‹ La religion des pré-Israélites [microform]Chapitre 25 sur 70 · LE CULTE ISRAÉLITE D'ADAR OU DE MARS · texte numérisé non relu

LE CULTE ISRAÉLITE D'ADAR OU DE MARS

Nous ne retrouvons en Israël des traces du culte de Mars ou d'Adar que dans la distinction qu'ils firent entre les animaux purs et impurs. Le sacrifice des chiens ne se trouva pas en Egypte parmi lés offrandes Typhoniques , mais il est probable que les Israélites le connaissaient comme tel. Nous lisons en Isaie^ qu'ils se rendirent coupables au sacrifice de chiens et de sang des pourceaux au lieu de se servir du boeuf , de l'agneau et de l'oblation. Le pourceau était une exécration pour les Israélites autant que pour les Égyptiens, toutefois il reste quelques traces

à'mi certain homieur qui fut rendu à cet animal. On en tuait à des époques fixes pour les festins de sacrifice qui étaient unis à ceux des souris. ^ Il ne reste que très peu de traces de cet hommage et Plutarque ignore si les Israélites s'abstim'ent de l'usage de la chair des pourceaux, parce qu'ils rendirent hommage à cet animal ou bien parce qu'ils le détestèrent. ' Le coq aussi était consacré au dieu Mars des Phéniciens et le dieu des Samaritains Nergal , aussi adoré par les Israélites , est représenté selon les rabbins sous la forme d'un coq. Les juifs tuèrent un coq le jour de la réconciliation. * Il était défendu que les coqs se trouvassent à Jérusalem , selon le Taknud; la ville sainte aurait été profanée par la présence de cet animal impur. Il n'était pas permis aux prêtres en Israël , d'en posséder. * H y a encore une fable très remarquable, celle du grand coq dont les pattes ' étaient sur la terre et dont la tête touchait le ciel et que les enfants d'Israël mangeront le jour du jugement au grand festin en même temps que le Béhémoth et le Léviathan. En ceci, Finfluence des nations circon voisines ne peut être méconnue, ® Le Béhémoth et le Léviathan, l'hippopotame et le crocodiUe jouent un grand rôle dans la littérature entre l'ancien et le nouveau testament. Ce sont les animaux hideux par excellence que Ton juge être les personnifications les mieux choisies pour tout ce qu'on considère comme démon. Tout écrit apocryphe y fait aUusion et la doctrine la plus exacte de cette matière se trouve dans les livres de Hénoch et d'Ezra. Ces animaux sont gardés en des endroits particuliers et engraissés par Dieu, pour être mangés au festin des bienheureux, le jour du jugement. L'inimitié qui augmentait toujours

de plus en plus contre l'Egypte , fut la cause que l'on haït ces animaux plus que tout les autres.

Plus intéressante que la précédente est la manière dont on envisageait F Ane. La légende de cet animal , que Tacite nous communique, est probablement d'origine Samaritaine. Ce peuple rendit hommage au dieu Tartak "^ , qui selon le Talmud ^ était représenté avec la tête d'un âne et qui était une divinité qui a quelque rapport avec Adra-Melech ou Mars-Melech. Les Israélites partagèrent ce culte des Samaritains , comme il est facile à comprendre et nous en trouvons des traces encore plus anciennes dans le Pentateuque. Quant au rachat des premiers-nés, nous trouvons cité cette exception remarquable en faveur des animaux. On pouvait racheter Fane aussi bien que l'homme , par un autre animal et si on ne le faisait pas , on était obligé de lui casser le cou. ^ Cela se faisait probablement de la même manière qu'à Coptos où, comme nous savons, on avait l'habitude de précipiter l'âne du haut d'un roc escarpé. Ce commandement a été donné deux fois. '** Ce respect pour Fane était très répandu en Orient. La fécondité ou lasciveté de cet animal en était le motif. Les Médo-Perses le sacrifièrent à Mars. " Apollon '^ se réjouit d'une hécatombe d'ânes dans le pays des Hyperboréens. A cause de sa couleur rousse il reçut le nom de Chamoor des Hébreux et comme tel l'offrande qu'on en fit se rattache à celle de la vache rousse. En Grèce nous le retrouvons dans les Dyonysies et chez les Eomains dans le culte de Testa , ou l'âne garotté est représenté sur un pain d'offrande et où l'on portait un phallus en procession. Ces cultes payens passaient plus tard dans l'église où ils se trouvent comme les fêtes des ânes qui florissaient

au moyen-âge en France, en Espagne et en Allemagne. Un âne paré monté par une jeune fille, fut conduit avec force cérémonies devant l'autel et pendant la messe on chanta des cantiques qui se terminaient par Fimitation du braiment de Tâne. Au lieu de donner la bénédiction le prêtre brairait trois fois ce que le peuple répétait en signe d'amen. Grand nombre de saints sont représentés montant des ânes et on les trouve ainsi dans les pèlerinages. '^ L'âne Remportait même sur les autres animaux et était favorisé davantage en cas de procès. D'après le code de Sardaigne de l'an 1395 les crimes commis par des boeufs et des vaches, étaient punis par la peine de mort, mais pour l'âne on était plus clément. Condamné pour la première fois il perdait une oreille, pour la seconde fois on lui coupait l'autre et la troisième fois pris en flagrant délit il était confisqué au profit du prince. '* Les fêtes des ânes ont été rattachées à la fête de l'entrée de Jésus en Jérusalem. Il entrait dans les usances de l'église, de conserver les fêtes payennes en leur donnant une signification chrétienne. Toutefois il est remarquable que cette fête fut célébrée au mois de décembre et qu'une jeune fille montait alors un âne. L'une comme l'autre sont dérivées du même culte de la nature. H est dif&cile de déterminer en quel rapport ces fêtes se trouvent avec les fêtes des tabernacles des Hébreux. Les Dionysies ressemblent beaucoup à ces dernières qui portent le caractère très prononcé d'une religion de la nature.

Plus en rapport avec les coutumes Egyptiennes est le culte de la vache rousse , le bouc émissaire , le culte du serpent et celui de Kyun.

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