LA FORME PHÉNICIENNE DES PATÈQUES
Une des formes sous laquelle se montre FEtre Typhonique c'est la forme Phénicienne des Patèques. C'est une figure humaine avec les bras tordus et les jambes contrefaites. De la même manière furent représentés en Phénicie les Kabires ou dieux des navires. L'image ressemble beaucoup à celle de Pbta de l'Egypte, que les Grecs appellent Hépliaestus. Lorsque Cambyses vint en Egypte il commit beaucoup de cruautés comme le rapporte Hérodote. ^ „I1 entra dans le temple d'Héphaestus et se moqua grossièrement de son image, car la figure d'Héphaestus ressemble beaucoup aux statues que les Phéniciens appellent Patèques et dont ils ornent les proues de leurs navires. Pour ceux qui n'ont pas vu les dieux, je les décrirai : ils ressemblent à nos Pygmées. Il entra aussi dans le temple des Kabires où les prêtres seuls ont la permission d'entrer et il brûla et insulta les statues, car celles-ci ressemblent aussi aux images d'Héphaestus." Ces statues , dont parle Hérodote , furent probablement celles d'un temple de Typhon ou du Mars Égyptien. Sur les monnaies de l'He de Cossura ' se trouvent de semblables images de Kabires. Les statuettes de ces dieux qu'on appelle Elilinl ou Teraphim, servaient à ce qu'il semble
au service de TOracle. ' Servius en rapporte „qii' en Egypte et en Carthage on fit des processions où. Ton portait des statuettes sur des brancards. Elles se lèvent d'elles mêmes et prononcent l'oracle/' Un semblable oracle se trouvait dans le temple d'Hercule à Tyr. * Pline, en parlant d'une pierre nommé Eusebes, dit: „ qu'on à fait avec elle le . siège de l'Hercule de Tyr duquel les dieux se lèvent aisément."
Cette forme des Patèques a été donnée aux statues Typhoniques que nous trouvons en Egypte. INÎous le trouvons aux statuettes dont on se sert comme de pénates , d'ornements ou d'amulettes. Le musée de Leyde possède plusieurs exemplaires de ces trois catégories. Comme nous l'avons dit plus haut , Set fut le dieu des combats des Egyptiens mais il changea plus tard en Typhon, ce qui fait que Fon s'est servi aussi de la statue de Typhon, pour le dieu de la guerre. M. Leemans, dans son explication des monuments , s'exprime ainsi : " „La difformité de son corps le mit en rapport avec Phta; par la peau de lion qui couvre la partie postérieure il ressemble à Hercule. Il s'appelle alors en signes hiéroglyhiques Djem ou Gom. Il a un bras mobile et il parait qu'il a eu une lance dans la main. Des statuettes semblables se trouvent dans le musée Brittannique et au Louvre. Us tiennent un bouclier devant leur corps et brandissent un glaive au-dessus de leur tête. ' Pourvu de ces accessoires on le considère comme un dieu guerrier que les Égyptiens appellent Onueris, selon un papyrus Grec du musée de Leyde. ' Ce même document nous apprend aussi qu'Onueris avait un temple dans la ville de Sébennytus, la capitale du nôme-Sebennytique." H est
représenté tantôt comme pénate, debout sur une fleur de Lotus , ^ tantôt en bas-relief sur le pied d'un fauteuil en face d'un Asiate garotté. ^ La tête de Typhon se trouve comme ornement, tantôt en haut d'un sceptre de roi^" ou d\m étendard , ^' tantôt sur des Scarabées *^ aux colliers,'^ ou sur des amulettes.^* Des représentations pareilles se trouvent aussi dans le livre des morts sur les vignettes. Au sujet de la vignette du chapitre 164, ^' M. de Rougé fait l'observation suivante : „Une figure de déesse étendant deux grandes ailes , sa tête est couronnée da double diadème , deux têtes de vautour sortent à droite et à gaucbe de son cou. Devant elle et derrière elle sont deux figures de Pygmées monstrueux portant le fouet sacré sur leurs bras élevés. Ils ont double visage, une tête humaine et une tête d'épervier. Leur coiffure est le disque et les deus plumes droites, ornement ordinaire du diadème d'Ammonv Le texte donne une description complète de ces trois figures."
M. Ghabas, dans son papyrus Harris, appelle ces deux formes de nains Nemma et dit : '"^ „La description que donne le Rituel sur la vignette du chapitre s'applique uniquement à l'attitude du Nemma; la suite de notre texte montre, que sous cette forme disgracieuse se cache Tune des formes d'Osiris." Il parait donc que ce chapitre du livre des morts ne donne pas la forme de Patèques pour Typhon,
M. De Rougé appelle cette forme de Typhon, Bes. „TJne terre cuite de basse époque le représente dans les bras d'une mère dont les traits indiquent la même race. On peut rapporter ces variétés à deux caractères principaux. Dans Tun il paraît comme un dieu guerrier.
Un petit bronze de la collection nous le montre sous la forme d'un guerrier de proportions ordinaires, mais coiffé de la mitre pointue de la Haute-Egypte. Le nom de Bes lui est appliqué sur des bas-reliefs de la ^ basse époque. Ses représentations sont rares sur les monuments anciens, elles existent néanmoins depuis ime très baute antiquité. Le second caractère du dieu le montre comme se plaisant à la danse et au jeu des instruments. Dans son premier caractère on le trouve figuré dans le rituel funéraire du cbapitre 145 comme gardien du vingtième pylône; c'est sans doute au contraire à son second caractère qu'il faut rapporter Tusage que l'on avait de placer sa figure sur les cbevêts et surtout sur les objets destinés à la toilette des femmes. Son aspect général lui donne une analogie frappante avec les personnages qui accompagnent les taureaux à tête humaine dans les monuments Assyriens. Une des légendes de Bes le fait venir du Ta-neter, pays d'Asie, situé probablement vers le nord de l'Arabie. Son caractère belliqueux et son goût pour la musique rappellent les centaures de la Grèce.'^
Passons maintenant à l'image sous la forme animale.
ni.