K CHOIX DES CONDITIONS
même de la maladie^, on peut faire un bon usage.
Tous les éléments inchangeables de notre vie, ceux dont nous pouvons user d’une manière plutôt que d’une autre, mais qu’il nous est impossible de supprimer, sont (( choisis ». Le mythe ne précise pas davantage. Peut-être est-il permis de découvrir, dans cette solidarité du caractère avec certaines données immuables des conditions de vie, une liberté et un choix de tous les instants, la liberté d’a assumer » et de choisir ce qui, du dehors, paraît inéluctable^. C’est ainsi, peut-on dire, que le Démiurge « assume » les œuvres de la Cause errante et les contraint à la volonté de l’Intelligence. Nous sommes loin, en tout cas, de l’idéal stoïcien qui pulvérise toutes choses, hormis la raison, dans l’indifférence du nihil ad me. Mais la Raison ne pénètre pas entièrement la Matière, et le dialecticien n’est pas toujours libre d’accorder ses actes à sa connaissance. Notre vie comporte une part irréductible de hasard. C’est de cette donnée ultime que rend compte l’institution du tirage au sort. Irrévocable, le sort n’est pas décisif : « Même le dernier venu, s’il choisit intelligemment et qu’il ne relâche pas d’efforts, peut obtenir une existence convenable^. » Mais à mesure que l’intelligence s’obscurcit et que l’effort s’abandonne, le sort peut prendre le dessus. Aux prises avec le savoir et la justice du philosophe, le sort s’affirme surtout comme une occasion « manquée y>^ ; il ne dépend pas du philosophe de