‹ La religion des anciens Égyptiens;Chapitre 6 sur 13 · Tu as mis chacun à sa place · texte numérisé non relu

Tu as mis chacun à sa place

e dieu unique, qui a réuni ses formes

disque vivant, soleil levant, resplen-

i va et vient, toutes ces formes sont

unique... »

certainement le caractère panthéiste marqué que dans d'autres morceaux, cet hymne s'adresse à un dieu qu on mais représenté que sous une seule )endant le fond de la doctrine est le

lENCES AU COLLEGE DE FRANCE

Les momies royales de Deir el-Baliari [Mé-

?s de la mission archéologique française,

La litanie du soleil, Injscriplions recueillies

les tombeaux des rois à Thèbes. Leipzig,

\. Religion of the ancicnt Hgyplians, Lon-

faKsw*^-"

QUATRIEME CONFEREi>

Le Livre des Morts. — Le jugemei Le pessimisme chez les anciens 1

Quand Champollion, après avo inonde savant la clef du déchiffren roglyphes, alla étudier les moi musée de Turin, son attention fut un grand papyrus d'une longueur 20 mètres, écrit en lignes vertici glyphes, surmontées par une ba gnettes. Il en iretrouva des fragme rente longueur, écrits en hiérogly hiératique, et voyant qu'il s'agissai et de ce qui les concernait dans l's il appela le livre « Rituel funéraire ; cet important document était l'ur qui attiraient à Turin le jeune Lep en 1836, il allait à Rome rejoindre sen qui le premier l'avait poussé aux études égyptologiques. Lepsii

que le titre donné par Champollion au Hait pas exact. Ce n'est pas un rituel, ntient pas de prescriptions minutieuses manière dont les cérémonies du culte être pratiquées, ou du moins s'il s'en jarfois, elles jie sont que l'accessoire ; 3, ce n'est pas jun prêtre qui prononce les, lesquelles sont mises toujours dans le des défunts. Aussi Lepsius donna-t-il composition le nom de Todtenbuch^ is Morts. Ce titre ne nous dit rien sur e du livre, il nous apprend seulement, st parfaitement exact, qu'il était destiné tints. Le grand papyrus de Turin fut ^ar Lepsius en 1812, et il a été longi base de tous les travaux relatifs à ce 'est au même savant qu'on doit la nuion des chapitres qui forment la division

tromperait fort en considérant le Livre •ts comme un ouvrage ayant un cornent et une fin, et dont les différentes suivent un ordre régulier. Ce n'est pas té, c'est un recueil de morceaux indés les uns des autres, comme le seraient imes. La présence de l'un des chapitres

bien tracée dont il ne puisse pas jnétamorphoses par lesquelles il ingers auxquels il échappe, les l'il revêt, tout cela ne représente successifs qu'il a à traverser connue loi immuable, c'est tout ce qui ^er, toutes les perspectives entre eut choisir, à condition cependant ules qu'il récite soient suffisam- 1, ou qu'il connaisse bien les noms 3ir. Mais rien ne l'oblige à passer •s états, nous ne so»mmes nulles que toute âme doive paraître pour être jugée par lui, la sancon fait défaut.

nt ce livre était nécessaire aux

copiait sur les miu-ailles de leurs

' les parois de leurs sarcophages,

qui servaient à les envelopper,

des papyrus qu'on plaçait entre

es enroulées autour du corps.

a pas d'ordre suivi dans le livre,

diffèrent beaucoup par le con-

a longueur. Pour tel défunt deux

itres suffisaient, évidemment ceux

siens aimaient le mieux; pour un

autre il faudra un texte beaucoup loppé. Celui-ci se contentera de vi cées à l'encre coinme le texte lui-mc voudra de belles illustrations en sont souvent faites aux dépens de l du texte. Ce devait être une questi de prix, qui déterininait la dimei beauté plus ou moins grande du pap

Le livre a un titre général sur quel nous ne sommes pas d'accord; on le traduit: « le livre de la sortie dans le jour, ou pendant le jour »; étude de ces textes m'a conduit à u tation un peu différente, je traduis la sortie du jour, c'est-à-dire de si vie d'un homme, c'est son jour qi et im matin. Sortir de son jour, < quitter la vie, dans le sens de pi tence. Nous savons qu'il y a plusie ments qui composent l'homme, le servent la vie, en particulier son de du jour, c'est être délivré de cette et déterminée qu'a toute vie terres avoir de commencement et de fin existence sans limites dans le ten l'espace; de là ce complément si

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sortir du jour « sous toutes les vreut le défunt ».

s-t divise en chapitres, eux aussi de 't différente; en général le chapitre

du titre, de la vignette, d'un texte loins développé, puis quelquefois [ue indiquant à quelle occasion ce lu, ou quelle influence cette lecture sort du défunt. Les titres sont -ci : le chapitre de sortir du jour et &s être mort, le chapitre de ne point avaux dans le inonde inférieur, d'entrer et sortir dans le monde eimpêcher le défunt d'être mangé lenls dans le monde inférieur, de crocodile qui veut enlever audéfunt

magique, de donner le souffle, de au, d'ouvrir la bouche, de donner n. cœur; puis c'est l'entrée dans la rites, où a lieu le jugement. Qu'on

que le texte décrit la manière dont loit arriver ce qui est mentionne î. Ce sont les paroles dites par le ette occasion et dont la vertu it produire le résultat désiré. Le dtat à atteindre, c'est que le défunt

soit ce que les Egyptiens appellent ma kkerou, qu'on a longtemps traduit par « justifié ».

M. Maspero interprète ces mots par « JBSte de voix », c'est-à-dire qui prononce d'une voix juste des incantations qui le rendent maître de ses ennemis. Je crois ce sens trop restreint, et qu'il y Si lieu de traduire ces mots d'une manière un peu différente. La voix, c'est ici la voix qui appelle ou la voix qui commande; ce qu'elle fait entendre, le défunt le fait exister, en fait une réalité, il le fait devenir vérité; en d'autres termes, lorsqu'il adresse la parole à ses ennemis, il a le pouvoir de faire exécuter instantanément ses ordres, auxquels ses ennemis ne peuvent se soustraire; je crois donc que l'expression vainqueur, triomphateur, dominateur, correspond mieux à l'idée égyptienne.

Avant d'aborder l'examen du contenu du livre, recherchons ce qu'il en, est de son origine. Plusieurs des chapitres sont attribués à un roi de l'Ancien Empire et même à Ousaphaïs, un prince thinite. Voici, par exemple, ce que nous lisons au ch. LXIV: « Ce chapitre fut découvert dans les fondations d'Am Hounnou (c'est un temple d'Osiris) par un maçon bâtissant un mur au temps du roi Ousapîiaïs le vic-

RENCES AU COLLEGE DE mANCE

st une œuvre secrète qu'il ne faut ni arder ». Une autre version du même attribue au roi Mycérinus de la e avec l'un des chapitres du cœur, en

Ce chapitre a été trouvé à Eschmoun s) sur une plaque de métal du midi, éritable lapis, sous les pieds de ce 11) au temps du roi Mycérinus le le fils royal, Hortetef, le trouva lorseait pour faire l'inspection des temautre papyrus, au lieu de nous dire te était incrusté en lapis, nous dit de l'écriture du dieu lui-même. Des récents que ceux que nous avons cités aussi ces chapitres à Ousaphaïs. Il c qu'à cet égard il y avait une traditablie, d'autant plus que ces indicasont données dans des papyrus qui 5 Thèbcs, et qu'Ousaphaïs est un roi ilycérinus un roi de Memphis. Il est probable qu'une partie au moins du

Morts remonte a une époque très IX premières dynasties memphites,

plus haut. Quelques fragments se ivés dans les textes des pyramides, a doctrine est la même, on peut assi-

UliLlGlON DES ANCIENS EGYPTIENS

gner aux deux livres une origine co; Il est €urieux cependant que les te:

pyramides soient restes exclusivement è des rois, du moins à l'époque où ces ont été élevés, et que, à cette époque a tombes des particuliers avec leurs belle sentations se rapportant toutes à la vie t ne contiennent pas un mot du Livre de comme ce sera le cas plus tard.

