II" ■ "JE
pas, qu'ils appartinssent au mêm qu'on eût mélangé ensemble d( provenant de différents cadavres. C circonstance se rencontre souvent cropole de Négadah qui a été M. Pétrie; aussi ce savant a v d'abord les restes de festins d'antl Je croîs que ces dernières années abandonné cette hypothèse. Cette l'enterrement secondaire se ren d'autres peuples que les Egyptie assez difficile de se rendre comj qui est à la base soit du démeml de cet enterrement temporaire qui définitif lorsqu'il ne reste plus q ments.
M. Wiedemann explique le dé par le désir de faire quitter la ten à cette sorte d'image de la perse présence est une condition nécesss tence, et qui survit après sa mort, but en particulier qu'on décapita Et non seulement la personne el] subir ce traitement, mais aussi les déposait à côté d'elle; on les brisa les vases ou les quelques objets de
iONFERENGES AU COLLEGE DE FRANCE
de ce livre promettent au défunt qu'on ôtera pas sa tête, ou telle autre partie de rps. Au chapitre CLIV, un chapitre fort ans les éditions anciennes, et qui a pour î chapitre « de ne pas laisser le corps se ipre dans le monde inférieur », la desn de ce que le grand orateur français a
un je ne sais quoi qui n'a de nom dans 3 langue, est revêtue des couleurs les réalistes. Cette perspective est pour tien quelque chose d'odieux, et le chaîonclut par ces mots: «Je suis, je suis, je
vis... ma tête ne sera point enlevée de 30U, ma langue ne me sera point ôtée, lieveux ne seront point coupés, mes sourî seront point rasés. » Ainsi le défunt ne a par aucun démembrement quelconque, ►our cela qu'il a été embaumé et momifié, jui fait que les Egyptiens tenaient autant conservation du corps, c'est que la des- )n de celui-ci entraînait celle de l'élément ériel ; c'est l'anéantissement de l'indiet en particulier de l'un de^ éléments iels de la personnalité, celui qui subsisans la vie d' outre-tombe, le double. La malité humaine n'était pas une unité.
Elle se composait de divers éléments, d'abord le corps, puis le double, un se( exemplaire du corps, en une matière ir dense que la matière corporelle, une projec de l'individu, le reproduisant trait pour 1 son sosie comme l'appelait Nestor l'Hôte ccwnpagnon de ChampoUion. Pendant la vi support du double, c'était le corps lui-mé te corps embaumé cessait de l'être; le do se séparait de lui et devait prendre ] support les statues, les portraits qu'on me dans les tombes et qui rappelaient parfaite!
le défunt. Pendant la vie, le double, ou coi l'appelaient les Egyptiens, le ka s'identifia bien aveîc le corps, qu'il avait fini par dev un thème pronominal : « à ton ka » veut diri toi-même ». Après la mort, il se retirait dar tombeau, il pouvait entrer et sortir, et il l'objet d'un culte soit de la part de la fai du défunt, soit de la part de prêtres qui étaient sx>écialement attachés. Il s'appuyait les statues du mort qu'on mettait dans la toi et pour assurer mieux son existence, on m pliait ces statues. Du reste, l'être humain ] vait avoir plusieurs doubles; il pouvait en a jusqu'à quator2Se. Les offrandes représer
premier élevé contre cette idée frai)|pé de ce que, quels que s( des défunts, les représentations les mêmes; elles n'ont donc pas personnel ; puis Ton voit souv( d'une tombe à l'autre des chiffres qui sont tout à fait invraisenubl Mariette il est donc impossible tures des tonabeaux de l'Ancien des peintures de la vie réelle montrent le défunt transporté d£ idéal commun à tous les Egypi vie future telle qu'ils se la et telle qu'ils désiraient l'avoir en donc une sorte de Uvre dont épars ont servi à la décoration A cet égard, qu'il me soit permis, tant l'idée de Mariette, d'y ajoute vue qu'il n'a pas pris en considér que dans le cas de ces tombes i exemple frappant de ce qu'on a a imitative, l'idée que le sembla semblable, et que la représentai donne naissance à l'être représer lence au sein de laquelle nou défunt qui s'appelle Ti ou Phtal
