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pourvue d^agrément et de charme. Le tribunal est à peine un intermédiaire : il laisse T âme seule en face de la faute seule^.
Métamorphose et châtiment isolent la faute et la manifestent. La métamorphose rend visible à tous la laideur du vice ; le châtiment en rend sensible la malfaisance à Tâme. La métamorphose concrétise la méchanceté et l’attache à l’âme ; alors que le châtiment la présente à l’âme comme dans un miroir et provoque ainsi la « réflexion et l’amendement.
Tel étant l’enfer platonicien, quel est le paradis ? — L’âme incarnée qui a puisé son seul bonheur dans la pratique de la philosophie et de la justice est digne d’une seule récompense : la vision permanente des réalités éternelles. Pour ceux donc qui ont philosophé « dans la pureté et dans la justice ))^, la roue des réincarnations sera rompue, et ils obtiennent le bonheur parfait de la contemplation. Cette condition est parfois^ suspendue à trois existences consacrées à la philosophie, et le mythe la situe tantôt dans l’astre d’où l’âme était partie®, tantôt aux îles des bienheureux®. Si l’âme coupable est confrontée avec sa faute, l’âme purifiée sera mise en présence des réalités’ auxquelles
1. Peut-être vaudrait-il mieux parler de méchanceté plutôt que de faute. En tout cas, il ne semble pas que Platon conçoive la faute comme une chute, unique et dramatique. C’est progressivement et, souvent, insensiblement, que l’âme glisse vers la dégradation et se confirme dans le mal.
2. Une des prisons des Lois s’appelle « maison de réflexion » (X, 908 a).