:Nous avons conserve quelques fragn Livre des Morts de FAncien Empi puis quelques années la découverte de te de la Xle et de la Xlle dynastie nous en un assez grand nombre; nous avons sur reproductions du ch. XVII, l'un des plu:

tants, qui nous transporte d'emblée e:

cosmogonie héliopolitaine. Le texte e; coup plus court qu'il ne sera plus tai déjà à cette époque l'intelligence c •commençait à se perdre ; nous en a preuve par des gloses et des commentair y introduit. La phrase est interrompue ] question « qu'est-ce que cela ?» à quoi mentateur répond par une explicatioi A l'époque de la XVIIIe dynastie, non surgir des textes en grand nombre, sui

papyrus et aussi sur les murs des tombeaux.

Ces papyrus sont dans un style d'écriture qui est intermédiaire entre l'hiéroglyphe pur et l'écriture cursive appelée faussement hiératique. Ils sont jde longueur fort inégaie, et ils ne contiennent en général qu'un choix des chapitres du livre tel que l'a publié Lepsius. Aussi, pour reconstituer l'ensemble de ce livre d'après la version de cette époque, il a fallu collationner plus de quatre-vingts papyrus, encore n'avonsnous pas retrouvé tous les chapitres de l'époque Saïte. En revanche il y en a d'autres qui se sont perdus plus tard. Dans ces papyrus il n'y a aucun ordre; tout ce que nous pouvons dire, c'est que presque tous finissent par le même chapitre; mais ils commencent différemment, et Ja scène du jugement, l'une des plus importantes, se trouve quelquefois même à deux places, dont l'une tout au début du texte. Souvent aussi c'est un hymne à Osiris qui est l'introduction. A l'époque Saïte, c'est-à-dire vers le septième siècle avant notre ère, on fit une revision et une codification complètes du Livre des Morts; on adopta un ordre définitif auquel les copistes ne se sont pas tenus strictement, mais qu'ils ont généralement observé. On ajoute au texte divers

RELIGION DES ANCIENS EGYPTl

chapitres, en particulier ceux qui se niers dans le papyrus de Turin, et qui des mots bizarres et étranges. On ( qu'on fixa un texte dont on s'écarta le moins possible. Mais ce travail f des hommes qui avaient certainen l'intelligence de ce qu'ils écrlvaiei introduit hin grand nombre de gloî font en général que le rendre pi Quoique nous ne puissions pas co fidélité des copies à celle des man braïques, il est certain que le noml riantes est beaucoup moins consid< dans les textes thébains.

Quiiconque s'est occupé du Livre a été frappé au premier coup d'œil •culte qu'il y a à traduire ce livre, di est la même que dans les textes des Il y a à cela diverses causes. C'est d correction du texte. Les copistes qui t pour les défunts étaient des indu îmontr aient d'autant plus de négligent vent ils ne comprenaient pas ce qu'ils D'ailleurs si le manuscrit n'était pas n'y avait pas à s'en «préoccuper. Pen

ierait caché dans un tombeau, peut-être eloppé dans les bandelettes enroulées

défunt, et persomne ne s'aviserait de lis on peut se demander si ces textes lont la composition remontait à mille tre avant l'époque où il fallait les rel'étaient pas pour des hommes illettrés es aussi insolubles qu'elles le sont à ucoup de ces paroles mises dans la 1 défunt sont des paroles magiques, t sera d'autant plus certain qu'on les ra moins. En outre, il y a un nombre )le d'allusions à des faits mythologi-

nous ne comiaissons qu'imparfaiteit cela ne facilite pas, loin de là, la traducteur.

pas que la grammaire nous arrête ; elle éral fort simple, le sens des mois est

cependant il arrive souvent qu'une it la traduction est aisée nous présente ►izarre qui a l'air d'une puérilité, pour re d'une sottise. Nous pouvons être u'il n'en était pas ainsi pour les anciens

Sous ce langage étrange, et qui à vue nous ferait sourire, se cachent ies vérités élémentaires, et des idées

de la plus grande simplicité. Nous ne les avons pas découvertes, parce que nous ne savons pas encore assez bien comment les Egyptiens rendaient les idées abstraites. Evidemment par des métaphores, et jusqu'à ce que nous en ayons trouvé la clef, nous sommes obligés de nous en tenir au sens littéral, qui peut nous induire en erreur, ou nous laisser ignorer le sens vrai, le sens figuré d'une expression prise dans ce qui frappe les sens, ou dans le monde matériel.

Aussi la traduction du Livre des Morts comme celle du Livre des pyramides n'est encore que provisoire à bien des égards, car pourtant nous en avons acquis l'intelligence générale.

Plusieurs papyrus an:cieiis commencent par un hymne à Osiris, dont le texte varie souvent; en voici un des plus complets. Osiris à figure noire est assis dans un sanctuaire, le défunt et sa femme s'approchent de lui et lui parlent ainsi: « Salut, dieu vénérable, grand et bienfaisant prince de l'éternité, celui dont la demeure est dans la barque Sektit. On l'acclame dans le ciel et sur la terre, il est exalté par les hommes du passé et du présent. Grande est la crainte qu'il inspire dans le cœur des hommes, des lumineux et des morts. Son âme lui a été donnée

à Difloii. sa force à Hanes, son image à On,

r sur les formes, dans le double

Je suis venu vers toi, mon cœur

vérité,- mon cœur ne contient rien

îcorde-moi d'être parmi les vivants,

et descendre le fleuve dans ta

'le voit, ici Osiris est un dieu qui a

titué, les différents éléments qui

personnalité viennent de localités di-

attribut principal dans ce texte, c'est

e la crainte, de l'effroi; c'est en cette

[ était adoré, surtout à Héracléopolis,

e la Moyenne-Egypte, à laquelle on

cher plusieurs traits du mythe

re qui porte le no I dans le texte de pe aussi souvent la même place dans )ain ; il est vrai que le titre mentionne it le jour de l'enterrement; la vile surmonte représente la proceslire qui va déposer la momie à dans le désert. Le défunt s'adresse ces mots: « O taureau de l'Ament, , le roi éternel, cfui est là. Je suis le dans la barque divine, j'ai combattu 3 suis l'un des dieux, les puissances,

qui rendent Osiris victorieux sur se le jour où l'on pèse les paroles (ce jour du jugement). Je suis de ta fam Je suis l'un de ces dieux, enfants de tuent les adversaires d'Osiris et qui ses ennemis^ pour sa défense. Je sui mille, Horus; j'ai combattu pour toi, avancé en ton nom.

» Je suis Thoth, qui rend Osiris sur ses adversaires, le jour où l'on paroles dans la maison du prince Héliopolis.

» Je suis Didou, le fils de Didoi Didou et né à Didou; Didou est mon i

» Je suis avec les pleureuses q deuil sur Osiris à Rekhit, et qui ren victorieux sur ses ennemis,

» C'est Ra qui a commandé à Thotl Osiris victorieux sur ses ennemis; Thoth l'a exécuté en ma faveur. »

Jusqu'à présent le défunt s'est doi étant lui-même ou Thoth ou l'un des Nout, ou même Didou c'est-à-dire O tenant il va nous dire qu'il est prêt s'acquitte des divers offices que culte.

ivec Horus, le jour où l'on célèbre siris, et quand on fait de grandes Ra à la fête du 6e jour du mois, et

7e jour à Héliopolis, e prêtre de Didou, et j'exalte celui a. hauteur.

e prophète à Abydos le jour où la levée.

celui qui voit les mystères de

:;elui qui lit les liturgies de l'esprit

idou.

e prêtre Sem dans tout ce qui tient

;. :» — Puis vient une invocation:

qui amenez les âmes bienfaisantes

ison d'Osiris, amenez avec vous

funt dans la maison d'Osiris, qu'il

vous voyez, qu'il entende comme ez, qu'il se tienne debout comme enez debout, qu'il s'asseye comme is dans la maison d'Osiris...

jtii ouvrez les voies et qui préparez aux âmes bienfaisantes dans la mais, ouvrez les voies et préparez à l'âme du défunt qui est avec vous,

hardiment, et qu'il sorte en paix,

sans qu'on s'oppose à lui et repousse. Qu'il entre quand il li sorte comme il veut, car il est vous; et qu'on fasse ce qu'il ( la maison d'Osiris. On n'a pas de transgression; la balance est qui le concerne. »