jclaves, ces troupeaux, ces doî nombreux personnel occupé à Lt cela il n'est point certain qu'il îndant sa vie. Cette prospérité a pas connue dans ce monde, Li souhaitait, on voulait la lui 3tre pensait-on qu'il méritait ise, peut-être l'affection filiale ou de ses proches le jugeaittteindre à cette félicité. Pour l'il y arriverait, il n'y avait pas is sûr que de peindre ou de 1 murs de sa tombe tout ce milieu L voulait qu'il pût se mouvoir, l'y avait pas besoin de grands lation, le bonheur futur se yeux de tous les Egyptiens fort semblable ; c'était la vie ite telle qu'elle était déterminée ï civilisation et par les conditions [imatériques du pays; de là vient ressemblance d'une tombe à
de TAncien Empire sont toutes assez uniforme. C'est d'abord à BU général posé sur le rocher, ce
qu'on nomme le mastaba, c'e&t-à-dir construction massive et lourde dont le pi un rectangle, dont les quatre faces soi murs à peu près nus, et qui sont symét ment inclinés vers un centre commun. La truction a l'air d'une pyramide tronquée le sommet est une plateforme unie, sans dent d'aucune sorte. Sur l'mi des côtés e porte donnant accès à une chambre da çttelle se trouve toujours une stèle, celle la partie importante de la chambre, chambre peut être imique, simple, n d'autre décoration que |a stèle, ou au con comme à la IV© et Ve dynastie, il y a plu chambres soit en croix, soit disposées i verses manières et séparées par des couloi plafond est quelquefois soutenu par d( lonnes ooi par des piliers, c'est alors q parois se couvrent des magnifiques seul dont nous avons parlé.
Non loin de la chambre et plus souve sud, se trouve caché dans la maçonner réduit bâti de grosses pierres. Ce réduit i on a donné le nom arabe de serdaf) est communication d'aucune sorte avec les pail^ties du mastaba. Il ne renferme qu
NFER£NGES AU COLLEGE DE FRANGE
du mort, statues qui quelquefois sont 5 grand nombre. C'est là le double, le Léfunt, ou plutôt rimage ou les images servent de support; et afin qu'il puisse is offrandes que ses amis et ses parents ront dans la chambre, ou de la fumée eus qu'ils y brûleront, im étroit boyau ^ le serdab à cette chambre. C'est par le double communique avec l'extérieur, mmet du mastaba est l'orifice d'un pidls ilaire de profondeur variée, il peut ue de douze mètres, il peut aller jusqu'à
trente; aucun escalier ne permet d'y re; mais lorsqu'on est arrivé au fond à le cordes, on ai>erçoît l'entrée d'un ouloir qui tout d'im coup s'élargit en as, c'est la chambre mortuaire qui est
verticale de la chambre extérieure, en lie les survivants qui y étaient réunis le défunt sous leurs pieds. La chambre re est en général dénuée de tout orneans un coin est le sarcophage en pierre; [ne on l'avait scellé avec soin, il oonte-
corps embaumé dans du bitume; mais ^ore enroulé dans des linges et des ban-
comme ce fut l'usage plus tard. Quel-
^-kfn^îiiKjy;??;
qiiefois un chevet en bois ou en albâtr posé à côté du corps; dans la chambre aucun ameublement funéraire sauf de trois grands vases qui devaient conte] liquide, et des ossements de bœufs. Une corps dans le sarcophage, on murait 1 du couloir, on remplissait le puits de ] et de décombres; personne donc ne p pénétrer jusqu'au mort qui était ainsi e ment préservé de toute violation possil du moins qu'on avait cherché à préser^ toute atteinte. Ce n'était pas chose faci; les violateurs et les pillardis de tombes n€ Laissé mainte preuve de leur habileté et < persévérance.
