‹ La religion de PlatonChapitre 96 sur 164 · Polit. y 309 a · texte numérisé non relu

Polit. y 309 a

que la bonne volonté, celle qui se fait transparente aux exigences de la divinité, mérite seule le nom de volonté, et elle est toujours libre, qu’elle provienne du simple citoyen qui l’abandonne librement au gouverneur philosophe, ou qu’elle émane du philosophe qui, lui-même, s’est rangé à la volonté du Bien.

Il ne faut donc pas trouver dans le mythe de la République une doctrine selon laquelle l’âme se prédestinerait elle-même. Le choix nous est constamment offert et il ne porte pas seulement sur la vertu, mais encore, d’une manière plus restreinte, il est vrai, sur les biens du corps et les biens extérieurs.

Il ne dépend pas de nous d’être de naissance illustre ou obscure, d’être homme plutôt que femme, d’être beaux plutôt que laids. Mais toutes ces conditions, jusqu’à un certain point, peuvent être modifiées^. On peut perdre ses privilèges de naissance et l’on peut, à leur défaut, acquérir le mérite^ ; un homme, à force de couardise, peut déchoir de la virilité® ; en revanche, une femme capable de porter les armes et de cultiver les sciences sera associée à la tâche des gardiens^ ; la beauté peut s’évanouir® et celui qui en manque peut remédier à sa disgrâce par la pratique de la gymnastique®, sinon par les artifices de la cosmétique et de la toilette’ ;

1. Sur la « dualité » des conditions voir R. Schaerer, loc, cit., p. 164.

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