Les papyrus récents ajoutent rubrique suivante : « Celui qui s la terre, ou à qui on l'a écrit s il sort du jour quand il veut, e1 dans sa demeure sans qu'on le :

donne du pain, de la bière, beau sur l'autel de Ra, il est doté de jardin d'Aalou, on lui donne d reverdit, pareil à ce qti'il était

On voit quelle est l'efficacité suffit de l'avoir connu sur la tei fait peindre sur son sarcophage funt entre en possession des pri vie heureuse qui l'attendent d d'Aalou. C'est là la vertu magie qui y sont contenues, et dont les tiens attribuaient Ja oo!mpositi(

Ce chapitre donne une idée as qu'est le livre dans son ensemble

eterminc qui est le caractère le défunt est Thoth, Hermès, Livoir de rendre Osiris victomls. Là il est Osiris lui-même ç' est-à-dire celui auquel on rOrient. Un peu plus loin il rêtre, ou même un suppliant, âmes qui sont dans la maison emande avec instances'de lui . Il vient de subir un jugebalance ne contient plus rien A passe sans "transition d'une î, de la puissance de Thoth à ux défunt qui demande qu'on sans que rien nous indique on de ces métamorphoses si plètes. Tout cela nous paraît mais peu importait àl'Egyps pussent s'entrechoquer, ce tait la règle et le système, ris est déjà formé, et il y est sioîis. Osiris est un mort sur euil, mais que son fils Horus 1 fait des offrandes. On parle celui dont le cœur est sans urs il est conçu et il naît à

RELIGIOTî DES ANCIENS ÉGYPTIENS 153

Didou. Il est question aussi du jour où Ton pèse les paroles, c'est-à-dire où se fait le jugement; ce sera le jour où Osiris triomphera de ses ennemis, probablement parce qu'ils seront condamnés, ce qui sera leur arrêt de mort, im arrêt qu'on ne voit jamais prononcé contre le défunt Ainsi Osiris existe, il semble qu'il soit, comme nous l'avons reconnu à propos de l'Ennéade, Thomnie primordial. Il meurt. Est-ce l'homme qu'on, assimile 'au soleil qui se coiiche et disparaît, ou, au contraire, est-ce le soleil qui comme l'être humain périt après avoir été vu des habitants de la terre? On peut se le demander. Je doute fort que les anciens Egyptiens eussent pu nous donner une réponse précise.

Dans le voisinage du chapitre I, on trouve parfois la scène de la pesée de l'âme; d'antres fois des hymnes au soleil levant et au soleil couchant, qui ont quelques rapports avec celui d'Aménophis IV. Puis c'est quelquefois un groupe bien caractérisé, celui des transformations. Ce ,group€ porte un titre général : le commencement des transformations d' Osiris, « afin que vive son âme et se renouv<îllc son •corps pour toujours éternellement. » Ces transformations sont au nombre de onze. On ne les

trouve pas fréquemment complètes, la première est assez rare: « .prendre la forme du dieu qui donne de la limiière dans les ténèbres .», par quoi il faut évidemment entendre la lune; puis viennent le Bennou que M. Loret appelle le héron cendré, le héron bleu, l'âme, qui peut être ou un bélier ou un oiseau à tête humaine, Phtah, qui n'est pas le dieu de Memphis^ mjais une divinité cosmique issue de Keb^ le faucon d'or et le faufcon puissant, l'hirondelle, le serpent, le «crocodile et le lotus. Ces chapitres qui varient beauicoup de longueur^ sont certainement les restes d'une métempsyicose, qui n'a nullement la rigueur de «celles qu'on trouve dans d'autres religions. En prenant .ces formes, le mort espérait hériter des attributs ou des privilèges qui étaient la propriété de ^chacune d'elles. Voici par exemple ce qui est dit du serpent : « Je suis le serpent (litt. le fîls de la ferre) aux longues années, je me icouche et je suis enfanté tous les jours. Je suis le serpent aux extrémités de la terre, je me couclie, puis je suis enfante, je suis rétabli, je suis rajeuni tous les jours. »

La deseription du jardin des Aalou nous initie à }a géographie de ces Champs-Elysées où les

défuats se livraient surtout aux travaux agricoles, aidés par les répondantes^ ces petites statuettes qu'on trouve quelquefois par centaines dans les tombes et kjui portent des instruments de labour. Le défunt leur demande d'être toujours prêtes dès qu'il aura besoin d'elles, et ces figures de répondre: « me voici, partout où tu m'appelleras. »

Le chapitre XVII, Fun des plus importants et des plus .anciens, débute par la cosmogonie héliopolitaine, la naissance de Toum sortant de l'eau, et le soulèvement du firmament. C'est certainement un morceau de la théologie d'Héliopolis, ainsi que la plus grande partie du Livre des Morts. Ailleurs on peut se demander si l'origine n'est pas différente, et si ce n'est pas d'Abydos que vient tout ce qui touche au mythe d'Osiris; mais cependant c'est bien à Héliopolis qu'est censé se ^passer ce que je considère comme le morceau central du Livre des Morts, le jugement. C'en est aussi le plus intéressant, parce que c'est presque le seul où paraisse un élément moral. Jusqu'ici, ce que nous avons vu surtout, ce sont des dieux plus ou moins cosmiques, des divinités dont le caractère naturel était fortement inarqué, dont la relation avec l'homme était cellp

qu'il a avec les phénomènes de la nature, et où par conséquent la notion du bien et du mal, et tout ce qui touche à la conscience faisait défaut. Comment se fait-il qu'à côté de ces tendances panthéistes si fortement accentuées, nous ayons aussi un code de morale, laquelle par son élévation peut se mettre à côté d'autres qui excitent notre admiration? Il y a là une contradiction qui se trouve ailleurs qu'en Egypte, et qui tient à la nature de l'hOimme; la conscience reparaît toujours, et elle deviendra toujours la règle du bien et du mal. Puisque Osiris était l'homme primordial, il ne pouvait pas être étranger à ces sentiments qui dirigent l'homme dans sa conduite; c'est même lui qui devait en devenir le

juge. . ; ) ;;

La scène du jugement compose le chapitre CXXV du Livre. C'est l'un des plus étendus, et l'un de ceux qu'on retrouve le plus frécpiemment. En effet, c'est celui qui avait le .plus de valeur pour le défunt, et qui à lui seul résume le livre. Il se trouve fréquemment à la suite du chapitre I, ou plus souvent encore vers la fin. Il est formé de trois parties, d'abord d'une introduction qui porte différents titres, dont voici l'un: « paroles prononcées lorsqu'on approche

de la salle des deux vérités ou des deux justices, afin que le défunt soit délivré de ses péchés, et qu'il puisse voir les faces des dieux. » Il est curieux que la vérité, ou, comme traduit Renouf, la justice, soît représentée par deux déesses absolument semblables, et l'un des textes nous apprend qu'il y en a une à l'est et l'autre à l'ouest. Elles gardent donc les deux bouts de la salle où siège Osiris. Il y a là un singulier mélange d'idées cosmiques relatives à la course du soleil, et de cette scène qui est toute humaine et qui porte sur tout im ordre d'idées, qui n'a rien à faire avec la nature. Le défunt approche avec sa femme; ils ont tous deux les brajs levés en signe d'adoration; avant d'entrer, il s'adresse déjà à Osiris qui est dans la salle et il lui parle ainsi : « Salut à toi, dieu puissant, seigneur de la justice. Je suis venu vers toi, mon seigneur, pour contempler tes beautés, je te connais, je connais le ilom des quarante-deux dieux qui sont avec toi, qui dévorent ceux qui méditent le mal, qui boivient leur sang le jom* où l'on rend compte de ses aictions devant Onnofris. Vraiment ton nom est: celui dont les deux yeux sont ceux de la justice. JMe voici, je suis venu vers toi, je t'apporte la