Nous avons dit que la partie importa la chambre c'est la stèle, une dalle en qui a souvent la forme d'une fausse po qui porte une inscription qui varie de Ion mais dont le sens général est toujours le C'est une invocation à Ajnubis, le dieu sente sous la forme d'un chacal, et qui intimement lié au «dieu grand», àOsiris, égyptolO'gue anglais, Le Page-Renouf, dère les deux comme une même personn des noms différents. On demande à Anul
ait une bonne tombe dans T Occident, eçoive des offrandes en grand nombre tains jours de fête. Deux de ces jours sacrés à des divinités qui jouent un le dans le panthéon égyptien, Thoth,
des Egyptiens, et Min, Amon générate stèle est à tout prendre le seul éléigieux qu'on trouve dans la tombe de Empire, il n'existe aucune repfésenîs dieux ou d'actes de culte qid leur Bssé. On voit parfois les cérémonies îs célébrées pour le mort, mais aucun doration ou d'offrande à une divinité [ue. Il ne semble pas que le mort uit es dieux, sauf ceux auxquels s'adresse
et encore, comme le fait ressortir ►ero, l'invocation est -elle conditioni promet aux dieux une offrande à la 1 qu'ils procureront aux défimts toutes ndes auxquelles ils ont part eux-mêmes, îme plus loin; il me semble que cette
en faveur du mort qu'il ait mie bonne î dans l'Occident, ne s'applique pas à e dans laquelle la stèle est érigée, la tombe est faite et achevée, mais à be idéale qu'il aura dans l'Occident et
qui sera le double de celle qu'il a sur la te de même que les offrandes qu'il recevra seroîi double de celles qui sont gravées sur les mi De cette tombe idéale, « il suivra les b chemins, » il sortira pour arriver à Te tence riche, opulente et heureuse qui dépeinte sur les murs.
On voit quelle importance a le double d les idées des Egyptiens relatives à la vie ture. Cette vie future est absolum-ent coj sur la vie présente dans ce qu'elle a d-e i attrayant. C'est un bonheur tout à fait terres et duquel Vêlement religieux est près absent ainsi que l'élément moral. Rien ne I>enser ^u jugement par lequel, d'après la c trine du Livre des Morts, le défunt doit pas Et cependant il est certain que le défunt deveYiu un être divin, car on lui rend un ci et on lui fait des offrandes comme à un ( véritable ; son double a des prêtres, ce indique bien qu'il est autre chose qu'un sin mortel. Il y a lieu de remarquer que le 1 de prêtre veut dire proprement esclave, se teur; le double a donc ses serviteurs, con aussi les dieux qui ont la même catégorie prêtres; les inscriptions bilingues traduiseii
ophètes. Le mort ou plutôt son § dans l'autre monde est un être d'une vénération spéciale, mais v^ants n attendent riert. On ne voit ce la moindre influence sur ses desculte d'ancêtre est donc un sîmiple e l'on rend à un ascendant qui
auquel on souhaite toute espèce . Cette adoration est une sorte de
ou de prolongation de la vie » ancêtres, on les a connus; de moins ont assisté aux diverses ur existence ; maintenant qu'ils la vue de ceux au milieu desquels
qu'ils ont quitté cette existence 1 matin et un soir, tout natui suppose que, pareils au soleil après la nuit, ils reviendront à la
5 grands personnages de l'Ancien ;-ci est peinte sous des couleurs emblables à ce qui se voit dans ce en est pas ainsi du roi. Le souvetre d'une nature différente de celle . Il n'est pas de la même race, él \ à des perspectives tout autres.
RELIGION DKS ANCIKNS K(;YI»TIKNS 65
Le roi est enterré dans une pyramide, et les textes qui sont gravés sur les murailles de la chambre funéraire n'ont aucun rapport avec ceux des tombes de l'époque. Rien qui rappelle la vie présente ou même le passé du souverain ; aucime allusion à un genre de vie semblable à celui qu'il menait sur la terre ; uniquement des textes religieux d'un mysticisme bizarre et souvent impossible à comprendre, et qui nous introduisent d'emblée au milieu de cette foule de dieux, de déesses, de génies bienfaisants ou de démons hostiles, de serpents et d'animaux étranges, dont l'imagination égyptienne a peuplé la région d'outretonibe.
Il est peu de sujets, sur lesquels on ait autant écrit, et sur lesquels on ait émis autant d'opinions les plus étranges, que les pyramides.
