce que Platon veut dire. Nul juge étranger, et dont il serait toujours possible de contester la compétence, sinon le pouvoir, ne nous condamne ; les Fils de Zeus ne font que rendre un verdict que nous fûmes les premiers à prononcer sur nous®.

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