‹ La religion des pré-Israélites [microform]Chapitre 31 sur 70 · LE CULTE DES PIERRES · texte numérisé non relu

LE CULTE DES PIERRES

En commençant avec le culte des peuples du Nord nous trouvons qu^ils ont conservé leur culte de Béthyles dans rhonneur qu'ils rehdent au marteau de Thor. Thor assis à côté de Wodan sur un siège moins élevé est le plus vigoureux des dieux et des hommes^ il a le front ridelle regard sombre, la barbe et les cheveux roux. Il tient dans son poignet formidable la foudre que les peuples du Nord appellent Mjolner. H est le protecteur de la force matérielle, celui qui encourage le travail et le zèle laborieux. H commande l'air et les nuages qui tremblent sous son vol impétueux. Lorsqu'il parcourt l'espace dans son char et qu''il fait voler son attelage de boucs, le tonnerre sort des roues foudroyantes et roule à coups formidables qui résonnent dans le ciel et sur la terre. De son marteau il fend 'les nuages amassés d'oii sort la foudre de tous côtés et ses bélemnites qu'il lance vers la terre en rayons flamboyants, pénètrent dans le sol à une profondeur de sept pieds , mais lorsqu'ils rencontrent dans leur vol un homme ou quelque animal, ils les tuent et quand ils frappent quelque arbre ou maison ils les dessèchent ou les brûlent. Ce qu'il touche de son marteau devient fertile et prospère, c'est pourquoi la bénédiction nuptiale se fait par l'attouchement d'un marteau et que

Ton fait le signe du marteau sur le pain et sur d^ autres choses afin quelles soient nourrisantes et avantageuses. La joubarbe détruit l'action mortelle de ses bélemnites, i

Nous retrouvons donc ici les restes des Béthyles ou culte des séjours de dieu et dans le respect qu'ils portent aux bornes nous remarquons la même signification que d^autres peuples y attacbaient.

Quand nous faisons des rediercbes chez les Eomains nous trouvons que Tacite nous communique : ' „Titus désirait visiter le temple de la Vénus de Papbos, qui jouit d^une graude considération chez les habitants et les étrangers. L'image de la déesse n'a pas la forme humaine. La partie inférieure est ronde et large et la statue allant en diminuant se termine en pic.'' Cette statue de la déesse de Paphos parait être une semblable image de dieu, un reste du culte des Bétliyles. C'était à ces pierres, bornes ou séjours de dieu que l'on faisait des voeux, sacrifiait de Thuile et que, l'on avait la coutume de prier. Arnobius ^ dit que ce fut une usance chez les^ Romains et il en fait ressortir la fo lie quand il attaque leur religion. Il demande avec mépris: „Croit-on quand je vois une pierre consacrée, frottée d'huile grasse, que je Tadorerais comme si elle cachait une puissance quelconque et que je lui adresserais la parole ou que je demanderais quelque chose à une masse informe qui ne s'aperçoit de rien." Minucius félix , l'un des apologistes du Christianisme, dans son discours entre Caecilius et Octavius , * démontre : „qu'il ne convient nullement qu'im homme comme Octave laisse son frère Marc, avec qui il converse journellement , dans une erreur et dans un aveuglement semblable, qu'il permet qu'il rende hommage à des pierres ointes, couromiées et pourvues d'inscriptions."

La preuve que cette habitude était généralement répandue c'est que Lucianus raconte d'un certain Rutilianus ce qui suit : " „I1 était un homme honnête et pieux , toujours aspirant aux choses qui ont rapport aux dieux. A la vue d'une pierre ointe ou couronnée il se mit à genoux et quand il s'était prosterné, il restait long temps en prière demandant toute bonne chose." Voilà donc le culte : l'on avait des pierres de la forme de bornes près desquelles on fit des voeux, sur lesquelles on répandit de l'huile et que l'on orna de couronnes. On se prosterna devant elles en les adorant. Cela continua jusqu'après le temps que le Christianisme apparut sur la terre.