Cela vient en partie de ce que la plupart des auteurs de ces livres croyaient qu'il n'y avait qu'une pyramide, tout au plus deux, les grandes pyramides de Ghizeh, et qu'ils ignoraient que ce mode de sépultiu*e avait été fort répandu parmi les rois de l'Ancien Empire. Nous connaissons maintenant plus de soixante - dix pyramides, de hauteurs, il est vrai, fort différentes, mais
[ destination est la môme. Une pyramide u'un tombeau, ce n'est qu'un tertre artiiestiné à cacher une chambre sépul- ^e qui Ta fait élever, c'est toujours cette idée, le désir de préserver le corps des )ns possibles, de lé conserver absoluntact, afin que le double puisse survivre autre monde, et ne pas être anéanti. Une de renferme du reste les mêmes élé-
que ceux que nous avons décrits à
de mastaba. A l'extérieur le temple, dire les salles où l'on vient rendre un lu défunt, lui apporter les offrandes ;
long escalier conduisant à la chambre re et qui correspond au puits; enfin la re placée au-dessous de la masse de la de, et dans laquelle reposait le sarcodïi pierre qui, en plusieurs cas, est arrivé
nous. La ressemblance est même poussée plus loin: sur la chamtre funéraire ouvre ambre plus petite reliée à l'autre par un couloir et qui doit être le serdab, le jù l'on déposait les statues du roi défunt, ient les supports de son double, grandes pyramides de Ghizeh étant tement dépourvues de toute inscriptian
et de tout ornement * dans les chambres qu'elles renferment, on a longtemps cru que toutes étaient muettes et qu'elles ne nous apprendraient rien sur le sort de ceux qui y étaient déposés. Mariette lui-même soutint longtemps cette opinion, mais quelques fragments trouvés à Sakkarah ayant éveillé sa curiosité, à peine arrivé en Egypte en 1880, il fit immédiatement commencer des travaux dans deux pyramides à moitié ruinées qu'on avait négligées jusque-là. L'ouverture de ces deux pyramides fut son dernier triomphe.
Cloué sur un lit de maladie dont il ne devait pas se relever, il envoya son ami, l'égyptologue allemand Brugsch, voir quel était le résultat des travaux; au retour Brugsch apportait la nouvelle que les pyramides étaient ouvertes, qu'on avait trouvé les murs' des chambres couverts d'inscriptions religieuses dont il avait copié quelques fragments ; ce fut la . der nière nouvelle scientifique qui arriva aux oreilles du mourant. Cette nouvelle fit grande sensation parmi les égyptologues ; c'était une révélation, cela nous apprenait qu'à une époque aussi reculée que la cinquième dynastie, la religion, j'entends les croyances
étaient déjà fort semblables à ce •ent dans la suite. Les principaux mthéon étaient déjà l'objet de la vés Egyptiens, les formules magiques ît avaient la même efficacité qu'on lait plus tard; les cérémonies, les y voyaient aussi. Tout cela nous [ans une langue dont les caractères mt tout semblables à ceux de l'époque. Les textes des pyramides arceau de la littérature sacrée qui er déjà depuis longtemps. Et cela le à la question que nous posions instant: Que s'est-il passé entre inite et l'époque memphite qui ait B non pas un bouleversement, mais pement si rapide et si prodigieux ?
intenant cinq pyramides qui ont été t qui nous ont fourni des textes es textes se répètent de l'une à l'aus ne sont pas tous exactement les est évident que ce qui a été copié irs, ce sont des extraits d'un livre ^cueil tout analogue au Livre des ni écrivait la destinée du roi défunt ort.
Voici le premier fragment qui ait été copié et traduit par Brugsch d'abord, puis par Lauth et enfin par M. Masi>ero auquel nous devons la collection et une traduction complète des textes des pyramides, qui est encore la seule que nous possédiooiis. Ce que nous allons citer vient de la pyramide de Merenra, un rb-i de la Ve dynastie:
« Celui qui se tient devimt son père, celui qui se tient devant Osiris Merenra, c'est moi ton fils, je suis Hiorus, je suis venu vers toi, tu es purifié, tu es lavé, tu es ramené à la vie, j'ai réuni tes os, j'ai retrouvé ce que l'eau avait emporté, j'ai réuni ce qu'on avait séparé de toi, car je suis Horus, le vengeur de son père; j'ai frappé pour toi celui qui te frappait, et je t'ai vengé, mon père Osiris Merenra, de celui qui te causait de la douleur. Je suis venu vers toi, comme le messager Horus, celui qui t'offre des parfums, mon père Merenra, sur le trône de Ra Toum; tu es le guide lumineux; descends dans la barque de Ra, où les dieux aiment à entrer, où les dieux aiment à descendre, et où navigue Ra. Quand il fait jour, Merenra y descend, car il est Ra. Assieds-toi donc sur le trône de Ra, fais entendre tes paroles aux
