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5. « L’enfer est, au même titre que le paradis, un exaucement » (R. Schaerer, Dieu, VHomme et la Vie d'après Platon, Neuchâtel, 1944, p. 153).
CHATIxMENTS ET RÉCOMPENSES 79
Si le crime est un mal, le châtiment est un bien. Il n’est pas pire malheur pour le criminel que de rester attaché à son crime et d’(( échapper au châtiment salutaire ; il ressemblerait au malade qui « craignant comme un enfant le traitement par le feu et le fer refuserait la guérison. Sans doute, Platon n’ignore pas les peines qui agissent par intimidation. Mais il les réserve aux malfaiteurs inguérissables qui, dans la Cité ou dans l’au-delà (et qui, dès lors, ne seront plus admises à se réincarner)®, serviront d’exemples à des délinquants dont le relèvement reste possible^. Même lorsqu’il décrit les supplices infernaux avec un luxe de détails® qui fait déjà songer à l’imagination dantesque, Platon parle moins en législateur qu’en moraliste qui s’adresse à des consciences obtuses. Il s’agit moins de faire souffrir pour faire trembler que de faire trembler pour prévenir et, surtout, pour exhorter. La punition se propose essentiellement l’amendement du coupable®. Toute faute est involontaire. L’âme s’y laisse aller, parce qu’elle ne comprend pas que la faute est un mal. Le châtiment isole l’es-' sence du crime de ses apparences attrayantes. Comme le tribunal des enfers jugera l’âme nue, privée de l’assistance des témoins complaisants, dépouillée du prestige (beauté du corps, richesse, noblesse) dont elle enveloppait, durant son séjour terrestre, sa laideur’, de même se tiendra devant l’âme la faute toute nue, dé-