Pline connut un semblable culte chez les Perses et les Parthes et parlant d'une espèce de météores il dit: „Ils rendent aussi hommage à TAstroit ' et prétendent que la renommée de cette pierre a été célébrée par Zoroastre. Sudines rapporte que l'Astrobulus ressemble à l'oeil d'un poisson et qu'il rend un éclat blanc.

Sotacus cite encore deux autres espèces de météores , des noirs et des rouges', qui ressemblent à des haches. On se sert de ceux qui sont ronds et noirs pour assiéger des villes et des flottes; on les appelle Bétulos. Ceux qui sont ronds et oblongs sont les météores proprement dits. Selon les mages des Parthes on ne les trouvait qu' aux endroits oii la foudre était tombée."

D'après Pline le culte des Béthyles est donc particulier aux Perses et aux Parthes tandis que les Eomains , quoique leur adoration s'adressa aux mêmes objets, ignoraient l'origine de ce culte des pierres* Les Priapes ou bornes de ceux-ci se rattachent à ce culte et on les trouve plus tard ornés d'images humaines ou bien avec une simple tête d'homme.

On trouve la même chose chez les Grecs Pausarias rapporte que les Grecs avant d'avoir des images de dieux, adoraient des pierres blanches. '^ A Delphi se trouvait, comme nous savons, une pierre triangulaire qui était probablement la plus ancienne image de la divinité et en même temps le premier oracle qui fut établi se trouvait là. A cette catégorie d'images divines appartiennent aussi les Hermès, poteaux de pierre surmontés d'une tête d'homme. C'est ^Théophraste ® en particulier qui fait mention du culte des Béthyles en disant : „qu'il y avait des pierres ointes , placées dans les carrefours , que l'on frottait d'huile et que l'on adorait à genoux aiin de se préserver contre le malheur."

Le même culte nous est rapporté des Perses et des Indous. Les Perses ont conservé jusqu'à nos jours la coutume d'élever des pierres lorsqu'ils entreprennent des voyages ou des pèlerinages, afin de s'assurer une bonne arrivée ou un bon retour. ^ Les Indous avaient les mêmes habitudes selon Rhode. ^^ Il s'exprime ainsi : „I1 faut encore que nous citions Te culte des pierres que l'on appelle les Salagrammes, que l'on trouve en un certain endroit de Gandaci (Ganduk) rivière du Népal."

Nous avons déjà parlé du mythe selon lequel Wischnu aurait été métamorphosé en ce Salagram, par une conjuration de Sri; ce sont des pierres noires, de forme ronde et perforées par des vers, ou selon l'opinion des Indous, par Wischnu sous la forme d'un ver. Aux bords du fleuve Nermada se trouvent des pierres semblabes , que l'on adore commef des emblèmes de Siwa et qu'on appelle Banling."

Le culte du Kaaba ou de la pierre noire est le culte

principal des Arabes , quoiqu'ils rendent hommage à d'autres pierres,' Eéland dit aii sujet de ce culte : ^^ „Les Arabes gardent dans leur temple à la Mecque trois pierres ; d'abord la pierre noire ^ dont on rapporte que Gabriel, du temps de la création, descendit une pierre très blanche qui cependant s'est noircie plus tard par les péchés des mortels." Il est probable que cette légende a pris son origine dans le phénomène que Ton observait lorsque le Kaaba, un météore d'une grandeur énorme, tomba du ciel. ,,Les Arabes embrassent cette pierre lorsqu'ils font leurs processions religieuses. Puis la pierre blanche, que l'on prétend être le tombeau d^Ismaël fils d'Abraham et enfin la pierre qui porte Tempreinte du pied d'Abraham." Pocock en cite encore d'autres, i^ Il dit: ,,outre le Kaaba il y a encore les images de Hobal, celles d^Asaf et de Nayela. Asàf reçut des hommages sous la forme d'un homme, Nayela sous celle d'une femme, mais parce que ces deux personnages se livrèrent à la lubricité dans le voisinage du Kaaba , Dieu les changea en pierres que les Karuschites regardèrent comme des dieux.'' A un autre endroit*^ il prétend „que le Kaaba et sept autres pierres furent les lieux sacrés les plus anciens des Arabes. D^autres soutiennent qu'il était anciennement consacré à Saturne, avec sept autres pierres qui représentaient les sept planètes." On ne peut pas méconnaître l'analogie qui existe entre le mythe du Kaaba et la légende Grecque. Priscianus^* s^exprime au sujet du Baitylos en ces termes: „C^est une pierre que l'on appelle Abdir, Abadir ou Abaddir. Abadir cependant est le nom d'un dieu et l'on croit que c'était le nom de la pierre que Saturne avala à la place de Jupiter , et que les Grecs appellent Baitulos." Ce sont