dieux, car tu es Ra, issu de Nout. Ra est enfanté tous les jours. Merenra est enfanté tous les jours comme Ra. Empare-toi de l'héritage de ton père Keb devant les neuf dieux d'On, puisqu'il t'a été préparé par les dix-huit dieux, les très gi'ands, qui sont à la tête des esprits d'On. Les deux dieux, les très grands, qui sont à l'entrée des champs d'Aalou, t'établissent sur le trône d'Horus, ... ceux qui te conduisent à leurs demeures excellentes, pures, qu'ils ont faites à Ra lorsqu'ils l'ont installé sur leurs trônes. » On le voit, ce court fragment nous introduit d'emblée au cœur des doctrines égyptiennes, telles que nous les retrouvons, avec quelques différences à toutes les époques. Dans ce morceau qui est l'un des plus compréhensibles, Horus se présente devant Merenra qu'il appelle son père Osiris, et lui dit ce qu'il a fait pour lui. Il a accompli pour lui les rites de la purification, et moyennant cela Merenra revit, ses restes épars comme ceux d'Osiris se rapprochent et reconstituent son corps mis en pièces. Ce n'est pas le roi défunt qui parle, comme dans le Livre des Morts; on s'adresse à lui, c'est un dieu qui lui annonce qu'il va revivre, et ce dieu se dit son fils,
HELIGION DES ANCIENS ÉGYPTJKNS
Horus. Ainsi, à cette époque, le mythe est déjà connu, constitué si l'on peut s'e:
ainsi, et il forme déjà le fond delà doctri tive à la vie d'outre-torabe. Osiris est le l'océan céleste Nout, et de la terre Kc répoux de sa sœur Isis. Attiré par la i Set, il est tué et mis en pièces, c'est ] qui descend dans la tombe, dans la nu le fils d'Osiris, Horus, venge son ] reconstitue son corps par ses purifica ses moyens magiques, il le met sur J de son père K,«b.
Quelquefois le mythe a des variante Horus qui est considéré comme la ] apparence d'Osiris, la forme sous la<] renaît; mais ce qui est important à c< c'est le souvenir lointain qui persiste de légende, d'usages abandonnés depui temps. Osiris n'est pas seulement mis il est mis en pièces, il est démembré et son fils, Horus, comment le venge reconstituant son corps, en unissant e et en resserrant ses membres épars là certainement une trace de ce démem pratiqué dans les âges primitifs, et qu' pris en horreur.
:oNFi:uKx\ch:s al coi.LEOfc: de fhance
qiie roi défunt doit subir un sort ana-
à celui d'Osiris. Il devra passer par la
il devra lui aussi succomher sous les
d'une puissance plus forte que lui, et à
ie il ne peut pas résister. Mais il aura
ussi aux mêmes privilèges qu'Osiris, son
rapp-ellera à la vie, et procurera à son
cette existence; il faudra pour cela que
les cérémonies prescrites soient reli-
nent célébrées, et alors ce double divin
sauf jouira de la vie qui est le partage
eux. Il deviendra Osiris lui-même, et
our cela que le roi défunt s'appelle tou-
' Osiris. Comme tel il jouira d'une puis-
et d'une intelligence divines. Il n'est plus
les bornes de la nature humaine, il peut
îe qu'il veut, revêtir toutes les formes
li plaît, s'accorder toutes les jouissances
e terre, et celles de l'au-delà, naviguer
a barque de Ra, le soleil lumineux, et
ï l'on ne voit pas très bien où commence
et où il finit, ni ce qui le sépare d'un
il sera Ra lui-même, il naîtra comme Ra
s jours, .ainsi que le dit le fragment que
vons cité. Il pourra même devenir tout
lieu. Les perspectives de l'avenir sont
pour lui sans limites, à oondition cependant que les formules magiques qu'on prononce à ses funérailles ou qu'on lui met dans la bouche soient suffis.amment efficaces, qu'elles puissent briser toutes les résistances, réduire à l'impuissance tous les ennemis qu'il aura à affronter. On le voit, cette doctrine est une sorte de panthéisme, elle est fort semblable à ce que nous trouverons dans le Livre des Morts. Il est vraisemblable même que c'est le recueil où l'on a puisé les textes des pyramides qui est devenu le Livre des Morts, lequel sera pour tous, pour l'honune de condition inférieure aussi bien que pour le roi. Il est d'autant plus curieux qu'à cette époque ancienne, ce livre des pyramides paraisse être à l'usage exclusif des rois, et que le sort des autres défunts même haut placés nous soit dépeint comme une vie toute terrestre de laquelle l'élément divin est absent.