et j'écarterai toute fausseté. » Et il comune confession qu'il répétera plus tard il sera entré dans la salle: «Je n'ai fait à aucun homme. Je ne suis pas de ceux nt ceux de leur famille; je n'ai pas dit un ige à la place de la vérité... je n'ai pas qu'abhorrent les dieux. Je n'ai pas fait de m serviteur auprès de son maître. Je n'ai isé de famine. Je n'ai pas fait pleurer. Je s tué, je n'ai pas ordonné de meurtre. Je 1. causé de souffrances aux hommes. Je n'ai iuit les offrandes dans les temples; je s diminué le pain offert aux dieux; je s volé aux morts leurs offrandes* funé- Je ne suis pas un adultère. Je n'ai pas é la mesure du grain, je n'ai pas raccourci ;ueur du palme...; je n'ai pas pesé sur de la balafnce, et je n'en ai pas faussé e. Je n'ai pas ôté le lait de la bouche 'ants; et je n'ai pas chassé le bétail de urages. » Voici des péchés qui ont un re strictement égyptien: « Je n'ai pas 'eau à son moment, je n'ai pas détourné seau dans "son cours. » Il est certain que tant en Egypte ce qui donne la vie^ est d'une vénération et d'un respect qu'elle

terreur; quelquefois aussi il y a l'ennemi par excellence, celui « qui dévore les morts, » un monstre fait du corps de trois animaux, le crocodile, le lion et l'hippopotame. Mais ce qui achève de glacer d'effroi le défunt, c'est qu'il ne ïsent plus "en lui son cœur, il le voit dans un des plateaux de la balance, et dans l'autre la déesse de la justice. Son premier cri s'adresse à lui: « Cœur de ma mère, .cœur de ma naissance, cœur que j'avais sur la terre, ne t'élève^ pas en témoignage contre moi, ne sois pas mon adversaire devant les puissances divines, ne pèse pas contre moi, devant le gardien de la balance; ne dis pas voilà ce qu'il a fait, en vérité il l'a fait, ne fais pas surgir des griefs contre moi devant le grand dieu de l'Ament. » Puis il l'invite à revenir, à se joindre de nouveau à lui. Le cœur écoutera ce qu'il lui demande, et il ne sera trouvé ni trop lourd, ni trop léger. Mais il faut que le défunt présente sa défense. Pour cela il interpelle nominalement chacune des quarante-deux divinités qui assistent au jugement, celles qui sont prêtes à le dévorer s'il est coupable, et il prend chacune à témoin qu'il n'a pas commis l'un des quarante-deux péchés qui entraîneraient sa condamnation :

« O toi qui marches à grands pas et à Hélioipolis, je n'ai pas fait de mal. gardes le feu et qui parais à K-herat pas volé. O toi le dieu au loing bec à Eschmoun (Thoth) je n'ai pas été tionné, » et ainsi de suite. Il repreri peu plus de détails la confession qu'il à la porte. Quand on analyse cette on est frappé de son élévation, du ment du sens moral qu'elle révèle, comparons au Décalogue, par exem des commandements qui règlent le des hommes entre eux, nous trouvor deux lois la défense du meurtre, de et du vol; le faux témoignage se retr dans la loi égyptienne, c'esit la caloi cette défense de faire du tort au auprès de son maître; si la .convoi trouve pas, en revanche la loi égyp centue très fortement la défense du et de la fausseté, une défense que les d'aujourd'hui paraissent souvent ( blasphème est interdit, ainsi que paroles pronon,cées contre le roi.

Certaines obligations sont in

ONFÉRENCES AU CGLLEGE DE FRANCE

i celles-ci: « Je n'ai pas été sourd aux de justice. » Je disais que la convoitise

trouve pas, du moins aussi «clairement que dans la loi hébraïque, peut-être

cela qui est lexprimé par cette phrase

inouf traduit ainsi: « Je n'ai pas eu de désir, si ce n'est à l'égard de ce que je

ant la confession Thoth pèse le cœur, et 1 rend compte au juge de ce que la bai montré. Je traduis d'après un papyrus lour une princesse: « La princesse est îuse, elle a été pesée sur la balance le gardien Anubis, sur l'ordre du dieu lopolis lui-même, en présence des puisde la salle de la justice. Il n'a pas été de coulpe en elle; son cœur est selon té, ses membres sont purs, tout son est exempt de mal, l'aiguille de la banarque juste, il n'y a pas de doute, tous mbres sont parfaits. » Et voiiçi l'arrêt 5, le dieu éternel: «Qu'elle sorte victopour aller dans tous les lieux où il lui auprès des esprits et des dieux; elle ne lint repoussée par les gardiens des portes scident, donnez-lui des victuailles, des

offrandes, des boissons... et des habits de fin lin. » — Après cela on lui rendra son cœur.

Voilà donc l'idée égyptienne . de la conscience. Ainsi l'accusateur le plus terrible de rhonune, celui qui peut le mieux attirer sur sa tête la peine qu'il a méritée, celui dont personne ne saurait contester les affirmations, c'est lui-même, c'est son propre cœur, qui sait trop bien que cent fois il a contrevenu à cette loi morale qu'il connaît parfaitement.

Quand il sort victorieux de la 3alle de justice, le défunt va où il veut, quelquefois il entre dans une salle appelée „ la grande ", il proclame qu'il est celui auquel ceux qui le voient disent : « viens en paix » ; chaque partie de la salle lui demande s'il sait son nom; c'est la porte, c'est le plancher, partout on le laisse passer. Plus tard il ira voir les quatorze demeures, ou comme traduit M. Maspero, les quatorze îles de l'Occident ; dans l'une sont les deux sycomores verts entre lesquels mar,che le soleil, lorsqu'il monte au firmament; dans une autre on voit le Nil sortir des cavernes d'Eléphantine et couler jusqu'à Héliopolis, où l'on supposait qu'il avait une nouvelle source, car dans la mythologie égyptienne il y a deux Nils. C'est là en général que

se termine le Livre des Morts à l'époque thebaine, par ces mots « c'est fini ». Nous laissons le mort dans cette existence mal définie, où il est tantôt le double de sa personne sur la terre, tantôt un dieu, Osiris ou Ra lui-même, tantôt un oiseau ou un lotus, où il peut prendre toutes les formes qu'il veut, où il peut combattre des génies malfaisants ou se livrer à des travaux agricoles dans les jardins d'Aalou, où il a devant lui des perspectives sans nombre, sans ligne à suivre, sans obligation à laquelle se plier. Tout cela c'est, nous le répétons, l'ensemble, la collection des idées que les Egyptiens se faisaient sur l'autre vie, 3ans qu'on puisse y retrouver un système, une doctrine bien établie. .

Nous avons vu sous l'Ancien Empire le mort aller joyeusement au-devant d'une vie calquée sur celle de ce monde, au pein de la richesse et de la prospérité; plus tard on nous a décrit ce qu'est cette vie, où l'être humain devient un dieu, et où il peut s'appeler lui-même Ra ou Osiris, et jouir des privilèges que les dieux ont en partage. Nous avons entendu Osiris non seulement absoudre le défunt, mais ordonner qu'on le traite comme une divinité. Tout cela est un

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avenir qui n'était pas pour effrayei Il y avait même des fatigués de la ces perspectives brillantes exerçaier attrait, et qui demandaient la mor cris; mais, qu'on jne passe Texpr mort correcte, après laquelle on a religieusement tous les rites, qui s de funérailles conformes à toutes 1( tions, et on Ton. remplirait toutes leî nécessaires à l'entrée dans Jes jou rOccident. Pour cela, il fallait au différents éléments qui composent nalité humaine fussent d'accord, il l'union entre eux fût maintenue. Il river que l'un deux, l'âme, ne icont mourir.