donc ces pierres qui représentent des dieux et selon quelques uns Saturne et les Sept planètes.

En passant, aux Phéniciens nous apercevons le même culte et ce que nous y trouvons s'accorde aussi avec ce que nous remarquions en cette matière à la côte septentrionale de Fxifrique. Sanchuniathon dit „que le dieu TJranus (le ciel) est l'inventeur des pierres animées, que l'on appelle Béthyles;" et Photius nous en rapporte ceci : ^' „0n dit qu'Asclépiades arriva à Héliopolis la Syrienne, située dans le Libanon et qu'il y vit plusieurs de ces Béthyles ou Béthylies dont il raconte mille merveilles , dignes du langage d'un impie. Lui-même, les vit encore plus tard et Isidore aussi." Ailleurs Photius dit encore: „L'on vit, d'après les récits, le Baitulos s'avancer dans l'air et ensuite se cacher dans les habits d'un prêtre' ou bien celui-ci le tenait dans ses mains. Celui qui servit le Baitylos s'appelait Eusèbe, qui raconte l'avoir reçu de la manière suivante. Tout d'un coup et sans qu'il s'y attendit le Baitylos s'égara vers minuit de la route qui mène à la ville d'Emisy et se heurta contre cette montagne. Là se trouvait un temple d'Athéné depuis long temps célèbre. Le Baitylos s'avança avec grande vitesse vers le pied de la montagne et en descendant il fut arrêté dans sa course. Il vit une sphère lumineuse qui s'y détachait et un lion formidable se trouvait près de la sphère, mais celui-là devint tout de suite invisible. Il marchait sur la sphère quand le feu fut éteint et il comprit que c'était un Baitylos. Il le ramassa et l'interrogea pour savoir de quel dieu il venait et il reçut pour réponse qu'il venait du puissant (yevpaiou). Les Héliopolitains rendent hommage au puissant et ils ont érigé en l'honneur de ce

dieu la statue d'un lion. H transporta cette même nuit la pierre cliez lui et fit pour cela un chemin de 1200 stades, d'après ce qu^il raconte, sans s'arrêter un moment. Eusèbe n'était pas maitre des mouvements du Baitulos comme d'autres le furent de semblabes pierres, mais il pria et supplia en écoutant les cliants d'oracle. Ces contes et encore d'autres sottises sont rapportés par lui comme des faits véritables

Il décrit la forme du Baitulos ainsi: la spbère est très blanche et son diamètre est d'un spithame (empan). Mais tantôt il est plus grand et tantôt plus petit et parfois il devient pourpre. Il nous montra des caractères gravés dans la pierre et peints de la couleur qu'on appelle tiggabarinos. Au moyen de cette pierre il consultait l'oracle pour quiconque le désirait. Il en sortait un son comme un doux murmure, dont Eusébe donna l'explication. Après avoir raconté ces contes bizarres le drôle parle encore de mille autres choses qui dépassent l'intelligence au sujet du Baitulos. Je croyais que l'oracle du Baitulos fut quelque chos& de divin et Isidore le considérait comme démoniaque. C'est un démon qui lui donne le mouvement. Ce n'en est pas un qui appartient à la catégorie de démons qui sont nuisibles, non plus à celle" dont les démons sont trop attachés à la matière, ni à celle dont les démons sont censés avoir des formes immatérielles, mais non plus aussi à celle des démons purs. D'après celui qui raconte ces choses méchantes il appartient aux démons qui résident dans les autres Béthyles , consacrés à un dieu quelconque p. ex. au dieu Kronos, Zeus, Helios etc."