Il y a là im contraste que nous ne savons comment expliquer.
En dehors de ce qu'ils nous apprennent sur le sort réservé aux défunts, les textes des pyramides nous apportent la doctrine de la ville d'Héliopolis, ou comme les Egyptiens l'appelaient, de la ville d'On ou An. Nous aurons
couper de cette doctrine, qui en à ceci : Toum, le dieu qui sort iide, est devenu Ra, le dieu soli gouverne l'Egypte. Comme le créateur de toutes choses, nembres, de son fils Horus qui atins, et qui, ainsi que nous ge son père, tombé sous les Nous trouvons déjà dans ces re considérable d'êtres divins ar la fertilité d'invention que it montrée dans le domaine de de la mythologie est quelque [>le.
otre point de départ, les défunts ont on les traitait, nous trou-
du Moyen Empire la coutume înt, de la momification devient end pi€d d'une manière défini- 1 est la demeure du défunt, et
ils sont décorés, porteront des
non seulement de la vie ne dans l'autre monde, mais
de sa vie passée dont on supigation. Les inscriptions deefois des biographies; la car-
rière, la personnalité du défunt y prend une place plus grande, avec cela T élément religieux n'y est point oublié comme dans les belles tombes de l'Ancien Empire; les textes du Livre des Morts sont peints ou gravés sur les murs ou siu* le sarcophage.
Quant aux rois des grandes dynasties, ils continuent à séparer le réduit où leur momie fôst déposée, des vastes salles où étaient admis leurs adorateurs. Les grands temples construits sur la limite du désert à Thèbes, et qui se nomment Deir-el-bahari, le Ramesseum, Medinet-Habou, ne sont que les chapelles jPunéraires rattachées au tombeau caché à quelque distance dans la vallée sauvage à laquelle les Arabes ont donné le nom de «portes des rois». J'ai déblayé complètement l'un de ces temples construit par une reine dont le nom populaire est Hatasou. Sur les murs des terrasses dont il se compose, on voit d'abord ce qui concerne sa vie passée, sa naissance miraculeuse, car c'est Amon lui-même qui était son père; son éducation, son couronnement par son père Touthmès qui voulait se l'associer et le placer à côté de lui sur le trône, puis ses guerres, son expédition dans le pays de Poimt à la
s AU COLLEGE DE FRANGE
l'encens ; ses constructions, ses obélisques. Comme elle Lent de race divine, mais un [stitué dans certaines chambres culte qui lui était rendu, des semblables à celles qu'on prée mort. Et cependant elle était t les dieux lui avaient promis inrée illimitée. N'importe, son ïtait déjà institué, il continuelort. L'an passé on a trouvé la vallée sauvage que les rois r leur retraite. A l'extrémité i a 270 mètres de long, on a chambre funéraire; la momie ;; sur le sarcQphage ne sont > inscriptions religieuses, rien vie passée.
[>is ses successeurs ont suivi e temple qui fait l'admiration t qu'on nomme le Ramesseum, funéraire de Ramsès II. Là raver dans les détails les camtriomphé de ses ennemis de ibe est dans la vallée, et les qu'on voit sur les murs sont
uniquement des textes religieux, tirés d'un livre que les rois affectionnaient, le Livre de rhémisphère inférieur, qui nous décrit la course du soleil aux différentes heures de la nuit.
Dans ce q[u'on nomme les tombeaux des rois, il en est comme des pyramides, il n'y a jamais rien qui se rapporte à ce qui a été leur vie, aux événements dont elle a été marquée, tout au plus quelques noms de membres de leur famille.
