‹ La religion de PlatonChapitre 95 sur 164 · LE CHOIX DES CONDITIONS · texte numérisé non relu

LE CHOIX DES CONDITIONS

divinité qui, elle, est « hors de cause ». Cependant, un dieu seul serait assez savant pour guider ce choix et pour attribuer à chaque âme le mode de vie qui lui convient. Un dieu ou, dans une plus faible mesure, un philosophe. L’idée du libre choix, qui veut « innocenter »i la divinité, s^accorde avec une conception toute différente, en apparence, selon laquelle Dieu, a Roi de l’Univers », assigne à chacun de nous sa place convenable. « Mais il a laissé à nos volontés les causes d’où dépendent nos qualités : car nous devenons généralement ce que nous désirons et tels qu’est notre âme^. » Toujours se retrouve cette correspondance entre notre caractère et notre condition. Qu’elle provienne d’une métamorphose automatique, qu’elle soit fixée par une libre option, qu’elle soit imposée par le roi philosophe ou par le Roi de l’Univers, c’est toujours l’âme qui choisit sa condition.

Mais les deux parties de l’âme déterminent deux volontés, l’une obéissant au Bien, l’autre entraînée aux caprices de la cause errante®. Les deux recherchent, l’une ce qu’elle sait, l’autre ce qu’elle croit^ être notre bien. Toutes deux obtiennent ce qu’elles veulent ou croient vouloir. C’est, quoi qu’il arrive, sa propre volonté qui est faite quand le méchant obtient la tyrannie, quand le politique le plie à l’esclavage®, quand le Roi du Monde l’enferme dans un corps de loup. Mais la dialectique seule nous rend libres, parce qu’elle nous apprend à vouloir ce qu’il faut. En sorte

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