Nous retrouvons aussi en Egypte le fond de ce culte.

Il est possible que les plus anciennes formes sous lesquelles ou adora et représenta la divinité, furent les obélisques. Nous reviendrons plus loin sur cela. JQ se peut que dans le culte de Set se cache un culte de Bétbyles , mais qui oserait l'affirmer ? Le nom de Set est presque toujours accompagné d'une pierre parce qu' une pierre en langue Egyptienne signifie Set. Nous trouvons le nom du dieu tantôt écrit comme Set ''^ Sti tantôt comme Suti, Sut ou Sutech, bien qu'il est très incertain que ce dernier noni doit être lu ainsi. Le nom du dieu Sutecb, (s'il nous est permis de le lire ainsi) est toujours écrit avec les mêmes signes que Set. ^' H a les mêmes prénoms ""^ mais on ne le trouve que très rarement" écrit de cette manière. M. Devéria écrivit à Mr. de Rouge : ^o „Je ne puis pas admettre la distinction que vous semblez établir ^^ entre les signes biéroglypbiques pour exprimer les noms de Set et de Sutech , -^ le dernier étant écrit dans le traité de Eamses II avec le prince des Héthiens , Sutech ^^ avec le signe de Set.*' Dans les papyrus on trouve les signes de Set et de Sutech employés les uns pour les autres. Le signe de Sét , comme figure d'un animal couché, se trouve dans le papyrus n». 343 à Leyde, toujours sans signes phonétiques ; ^* dans le n". 344 son nom ne parait pas ^^ et dans le n°. 3i5 nous trouvons la même chose que dans le n°. 343 exepté une seule fois avec le nom phonétique Sfcu ou Sut. ^^ Dans le n°. 346 il parait sans signes phonétiques et toujours . comme Fanimal Set couché. ^''' De la même manière il se trouve dans les n°'. 347, 348 et 349;'^ le n°. 350 n'a pas de noms de Set, le n°. 351 et 352 non plus; le n°. 353 montre un amulette pourvu de figures de Set (la figure assise) si c'est lui et

non Anubis et sans signes phonétiques; les n". 354 — 359 ne le possèdent pas. ~Dans le papyrus n°. 360, où. nous trouvons Sutech occupant la place de Set dans la série des dieux principaux, son nom est écrit entièrement en signes phonétiques avec Timage assise de Set comme déterminatif; ^^ les n". 361 — 371 ne le contiennent pas. Dans le no. 384 Timage de Set est reproduite par une forme particulière. En résumant nous ne trouvons qu'une seule fois le nom de Suteeh et qu'une seule fois le nom designé avec le son phonétique de Sut. M. Brugsch lit dans le fragment du papyrus Sallier le nom de Suteeh '" mais les signes qui produisent le nom phonétique ne sont pas reconnaissables. Dans le papyrus Harris se trouve à plusieurs reprises Fimage de Set assise ou couchée, mais on n'y voit que deux, fois des hiéroglyphes phonétiques. ^' Nous trouvons donc ici la même chose que M. Devéria trouva dans l'iriscription de Ramsès II savoir, la preuve que les signes de Set et de Suteeh ne diffèrent plaint. Comme détermination des noms nous trouvons que Ton s'est servi tantôt de la figure assise tantôt de la figure couchée. Dans le papyrus Harris, Suteeh parait comme une des dénominations de Set,*^ de même dans Tinscription de Eamses. '^ Dans le papyrus du Musée Brittannique il porte le même prénom que" le dieu d'Ombos : ^* Sutech-aa-peh-ti ou Sutech-aa-peh-ti-si-nut (Suteeh le grand vigilant ou Suteeh le grand vigilant fils de Nut), de même sur le colosse *^ de Eamses à Berlin oii nous lisons Sutéch-nuter-aa-neb-pet (Suteeh gTand dieu Seigneur du ciel). En effet nous ne trouvons aucune différence dans les cultes ; reste donc à examiner comment ce nom doit être expliqué. M. Osburn '* prétend qu'il faut lire le nom sans les lettres