J'ai cité le Livre de l'hémisphère inférieur. Le nom égyptien, c'est le « Livre de ce qu'il y a dans le Douât. » Le Douât, c'est l'autre inonde, c'est la région que le soleil parcourt, lorsqu'il disparaît à l'Ouest, et avant de renaître à l'Orient. Cette région est bornée par deux montagnes. Quant à l'endroit où les Egyptiens la plaçaient, M. Maspero croît qu'elle se trouvait dans le même plan que le monde visible, mais au-delà des pays connus des Egyptiens. C'était comme une large vallée entourée de montagnes, au milieu de laquelle coulait un grand fleuve. Commençant à l'ouest, cette vallée remontait vers le nord, et faisant un grand circuit aboutissait à l'est où était la montagne près de laquelle le soleil se levait. Je croîs cependant que la traduction « monde infé-
den exacte. A en juger par difféui s'appliquent au Douât ou même représentations, c'est bien au-desaonde qu'il se trouvait, et le soleil
couche descend plus bas que le [e.
titre religieux se figurait le Douât ^e un peu différente, et cherchait à
dieu local. Celui que :ious connieux, c'est celui de Thèbes, et le ïst décrit est une composition des ion, composition dans .laquelle ils B fait rentrer un certain nombre es d'ailleurs, mais où ils exaltent
divinité, Amon. Si le soleil n'est sous le nom d'Amon, il n'en est
représenté sous la forme d'un te de bélier, cet animal étant par emblème d'Amon. Pendant la nuit '^erse le Douât, nous assistons à ce
à chaque heure. A la douzième, il i l'endroit d'où il devait sortir pour nouveau le monde, ns conservé le livre sous deux rentes. A l'origine, il était à l'usage
rois, représenté avec les illustra-
lions sur les murailles des tombeaux; puis on en composa une forme plus abrégée qui est contenue dans divers papyrus. C'est dans les tombeaux que nous trouvons la forme la plus complète. On a toujours soin de nous dire que cette description de chaque heure reproduite sur les murs du tombeau ou dans le papyrus, est la copie exacte de ce qui se trouve dans la partie la plus cachée du Douât, on nous indique même quelquefois de quel côté de ce réduit mystérieux on peut voir Toriginal dont ce qu'on nous montre est la copie.
Dans la première heure, le soleil traverse une sorte de vestibule qui a une longueur de 120 stades, il se nomme ârrit^ : « cette ârrit, nous dit le texte, ce dieu grand la traverse en bélier », car il en a pris la forme, « Lorsqu'il a atteint cette ârrit, les morts qui le suivent ne montent point avec lui. Il adresse la pai-ole aux dieux qui sont dans cette ârrit. » Ainsi, lorsque le soleil atteint l'Ament, l'Occident, il prend la forme d'un bélier, qu'il conserve pendant toute sa course nocturne. Il y a donc ici encore une différence entre les morts. Le mort royal, assi-
1* Les traductions qui suivent sont tirées de l'élude de M. Mas pero : Les hypogées royaux de Thèbes»
rticipe à tous les privilèges du même voyage. Quant aux autres pas tous la même destinée. Il y it dans ce vestibule de la pred' autres sont échelonnés sur ue le soleil doit atteindre. Il est [ue ce qui les condamne à rester B sorte d'état d'infériorité, c'est pas en possession des formules eur permettraient ou de monter olaire, ou même d'être assimilés ne. Les dieux que Ra rencontre re heure, il les retrouvera plus sorte de garde ou d'escorte qui rivée; ce sont des cynocéphales, is crachant des flammes pour s douze déesses qui successivet place sur la barque divine. Le ainsi: « Ouvrez-moi vos portes, ;ès à vos pylônes, éclairez-moi, que vous soyez de mes membres, is donne de mon corps, pour que ivoir de mon âme, pour que je mon pouvoir magique...» Et les ►ndrc : « Voici qu'elles te sont ortes des régions mystérieuses...
