‹ La religion de PlatonChapitre 93 sur 164 · LE CHOTX DES CONDITIONS · texte numérisé non relu

LE CHOTX DES CONDITIONS

très mythes^. « Le plus souvent les âmes choisissaient selon les habitudes contractées dans leur vie antérieure^. » De plus, pourquoi cette option se placet-elle dans un « instant critique » ? Elle porte sur les biens et les maux extérieurs, sur les biens et les maux du corps^, donc sur ce qui n’est ni un bien ni un mal. Le seul bien réel, la sagesse identique à la vertu, est soustrait au choix : « La vertu n’a point de maître ; chacun, selon qu’il l’honorera ou la méprisera, en aura plus ou moins^. » Le futur du mythe traduit notre condition présente ; la vertu, cet « unique nécessaire ))®, ne s’acquiert ni ne se perd dans un « instant critique », mais au cours d’une longue série d’efforts ou d’abandons ; le jeu décisif ne se joue pas dans l’au-delà, mais à chaque instant du présent.

Dans la Cité, aucune condition n’est méprisable. Les professions de revendeur, de marchand, d’hôtelier, « belles », pourtant, et « honorables », sont injustement tombées en décri. Qu’on oblige des hommes de bien à les exercer, et « elles seraient honorées à l’égal d’une mère et d’une nourrice »®. Les pires malfaiteurs relégués aux demeures infernales sont des tyrans ; il n’empêche que même parmi les autocrates on trouve d’(( honnêtes gens »^ On en dira autant de la profession d’avocat, et Platon reprend à son compte l’apologie de Gorgias® : l’art n’encourt ni

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