Ch et que l'hiéroglyphe n'est qu'une dégénération du signe ordinaire de la pierre. Ce serait donc une pierre ronde, dont on se servait au lieu d'une pierre carrée. Si cela est ainsi, le nom doit être lu toujours Set et non Sutech, mais dans le cas contraire il n'est pas impossible que Sutech soit le nom du dieu que les tribus étrangères avaient apporté et qui fat confondu avec Set, point de vue qui compte plusieurs adhérents. M. Lepsius s'en déclare partisan dans son „Abhandlung der Koniglichen Académie zu Berlin " ^"^

n n'est pas permis que l'on se serve de ce nom pour en dériver un culte de Béthyles. L'on cherche à expliquer cette détermination de Set, la pierre, en le représentant comme dieu de la force matérielle. Est-ce une explication valable ? H nous semble qu'une explication empruntée à un culte de Béthyles qui fat répandu jadis, ait autant de valeur, mais quoiqu'il en soit, nous avons jugé, en traitant du culte des Béthyles, ne pas devoir laisser passer sous silence la pierre, le signe déterminatif du dieu Set.

Nous trouvons donc ce culte chez les différentes tribus qui habitèrent dans le voisinage d'Israël ou qui furent en contact avec cette nation. L'on en peut découvrir aussi les traces en Israël même. Nous trouvons rapporté de Jacob : „que quand il eut quitté la maison paternelle pour se rendre chez Laban, il eut un songe pendant la nuit et qu'à son réveil il prit la pierre dont il avait fait son chevet et la dressa comme monument et il versa de l'huile sur le sommet. Et il appela ce lieu-là Beth-el. Et il fit un voeu en disant: si Dieu est avec moi et s'il me garde pendant le voyage que je fais ,; s'il me donne du

pain à manger et des habits pour me vêtir et si je retourne à la maison de mon père, le Seigneur me sera dieu et cette pierre que j^ai dressée comme un monument sera une maison de dieu et je te donnerai certainement la dîme de tout ce que tu me donneras," ^® La même histoire quoique moins détaillée est racontée dans un chapitre suivant. Nous y lisons : „Et Jacob dressa un monument au lieu où dieu lui avait parlé, un monument de pierres et il fit dessus une aspersion et y répandit de rhuile. Et Jacob appela le lieu ou dieu lui avait parlé, Beth-el." '^ Nous trouvons donc ici la même coutume que chez les autres serviteurs de Béthyles. L'on dressa une pierre votive, on y sacrifia, y répandit de l'huile et l'appela maison de dieu, tout comme firent les autres peuples dont nous avons parlé. Nous lisons encore • de Josué : *o „qu'il écrivit l'alliance avec le peuple au livre de la loi et qu'il prit une grande pierre et l'éleva là sous le chêne qui était près du sanctuaire du Seigneur. Et il dit: Yoici, cette pierre nous servira de témoignage, car elle a entendu toutes les paroles que le Seigneur nous a dites , oui il servira de témoignage contre vous , afin que vous ne mentiez contre dieu," Ce lieu fut en honneur encore plus tard, car Abimélech y fut élu *^ et proclamé roi.