voici qu'elles te sont ouvertes les portes de l'autre monde. »
Pendant les heures suivantes, le dieu traverse diifférents domaines. Dans chacun d'eux il a des ennemis à vaincre, qu'tl punit en les livrant aux dieux cruels qui leur infligent les supplices les plus ^terribles. En revanche, il récompense ses fidèles, il leur distribue des champs qui produiront les victuailles dont ils ont besoin. C'est ce qui arrive dans la seconde heure où l'on voit des dieux couronnés d'épis et tenant à la main des pousses de palmiers. Ils sont cependant aussi chargés de combattre les ennemis de Ra: « Vous dont la forme est vivante, leur dit le dieu, et qui prononcez vos formules, vous qui êtes armés de vos épées et qui taillez en pièces les ennemis d'Osiris, vous dont les saisons sont durables, dont les années sont établies solidement... Demeurez en vos champs avec votre orge pour pains et pour gâteaux... Mon âme vit comme si elle était l'un de vous; comme vous combattez pour moi et que vous me défendez contre Apopi, vous avez vie par mon âme, vous respirez par mon corps... faites que j'arrive vers l'horizon et que j'accomplisse mon passage vers l'Orient. Poussez des
humaines. L'un de ces seri>ents porte sur son dos quatorze têtes humaines, accompagnées de disques et d'étoiles. Tous ces êtres sont loin d'être inoffensifs. Voici par exemple ce r ii est dit de ceux de la troisième heure: « Ceux qui sont dans ce dessin et qui sont dans la demeure d'Osiris, ils adorent ce dieu grand, et quand ce dieu grand leur a adressé la parole ils vivent, car en leur parlant, il leur accorde leur cœur, et ils reçoivent leurs têtes en même temps que son discours. Leurs occupations dans l'Occident, c'est de tailler et de trancher les âmes, d'emprisonner les ombres, d'entraîner quiconque leur tojnbe sous la main à leur place d'anéantissement ; ils lancent des flammes, ils produisent des feux, et les ennemis sont décapités par leurs épées. Ils acclament et ils poussent des hurlements de douleur lorsque ce dieu grand les laisse derrière lui ».
C'est au milieu d'êtres de cette nature que navigue Ra. Ils sont soldats de Ra et d'Osiris, ils combattent les ennemis des dieux, en même temps ils veillent sur les eaux célestes; ce sont les âmes mystérieuses à qui Ra adresse ces paroles: «O vous dont j'ai rendu mystérieuses, dont j'ai caché les âmes, que j'ai mis à la suite
queue d'un énorme serpent
vie des dieux », et il est resle; c'est ainsi qu'il arrive à ù il naît de la déesse Nout. Il être entré daniS le serpent,
dévots; « ils entrent^ âBies aage mystérieuse du serpenti,
serviteurs rajeunis de Ra sont les morts qui en accomit toutes les pratiques ma-
de monter sur la barque de 1 terre chaque jour après que
Soleil, est né en l'est du un des rares passages qui itres que le roi, car x^elui-ci est au soleil. Encore ne voyonsmment ces défunts arrivent ouzième heure de la nuit, ni >eut prétendre au privilège de
serpent et d'en ressortir ra-
fui est dans le Douât est l'un împles de l'incohérence qui dées religieuses des anciens it bien difficile au milieu des s qui passent sous nos yeux,
de démêler une unité de conception, en dehors de ce qu'il s'agit de la course du soleil, ou plutôt du roi qui est devenu le grand dieu. Si l'on voulait <îhercher la clef du syjnbolisme bizarre qu'on rencontre dans ce livre, oh se heurterait sans cesse à des contradictions, à des idées qui sont en opposition directe les unes avec les autres. Je crois que pas plus que les anciens Egyptiens nous ne devons chercher à les concilier. Après les couloirs où était gravé le livre que nous venons d'analyser, se trouvait la chambre funéraire où il y avait presque toujours un mobilier, des présents et des offrandes, afin que le double pût, en sortant du sarcophage, «'accorder .quelques délassements. On y mettait aussi des figurines qui avaient un double but: elles aidaient le défunt dans les travaux qu'il avait à faire dans les champs Elysées, puis elles égayaient sa solitude. Les morts craignaient d'être seuls; cette idée n'est pas spéciale à l'Egypte, on la trouve aussi en Grèce; c'est là ce qui a poussé les survivants à mettre dans les tombes^ les figures de tout genre qu'on recueille aussi bien dans les nécropoles d'Egypte que dans celle des îles grecques ou de Tanagra. .
ion à tirer de cette rapide revue Lire égyptienne aux diverses épole pour les habitants des rives du e prolongeait par le double, par on, cette sorte d'ombre du corps «saire à la vie, et qui continuait à là, à condition cependant que le îservé de la destruction. Voilà 1 Egyptiens ont cru nécessaire les morts, et cela avec tant d'art et le les momies au travers de plus d'années sont arrivées jusqu'à
)URGES PRINCIPALES
Le livre de ce qu'il y a dans l'Hadès.
Les tombes de V Ancien Empire^ (extrait levue archéologique^ 1868).
Eiudes de mythologie et d'archéologie
mnes, vol. I et II. Paris.
riptions des Pyramides de Saqqarah^
. ) . MenschenVergotterung im Alten Aegyprquell, Bd VII, le même auteur dans n, Recherches sur les origines de fe, t. II, ch. V.