Un papyrus de Berlin nous a c document très curieux, auquel malhe le commencement fait défaut presqu Nous y voyons un infortuné qui son âme et qui la supplie de le lais mais rame est d'abord restée se prières. Quelques mots que ce r lassé de l'existenice, laisse tombe plaintes, nous donnent une idée de sa •condition. Il se dit un homme d

lONFERENCES AU COLLEGE DE FRANCE

le ces arrogants auquel tout réussit; il tomba dans le malheur qui semble (Sté une grave maladie, il fut abandonné res et amis, personne ne lui demeura ce qu'il avait fait hier, on se hâta de cr, et s-on nom devint odieux à tous, ortuné ouvre la bouche et répond aux 5 que son âme a prononcées; la convera lieu devant des témoins dont nous ne ssons ni la iiature, ni le nombre. Il he à son âme de Tabandonner au, jour [heur et de lui donner un conseil perfide, le se jeter dans le feu, au lieu de lui les derniers devoirs. Elle devrait lir de retenir dans la vie un désespéré, u contraire, le conduire à la mort, et lui l'Occident agréable, cet Occident où il îous la garde des dieux, e répond d'abord par quelques paroles s^emble qu'elle refuse absolument de le Ire; mais le malheureux reprend aussitôt le s'en ira point seul ini toimbeau. 11 a son âme avec lui, car son sort, à elle c'est de mourir, et son nom seul doit er; c'est l'Qccident qui doit devenir ^ ^c. Elle n'a^ d'ailleurs rien à craindre,

rs j'ouvris ma bouche et je répondis ainsi qu'avait dit mon âme. » Le malheureux <va ettre à parler dans un langage gue nous is appeler la poésie, à en juger par les ins qui se répètent constamment:

oyez mon nom est odieux, voyez plus que ir des oiseaux au jour d'été » quand le ciel rûlant.

yez mon nom est odieux plus gue l'odeur Sicheur qui sort du jnarais après la pêche.

yez mon nom est odieux plus que l'odeur rocodile.

yez mon nom est odieux plus que la femme ari de laquelle on a parlé faussement à son

jui parlerai-je aujourd'hui? les frères sont )mpus, et les amis d'aujourd'hui ne sont fidèles.

jui parlerai-je aujourd'hui? les cœurs sonl eilieux et chacun s'empare du bien de son hain.

qui parlerai-je aujourd'hui? l'homme doux la ruine et le violent a accès auprès de

jui pa,rlerai-je aujourd'hui? le misérable est

inn '^^^'^ÉRENCES AU COLLÈGE DE FRANCE

ffrira des victimes de choix dans les

[ est là-bas .est comme un savant que n'cmpciche de s'adresser à Ra dans

)n âme me dit: laisse-là tes plaintes...

i refusé jusqu'ici, cependant tu parl'Qccident. Tes membres iront dans y resterai après que tu auras trouvé ». Faisons-nous ensemble une de-

ime qui paraissait si inexorable au t laissé fléchir, et le désespéré atteint mt désiré, mmes déjà bien loin des descriptions

des jouissances de l'autre monde, vous là, dans les premières paroles

l'écho d'une tendance qu'on peut ïsque au travers de toute l'histoire

arque, dès les époques les plus an- Lue école toute différente que nous is pessimiste ou même matérialiste, ►our maxime: il n'y ,a que la vie de î, jouissons de l'heure présente, car lort il ne reste que misère à attendre.

Lite et qn'oa célèbre de toutes parts. Regar-

le lieu où ils étaient, les murs en sont lés, leur place n'est plus, ils sont comme

n'avaient jamais existé, personne ne vient r célébrer ce qu'ils ont été, pour célébrer opulence, pour disposer notre cœur à s laisser conduire .au lieu pu ils sont allés, i^aise ton cœur en le faisant oublier, et sois reux en suivant ton cœur tant que tu existes. 5 dès parfums sur ta tête; pare-toi de fin

sers-toi de ce qu'il y a de plus précieux s ice qu'on pffre aux dieux. Fais encore datage pour te réjouir. Ne te lasse pas de re ton cœur, et tant que tu es sur la terre flige pas ton cœur; jusqu'à ce que viemie r toi ce jour où l'on se lamente, et où celui t le cœur ne bat plu5 n'entend pas les lallations. Les pleurs ne peuvent point raer le cœur de celui qui est dans le tombeau, ussi fais un jour de fête, et ne te lasse it. Voiici il n'est point accordé d'emporter biens ave^c soi, il n'y a personne qui soit

et qui soit revenu. »

oi<ci un autre exemple, d'époque beaucoup » réjcente, car il date des rois grecs, mais il encore plus poignant, je dirai même plus

tragique. Il s'agit d'une femme qui reuse et qui tient à nous le dire. E .conte sur la grande pierre funér nous a laissée, qu'à l'âge de quatoi père la donna pour épouse au ^ de Phtah. Trois jTois elle fut mère n'avait pas de fils, point d'héritier icharges qu'occupait son mari. Alo époux adressèrent leur prière au di( le fils de Phtah, qui entend les pri donne des fils àtceux qui n'en ont j apparut en songe au prêtre et lui p faire K^ertains travaux dans son sa récompense de quoi jil lui (donnerai son réveil, immédiatement le ^ convoqua ses subordonnés et les f plus habiles; on exécuta le travail, mois d'Epiphi, la prêtresse mettait un fils qu'on appelait Imhotep. « après fut le jour ou j'abordai à la 1 mari le grand-prêtre me mit dans h il m'accorda tous les rites, il me f railles magnifiques, et me" déposs tombeau, derrière Alexandrie ». Aj nous a raiconté sa vie et ^ses funérî tueuses, écoutez maintenant les dem

adresse à la postérité: « O père,

prêtre, ne icesse pas de boire,

vider la .coupe du plaisir et de

jcélébrer des fêtes joyeuses, suis

ir et nuit, et ne laisse pas le

er dans ton cœur pendant toutes

le tu passes sur la terre. Car

une terre de sommeil et d'obscu-

îure pesante pour iceux gui l'oc-

'ment, ce sont des formes inertes ;

lient jamais pour regarder leurs

.connaissent ni père, ni mère,

désire ni Jeur époux ni leurs

vive que la terre a pour qui-

te, elle est pour moi de l'eau

Je ne sais plus où j'en suis

suis arrivé dans cette vallée. Oh!

eau courante à boire, lOh! si mon

)urrié vers le yerit du Nord au

, peuit-être rafraî;chirait-il mon

er ait-il mon tourment? » et ainsi

^aiit en Egypte des désolés qui ne ans terreur venir le jour où il f auî monde. J'aime ^<îroire que c'était re, et que ïa foule répétait plus

volontiers ces paroles pleines d'esp adressées à Ra, le grand dieu : << Je v toi, je suis aveic toi pour voir ton disque ( jour. Je ne suis pas enfermé, je ne su repoussé. Mes membres se renouvellent à de tes beautés, comme tous tes fidèles, suis un de cetix qui sont tes favoris terre. J'arrive à la terre des siècles, je i la terre de l'éternité; toi, voilà ce que voulu pour moi, ô Ra, que je 3ois ainsi ( un dieu! »

SOURCES PRINCIPALES

Erman (A). Gespràch eincs Lebensmilden mit

Seelc. Académie des sciences de Rerlir Le Pagk Renouf (P). The Egyptian Book ofth

Translation and conimentary , contin

E.Naville.

Maspero (G). Études égyptiennes, vol. I, p. 178 Naville (E). Das Aegyptische Todtenbuch der X

XX Dynastie, Einleitung. Berlin, 1886.

CINQUIEME COiXFEREN

L'Anthropomorphisme. — Les m Les statues vocales. — La religion (

Ne demandons pas à l'Egypte charmants comme ceux que noi poésie grecque. Il y a des mytheî connaissons plusieurs qui nous o serves en détail. Jl y -en a un gra dont l'existenjce ne nous est révél des allusions répandues soit dans des pyramides, soit dans le Livre mais nous n'en avons qu'un trait, qu et cela ne suffit pas pour recou!

semble. Du reste, il serait surprenai eût pas existé, car cela répondait traits de l'esprit égyptien. Le »co des Thoutmès ou des Ramsès îi'él homme triste, toujours préo<;cupé et de ses funérailles, comme on est tenté de le croire. Il ne craignait p;

il aimait la musique et la danse, et, en littératufe, il apprqciait le •conte, quelquefois avec un fond historique, et en général avec un élément de mcirveilleux. Aussi, l'on fC:omp,rend que son imagination se soit portée à «créer une vie des dieux, à inventer les épisodes qui avaient pu la signaler, ou les aventures qui avaient pu leur arriver. Ainsi que je le disais au début, ces légendes n'ont aucun des attraits de celles d'Homère ou d'Hésiode; mais elles sont intéressantes parce qu'elles accentuent le ca,ractèr€ anthropomorphique des dieux, bien mieux que les hymnes ou les formules magiques. Ces légendes nous parlent 3oit des rapports des dieux avec les hommes, soit de ce que les dieux se disent entre eux, ou de ce qu'ils font les uns vis à vis des autres. Commençons par la première catégorie qui nous apprendra les sentiments qu'à l'oiccasion les dieux éprouvèrent vis-à-vis des hommes.