Le culte des pierres oblongues a beaucoup d'afBnité avec le culte précédent et occupe même un degré plus élevé de l'échelle des religions. H fut très commun parmi les peuples de l'antiquité. Chez les Romains nous trouvons les Priapes , chez les Grecs les Hermès , les colonnes d'Hercule et de Dionysos, Les Phéniciens connaissaient les colonnes de Thaauth, les Egyptiens celles de Thoth

et les obélisques , les Hébreux les colonnes de Seth. Selon Philostrate, *^ les' colonnes d'Hercule étaient représentées sous la forme d'une flamme. Celles qui se trouvaient dans le temple à Cadix étaient de la hauteur d'un mètre. Sanchuniathon fait mention de colonnes qui furent placées dans le temple d'Hercule à Tyr. *' Il dit à ce sujet : „Usov le frère de Hypsuranios un chasseur violent qui se vêtait avec des peaux de bètes fauves, a bâti deux colonnes dans le temple de Tyr en l'honneur de Hypsuranios ; l'une est consacrée au feu , l'autre à l'esprit et il les a adoré. Quand les deux frères furent morts, leurs descendants consacrèrent en . leur honneur des bâtons , ils adorèrent les deux colonnes et célébrèrent des fêtes annuelles." Hérodote admira dans le temple d'Hercule Tyrien la grande colonne de ce dieu. ** Nous trouvons aussi ce culte des colonnes en Egypte. Chez Manethoos nous lisons qu'il étudia l'histoire de sa patrie dans les inscriptions qui se trouvaient sur les colonnes de Thoth , dans le pays Siriadique *' ; ces colounes sont attribuées à Seth par Josèphe.*^ Il est probable que Manethoos en citant ces colonnes, faisait allusion aux inscriptions qu'il trouva sur des obélisques ou sur des pierres semblables. Josèphe cependant croit que les colonnes de Seth furent érigées pour les observations astronomiques. Des colonnes semblables sont attribuées à Noë, Dionyse et Osiris. Les vers suivants en font mention :

Non loiu des monts Emodiens. sur les frontières de l'Inde, S'élèvent quelques colonnes, ce sont celles de Dionyse.

Non de celui de Thèbes

De celui qn'on adore en Egypte, le sol où il planta la vigne. De Noë ou bien d'Osiris. *''

Selon l'auteur des livres des Eois , les Hamanim étaient les images de Baal-Haman, les symboles du feu, qui se trouvaient sur l'autel de Baal. *^ Ce culte de Baal fut très répandu sur la côte septentrionale de ^Afrique *' et aussi parmi l^ancien Israël. Les principales traces qui en restent se trouvent chez les Israélites dans les noms des colonnes qui ornèrent Tentrée du temple de Salomon : Boaz, qui donne le mouvement et Jachin qui fait fixer, sont les noms qu'elles portaient. La colonne Jachin a du rapport avec le culte de Kyun et ces deux mots ont la même racine. Kyun signifie colonne et dérive du radical Koen, élever, fixer. Jachin est la forme hiphil du même radical et signifie, faire fixer.

Ce nom de Jachin continua à vivre dans la tradition et fut regardé plus tard comme le nom d'un malin esprit. Comme tel il parait dans le livre de Noë, °" oli nous le voyons comme le premier des esprits malitis , le séducteur des hommes. Le nom de Seth en Hébreu a la même signification que Kyun et veut dire colonne, dérivé du radical Soeth, fixer, élever et il n'est pas impossible que nous retrouvions dans la dérivation de ce mot , la plus ancienne image de la divinité.

En résumant , nous voyons que partout le culte des Béthyles exista. Le motif de ce culte se trouve peat-être dans le nom que Sanchuniathon donne aux Béthyles, savoir, celui de pierre animée. Quand la foudre tombait quelque part, soit dans la terre , soit dans une habitation , on trouvait que cet endroit était chaud. La foudre venait , selon l'opinion des anciens, immédiatement des dieux La pierre que l'on trouvait à l'endroit oii la foudre était tombée fut trouvée chaude et c'est pourquoi l'on regarda cette pierre comme

la

saisie par l'esprit de la divinité , c'était une pierre animée. "

Le culte des météores que nous retrouvons dans le Kaaba,

ou la pierre noire de la Mecque , était de la même origine.

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