‹ La religion de PlatonChapitre 89 sur 164 · Phéd., 67 a · texte numérisé non relu

Phéd., 67 a

CHATIMENTS ET RÉCOMPENSES

elle s’est rendue semblable. Sur elle non plus, les juges ne prononcent pas une sentence étrangère. Le jugement n’ajoute rien à son bonheur, puisqu’il n’ajoute rien à sa valeur. Les juges, devant elle, ne font pas figure de distributeurs de prix : « Ils en admirent la beauté et l’envoient aux îles des bienheureux^. »

Le mythe connaît d’autres récompenses, moins hautes, promises à une vertu moins parfaite. Sans parvenir à la vertu philosophique, certains hommes, aidés d’une grâce divine^, soutenus par un « bon naturel ))^, inspirés par un calcul mesquin^, atteignent une vertu ignorante, mais méritoire. Pour eux, le cycle des réincarnations continue ; mais, dans l’intervalle, ils obtiennent des récompenses, « dans une demeure pure et située sur les hauteurs de la terre Platon ne précise guère® en quoi consistent ces récompenses (qu’il recueille, ainsi que les châtiments, de la tradition) ; en tout cas elles n’empêchent pas l’âme qui les a goûtées de commettre, lors de sa prochaine incarnation, les pires méfaits’. A la différence des châtiments, ces récompenses ne profitent pas à l’âme, puisqu’elles ne l’instruisent point.

Ce que vaut une telle vie, passée dans un bonheur indicible mais loin de la philosophie, l’œuvre entière de Platon nous l’apprendrait si un texte précis ne venait, par surcroît, nous renseigner. Platon se de-

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