L'un des mythes ^es plus étendus et les plus icompilets, c'est celui de la destruction des hommes par les dieux. Il se trouve dans deux tombeaux de roisdelaXIX® eldelaXXMynastie.

Il nous transporte à Héliopolis, la jcapitale reli-

gieuse de TEgypte. Là, le premier roiRa règne depuis de longues années, cependant il n'a pas blanchi, car ses cheveux sont du vrai lapis. Or le bleu étant en Egypte la couleur conventionnelle pour le noir, cela veut dire que sa chevelure était encore couleur d'ébène ; ses os étaient d'argent et ses chairs d'or. Il apprit tout d'un coup que les hommes avaient prononcé contre lui des paroles blasphématoires. Alors s'adressant à son entourage, il leur dit: « Appelez en ma présence Schou, Tafnit, Keb, Nout et les pères et les mères qui étaient avec moi quand j'étais encore dans Non, et j'enjoins à Nou qu'il amène ses compagnons avec lui: amenezles doucement afin que les hommes ne le voient pas, et que leur cœur ne s'effraie pas. Vous irez avec eux dans le grand temple, quand ils auront donné leur consentement...» Lorsque les dieux furent arrivés dans ce lieu, ils se prosternèrent en présence de Sa Majesté, et ils dirent en sa présence: Dis-nous tes paroles afin que nous les entendions.

Ainsi les dieux vivent et circulent sur cette terre comme des humains, ceux-ci, à l'occasion, peuvent les voir, et éprouver de la crainte.

L'assemblée des dieux ou plutôt le conseil de

famille, a lieu dans le grand temple d' Héliopolis. Quel va être le résultat de la délibération?

« Dit par Ra à Nou : Toi, l'aîné des dieux, duquel je suis né, et vous, dieux anciens: voici les hommes qui sont nés de mon œil, prononcent des paroles contre moi. Dites-moi ce que vous ferez à ce sujet. Voici j'ai attendu, et je ne les ai pas tués, avant d'avoir entendu ce que vous avez à dire.

» Dit par la Majesté de Nou: Mon fils Ra, plus grand que celui qui Ta fait, et que ceux qui l'ont créé, ton trône est bien établi, et grande est la crainte que tu inspires, que ton œil seul se dirige sur ceux qui conspirent contre toi.

» Dit par la Majesté de Ra: Voici ils s'enfuient sur les montagnes, et leurs cœurs sont effrayés à cause de ce qu'ils ont dit. Ils dirent unanimement devant la Majesté de Ra ; laisse seulement aller ton œil, c'est lui qtii vaincra ceux qui complotent des choses mauvaises...

qu'il descende sous la fonne d'Hathor. » Ainsi l'œil du dieu devint la déesse Hathor. Quand la déesse revint et qu'elle eut tué les hommes sur les montagnes, « dit par la Majesté de ce dieu : Viens en paix Hathor... » La déesse répondit « Tu es vivant quand j'ai triomphé sur les hommes,

mon cœur en a été heureux. » Mais ( son œuvre de destruction, car il pendant plusieurs nuits, elle fouh le sang des hommes en partant d'Hi Ce masisacre ne laisse pas que d'effi commence à craindre qu'il ne soit ti Il s'agit de sauver ce qui reste des arrêtant la déesse, et voici le moyei recours.

« Dit par Ra: J'appelle vers m reurs légers et rapides; qu'ils soi( comme le vent. Ces coureurs arr le champ. Sa Majesté leur dit: Qi à Eléphantine et qu'ils m'apportei dragores en grand nombre. Qii apportées ces mandragores, e remises au meunier d' Hélio-polis, pc en même temps que les prêtresse de l'orge pour faire de la boisson fruits dans des vases avec le sang ( et l'on fit de cette boisson sept m

» Alors vint la majesté de Ra av pour voir cette boisson, après qu'il déesse de tuer les hommes. Dit pa de Ra : C'est bien, je vais f hommes avec cela. Elevez vos mair

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mon cœur en a été heureux. * Mais elle contini

son œuvre de destruction, car il est dit ^

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le sang des hommes en partant d'Héraciéopor Ce massacre ne laisse pas que d'effrayer Ra commence à craindre cpi'il ne soit trop com U s'agit de sauver ce qui reste des honuues arrêtant la déesse, et voici le moyen auquel ' • recours. ^ *

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parce que je ne lui dirai plus de tuer les hommes. » Mais la déesse était déjà partie, et il semble qu'il ne fût plus possible de l'arrêter; au moins faut-il la rendre inoffensive, et voici la ruse à laquelle il a recours.

» La majesté de Ra ordonna à la faveur de la nuit de répandre de l'eau qui était dans ces vases, et les champs furent remplis d'eau aune hauteur de quatre palmes, par la volofité du dieu. La déesse vint au matin, et elle trouva ces champs inondés; elle y mira son beau visage, elle se mit à boire à satiété, elle s'en alla enivrée, et elle ne vit plus les hommes. Dit par la majesté de Ra : Viens en paix, gracieuse déesse. » En mémoire de cela seront établies diverses cérémonies du culte d'Hathor. Tel est le stratagème. Ra n'ose pas ai*rêter luimême Hathor, il lui donne le moyen de s'enivrer, et alors elle ne voit pas les hommes et ceux-ci échappent.

Voilà donc Ra, qui, on pourrait le croire, est content de ce qu'il a fait, il a voulu se venger des hommes, et il réussissait si bien qu'il a fallu qu'il intervînt pour éviter une destruction totale. Rien donc ne doit manquer à sa satis* faction. Tout au contraire, il est plus mécontent que jaiTlais.

« Dit par la Majesté de Ra: Il y a une douleur cuisante qui me tourmente; qu'est-ce donc qui me fait mal? Je suis vivant que mon cœur est lassé d'être avec les hommes. Je ne les ai nullement détruits; ce n'est pas une destruction que j'ai faite moi-même. Dit par les dieux qui l'accompagnent: Arrière avec ta lassitude; tu as obtenu tout ce que tu désirais: » Mais Ra insiste: « Mes membres sont souffrants depuis longtemps, je ne pourrai pas marcher jusqu'à ce que j'atteigne un autre pour m'aider. »

Alors Nou appelle Schou et Tafnit pour qu'ils viennent à son secours; et sur les recommandations de son père, Nout, la déesse, se décide à charger Ra sur son dos. Pour cela elle prend la forme d'une vache. A ce moment il était nuit, mais au matin des hommes sortent portant leurs arcs, et il est probable qu'ils offrent à Ra <le combattre ses ennemis; aussi le dieu leur fait entendre ces paroles curieuses : « Vos péchés sont derrière vous, le meurtre écarte le meurtre, de là viennent les sacrifices. » Si cette interprétation d'une phrase où il manque plusieurs signes est correcte, l'idée qui a conduit à l'institution du sacrifice chez les Egyptiens est la même que chez les Hébreux ou chez les

Grecs. Le meurtre écarte le meurtre, la mort éloigne la mort. Les hommes se sont révoltés contre leur seigneur; ils sont voués à la destruction; mais une partie d'entre eux obtient son pardon en faisant périr ceux qui persistent dans la rébellion, et désormais les sacrifices commémorent cet événement qui a sauvé les hommes de ranéantissement. Il y a sous ce vêtement bizarre une idée qui mérite d'être prise en considération.

Ra arrive au ciel porté par la vache, et pour témoigner sa reconnaissance à cette dernière, il donne un Ubre essor à son pouvoir créateur. Il crée d'abord le champ des Aalou, et il y fait croître des fleurs ; puis il y met comme habitants les êtres de toute espèce suspendus dans le ciel, les étoiles. « Alors Nout se mit à trembler à cause de la hauteur. » Ra s' adressant à Schou lui dit: « Prends avec toi ma fille Nout, gardez les multitudes qui vivent dans le ciel nocturne, placeles sur ta tête et sois leur nourricier. » Ainsi Schou et Nout ont la garde de tous les êtres du ciel, c'est pourquoi la vache de Nout s'appellera « la multitude des êtres, » et Schou deviendra un Atlas qui soutient de ses deux mains et de la tête le corps de cette vache qui porte toutes les étoiles. ! ^

Nous revenons donc par ce mythe étrange à la cosmogonie d' Héliopolis. Ra descend de Nout, mais il est le père de Schou et de Nont. Celle-ci est le ciel; elle est soutenue par Schou dont les bras puissants Taident à soulever le fardeau de toutes les étoiles.

Puis Ra s'adresse à Keb et lui dit de garder avec soin les reptiles de la terre et de l'eau; enfin il parle à un dieu qui est son préféré, et qui ne figure pas dans l'Ennéade d'Héliopolis: Thoth. Il lui dit qu'il deviendra « sa demeure », ou, comme le traduit M. Erman, « son remplaçant » ; c'est lui qni devra éclairer le ciel inférieur, et qui ainsi sera la lune. Ra donne au dieu divers symboles: l'ibis, le cynocéphale, le disque lunaire et la grue.

Voilà donc un récit qui commence par la révolte de l'humanité contre Ra, et qui se termine par la création du ciel et de la lune. On voit par là quelle incohérence il y a dans les idées égyptiennes. Ce livre est du reste un livre très saint qu'on ne peut lire sans s'y être préparé par diverses cérémonies: « Celui qui prononce ces paroles lui-même, est-il dit, doit se frotter de baume et d'huile fine, il doit avoir

un encensoir dans les mains; » après d'autres prescriptions minutieuses la rubrique ajoute : « Lorsque Thoth veut lire ce livre à Ra, il se purifie lui-même par des purifications de neuf jours, les prêtres et les hommes doivent faire de même. » C'est vraisemblablement pour cela qu'on cache ce livre dans de petites chambres au fond du tombeau^ dans un endroit qui certainejnent n'était pas accessible au premier venu.

On peut constater déjà à ce trait une différence fondamentale entre les mythes égyptiens et les mythes grecs. Ce n'est pas un récit à l'usage de tout le monde et sur lequel s'exerce l'imagination des poètes, c'est ou un livre sacré qui est l'objet d'une vénération particulière, ou un texte magiqtie qui a des vertus spéciales sur lesquelles nous aurons à revenir. On a comparé cette destruction des hommes à d'autres légendes, ou même au récit du déluge dans la Genèse. Dans ce dernier cas on n'a pu constater aucune ressemblance quelconque. Les champs sont couverts d'eau, non point pour anéantir la race humaine, mais au contraire pour la sauver. Le seul trait commun dans les deux récits, c'est la volonté du dieu créateur de détruire son ou-

vrage qui, ici, comme le dit Ra, est celui de son œil.

Nous trouvons un peu plus d'analogie avec le déluge dans un récit tiré du Livre des Morts, dans un chapitre très rare, et dont nous n'avons que deux versions toutes deux fort incomplètes. Il est probable que nous avons là un mythe qui tire son origine d'Héracléopolis, dans la Moyenne Egypte. C'est un dialogue entre le défunt et diverses divinités, en particulier Toiun. A l'une des questions du défunt, Touim répond par ces mots: « Voici je m'en vais défigurer ce que j'ai fait. Cette terre deviendra de l'eau par une inondation, comme elle était au commencement. C'est moi qiii resterai seul avec Osiris, et je prendrai la forme d'un petit serpent qu'aucun homme ne connaît et qu'aucun dieu ne peut voir. Je vais faire du bien à Osiris, je lui donnerai le pouvoir sur le monde inférieur, son fils Horus héritera de son trône dans l'île des flammes. »

Voilà bien un déluge, c'est-à-dire une destruction de ce qui est sur la terre par l'action de l'eau, et cette eau, ce ne sera pas une pluie ininterrompue pendant bien des jours, elle montera comme une forte inondation qui fera de la terre un océan. Le seul survivant, ce sera Toum,

qui ne sera pas roi luinmême. Il se cachera, il se dissimulera aux regards comme un petit serpent; celui qui régnera, ce sera "Osiris, dont le trône sera si bien établi qu'il transmettra la royauté à son fils Horus. Osiris pourra faire ce qu'il veut sur la terre, en sorte qu'Horus ira s'asseoir à sa place, et que lui-même prendra possession de son lieu de repos. C'est une cosmogonie un peu différente de celle d'Héliopolis. Toum disparaît, c'est Osiris qui prend la première place, et c'est l'Osiris humain qui meurt, et auquel succède son fils Horus. Tout cela nous indique clairement que nous avons affaire à un mythe d'Héracléopolis, dont le grand dieu était Osiris appelé « le terrible », c'est pour cela que les Grecs ont traduit son ncmi par Héraclès. Dans la suite du morceau oii nous n'avons plus que des lignes sans commencement ni fin, il est parlé du sang qui coule à Héracléopolis et Ra dit à Osiris: « Grande est la crainte que tu inspires. J'ai augmenté la terreur que tu causes. » Retenons de ce mythe un fait, c'est qu'au commencement ÎToum lui-même avait détruit ce qu'il avait créé à la surface de la terre, pour faire place à Osiris.

Voici maintenant un mythe qui explique

leté atteint le ciel. » Quand arrivèrent ses ts, chacun des dieux présents pleura sur lais Isis vint avec ses sortilèges, la bouche î de souffles de vies, ses incantations pour • les maux, et ses paroles qui font revi\Te )siers morts.

îlle dit: « Qu'est-ce donc, père di\in ?

donc ? un serpent a répandu de la souf- B en toi, un de ceux que tu as créés aurait- 3ssé sa tête contre toi? Certainement il renversé par mes charmes bienfaisants.

ferai reculer à la vue de tes rayons. »

eillard recommence le récit de ce qui lui rrivé, il décrit à nouveau tous les maux e tourmentent: « L'eau coule sur mon î comme dans la saison d'été. » Alors Isis Ra: « Dis-moi donc ton nom, père divin,

vit, celui qui est appelé par son nom. »

>it que la rusée déesse n'oublie pas à quoi în veut arriver. Mais Ra ne cède pas )lée, il tâche de répondre d'une manière mée, et il commence un discours qui anque pas d'une certaine poésie: «C'est [Ui ai fait le ciel et la terre, qui ai soulevé lontagnes et qui ai créé tout ce qfui est s. C'est moi qui ai f^t l'eai; et qui ai

créé le grand abîme. C'est moi qui ciel et qui en ai couvert les deux ] j'ai placé dedans les âmes des diei celui qui, s'il ouvre les yeux, produit et qui, s'il les ferme, produit des té fait monter l'eau du Nil, lorsqu'il celui dont les dieux ne connaissent p Je suis cefui qui fait les heures et naissance aux jours; c'est moi qui fêtes de l'année et qui crée les i C'est moi qui fais surgir la flamme de permettre les travaux de la campa Khepera au matin, Ra à son midi, Toi Le dieu se tait, mais ses paroles effet; le poison n'était point arrêt progrès, et le dieu n'était point s( n'a aucune compassion de lui, elj impitoyable. « Ton nom n'est point dans ce que tu viens de dire, dis-l( venin sortira, car il est vivant, ce appelé par son nom. » Le venin brû du feu, il était plus fort que la fiai fournaise. Ainsi parla la Majesté d consens à être fouillé par Isis; mor sera de mon sein dans le sien. » Al se cacha devant le3 dieux, sa pla<

i barque des millions d'années. Lorsque le moment de la sortie de son cœur, qui

le nom mystérieux, la déesse dit à son rus: « Lie le dieu par serment qu'il me a aussi ses deux yeux ».

and on eut enlevé son nom au grand

Isis, la grande magicienne, dit :

Bz poisons, sortez de Ra, œil d'Horus lu dieu, et brille hors de sa bouche, noi qui agis, c'est moi qui fais tomber L terre le venin puissant. Vraiment le lu dieu lui a été enlevé. Ra est vivant )oison est mort ».

écit finit là, nous ne savons pas si Isis est [te de la place qu'elle a conquise parmi les elle qui seule a réussi à guérir Ra. On ne 1 dit pas davantage, parce qu'on nous a conisqu'aux parolets magiques dont ce conte ['origine. « Un tel, fils d'un tel vivra, le venin a, voilà ce qu'a dit la grande Isis, la reine 3UX, celle qui connaît Ra par son propre > Telles sont les paroles importantes 'efficacité sera bienfaisante, on les dira îs figures de Toum, d'Isis et d'Horus ; t d'avoir prononcé ces paroles devant ou comme dit Tégyptien « sur elles ».

RELIGION DBS ANCIENS ÉGYP1

donnera à ces figures le pouvoir c venin des serpents, ce seront des i des talismans dont les vertus curi infaillibles. Mais ce n'est pas se figures dont les paroles augmentei sance, même les remèdes en épr bons effets; car voici ce qui nou finissant: « écrit à mettre dans un par une personne. On le fait pare un morceau de lin mis à son cou.

mède efficace. On fait une potion bière ou du vin que boit la j>ersonii tient. C'est la destruction du venin, et pour toujours. »

Je disais en commençant que c( but médical, on nous le dit ici en mes. Le premier mythe était relig destiné au défunt, et quand on le lis toutes les cérémonies prescrites, o probablement la faveur des dieuj nous enseignait aussi l'origine de ] rémonies. Celui-ci n'a rien de religi mythe de magicien, nous pourri dire de charlatan. Il est à l'usage « d'un tel. »

Et cependant il conserve enco

principaux de la doctrine qui est ici comme ailleurs une sorte de panthéisme. Les dieux sont tout à fait anthropomorphes, Isis est une femme, Ra un vieillard qui a toutes les infirmités de l'âge; cependant il est encore le créateur de toutes choses, dont l'être existe dans chaque dont la puissance se manifeste dans ouvrages, qui sont le monde entier et e remplit.

the aune grande analogie avec d'autres sur des amulettes, et qui sont destiner, er le possesseur de différents maux, en îr de la morsure des serpents ou des 5. Ce sont les mythes magiques par e. En général il s'agit d'Isis et de de son fils Horus qui a été la victime ces reptiles perfides. Voici un de ces li date de l'époque du roi Nectanèbe ^ :

s, j'ai conçu et j'ai enfanté Horus, moi j'ai mis au monde Horus, le fils d'Osiris, marécages d' Athou. Je m'en réjouis fort connus qu'il remplacerait son père. Je avec soin de peur qii'il ne fût piqué, illai à la ville d'Am, on me salua comme

; pnr GolénischefTet Brugfsch.

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conversation entre les deux femmes et elles arrivent à découvrir que c'est un scorpion qui a piqué Tenfant. La pauvre mère ne se connaît plus de désespoir, elle met son nez dans la bouche de son fils pour voir s'il respirait encore, elle ouvre la blessure et elle trouve qu'elle contenait du venin, alors elle prend l'enfant dans ses bras, et elle se met à bondir, nous dirions comme ime folle, les Egyptiens disent comme un poisson qu'on a jeté sur la flamme, en criant: « Ra, il est piqué ton fils Horus, il est piqué ton fils, il est piqué Théritier des héritiers, le maître du diadème royal, l'innocent, l'enfant des dieux auquel je procurais le nécessaire. » La pauvre mère est touchante, elle est éloquente dans sa douleur. « Alors arriva Nephthys qui pleura et dont les lamentations retentirent dans toute la région, et Selk qui demanda et demanda encore : Qu'est-ce donc qu'a ton fils Horus? Isis! adresse ta prière au ciel, et alors s'arrêteront les nochers de Ra, et alors n'avancera plus la barque de Ra; à cause de ton fils Horus elle restera en place. Isis fit entendre sa voix au ciel, et elle implora la barque éternelle. Le soleil s'arrêta lorsque la requête lui parvint, et la barque ne bougea pas de sa place, mais Thoth arriva

pourvu de ses enchan formule de triomphe, glorieuse dont la bouc Horus n'a point de mj partient à la barque de d'hui de la barque d place où elle était hier, et que la lumière a dis] Horus pour sa mère e même. »

» Alors Iisis la d< Thoth, il est grand t pas tardé dans ton de$ tous tes enchantements qui triomphera sur ce( sait point le nombre »..

Isis, ne te lamente pas du ciel pour rendre V Horus! Horus! que to qu'il ne succom^be pas Horus est sauvé comm disque et qui éclaire 1( yeux, sauvé aussi qui Horus le premier-né d leurs formes à ceux qui et le dieu continue à

mules analogues dont l'effet sera de vivifier .renfant. Les dernières lignes du texte sont obscures, mais nous y lisons cependant ces mois que Thoth adresse à Isis : « Je suis Thoth, Taîné des fils de Ra; Toum et le cycle des dieux m'ont ordonné de rendre Hôrus sain et sauf à sa mère Isis, et de guérir de même tout être souffrant. Horus! Horus! ton double est ton protecteur, et ta forme est ta sauvegarde; le venin est mort, et sa flamme est détruite. »

Alors Isis reconnaissante demanda à Thoth d'étendre ses bienfaits aux habitants de la région de Buto qui ont demandé avec supplications que le fils fût rendu à sa mère, et que pour eux aussi la puissance de Thoth apporte la vie et la guérison. Thoth lui accorde sa requête: « J'apporte la joie, dit-il, à ceux qui sont dans la barque Sekti, la barque solaire 'qui s'était arrêtée. Horus est rendu vivant à sa mère, Isis, de même tout malade sera rendu vivant à sa mère, car le poison est mort et sa force n'est plus. »

Ces dernières lignes nous font connaître le but du mythe ; c'est un talisman des habitants de Buto contre les piqûres des scorpions et des serpents. Si l'on a dans sa

maison la stèle ou le monument sur lequ( gravé ce récit, ce sera le meilleur préser contre les morsures de ces animaux r( tables. On le voit, le mythe égyptien n'es un récit indépendant qu'on goûte poui même, et dont on apprécie la valeur litté et artistique. Il est toujours motivé par qu< chose, il va avec une cérémonie, il ei Texplication, et il a une valeur magique c'est pour cela qu'on tient à le lire ou à en le texte chez soi.

Si c'est dans le mythe que se retrouve su l'anthropomorphisme, ce n'est pas là seulci L'action directe des puissances divines su hommes, leur intervention dans la vie humains ne se manifestent pas unique par la magie ; les dieux ont aussi d'à moyens de faire connaître leur volonté parlent aux hommes en diverses occas ils aiment par exemple à se faire e dre daiis des songes. Cette croyance le songe est souvent un message divi retrouve du reste dans presque toutes les gions. Il y avait en Egypte des interprètes songes, qui, avec les magiciens, appartenaie collège des prêtres. Nous avons conserv

récit de plusieurs songes dans lesquels les rois ont entendu la voix des dieux, et ont reçu des directions divines.

Voici par exemple le roi Thoutmès IV qui est à la chasse dans le désert en face d'Héliopolis, à l'endroit que nous appelons maintenant Ghizeh. Vaincu par le soleil et par la fatigue, au milieu du jour il s'endort à l'ombre d'un monument gigantesque, qui aujourd'hui encore fait l'admiration des voyageurs, le grand sphinx ^ : « Et Sa Majesté trouva que le Dieu lui parlait de sa propre bouche comme un père parle à son fils. » Ce dieu, c'est le sphinx lui-même, l'emblème du dieu Harmachis. C'est donc la statue qui s'adresse à lui: « Regardenmoi, contemple-moi mon fils Thoutmès, car je suis ton père Harmachis, je t'accorderai d'être roi sur mon trône, un prince parmi les vivants, portant la couronne rouge et la couronne blanche, le chef des dieux possédant la terre dans toute sa longueur et toute sa largeur, la splendeur de l'œil du maître de toutes choses. Je mettrai à ta disposition des revenus de tout le territoire d'Egypte, des tributs considérables, et un long terme d'années, pendant lesquelles tu seras l'élu de Ra,

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