‹ La religion du VédaChapitre 101 sur 380 · VARUNA, MITRA ET LES Â DIT Y AS · texte numérisé non relu

VARUNA, MITRA ET LES Â DIT Y AS

Il ne me paraît pas légitime de a olatiliser, en quelque sorte, ce concept de la liberté, si intimement lié aux souhaits et aux soucis les plus concrets et les mieux concevables de lespî'ce humaine; de le volatiliser, dis-je, en un concept d'infinité, et d'attribuer la paternité d Aditi à l'essor d'une imagination élancée vers les espaces sans fin entrevus par delà le soleil et l'aurore. 11 ne l'est pas davantage, à mes yeux, d'introduire dans la notion d'absence de liens la notion du temps, et de la traduire par « éternité », ou, avec intrusion d'une catégorie objective, par (( lumière du jour en tant qu'éternelle )). C'est placer en plein ccour ce qui tout au plus n'intéresse que l'épiderme. Il n'y a de vrai que ceci, à quoi d'ailleurs on doit bien s'attendre : la (( Liberté », une fois personnifiée et entrée dans le groupe familial de Varuna et de ses frères, revêtit, probablement dès le début, certains attributs concrets, empruntés à la fois à la nature lumineuse et à la royauté souveraine de ces dieux ; cela d'autant plus aisément, que les deux idées de lumière et de liberté étaient étroitement apparentées. — ((Qui implore aujourd'hui la bénédiction des dieux? qui loue Aditi et les Adityas en vue d'obtenir la lumière ? » — (( lia lumière impérissable d'Aditi, la déesse puissante par l'ordre, la gloire du dieu Savitar, nous la proclamons. » — (( Je vous loue, vous les gardiens du grand ordre (rta), Aditi, Mitra et 'Varuna, de haute naissance. » — Et l'Aurore est invoquée sous le surnom de « face d'Aditi ».

On ne s'en tient point là. Parce qu'Aditi était la mère des grands souverains de l'univers, parce qu'elle portait un nom abstrait, éminemment favorable à la spéculation et aux subtilités mystiques, elle ne put manquer de s'associer aux plus profonds mystères de la genèse des mondes. La théosophie cosmogonique qui caractérise la dernière manière du Rig-Véda, enseigne qu'elle enfanta Dakshafl'Adresse pieuse), qui est le père des dieux ; mais elle est en Uième temps sa fille; on parle d" (( être et non être au ciel suprême, à la naissance de Daksha, dans le sein d'Aditi». Ces traits de la figure d'Aditi ne méritent pas un plus long examen, et ne sont pas de

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nature à égarer un esprit mùr et réfléchi, dans le jugement quil portera sur le vrai caractère et le point de départ essentiel du concept de cette déesse.

Il ne reste plus à relever qu'une particularité fréquente, comniune au Kig Véda et aux textes postérieurs: la vache est Aditi. Aditi est une vache'. « Xe tuez pas la vache sans péché, TAditi ». dit une stance d'un emploi courant dans le rituel : on a censément destiné une vache au sacrifice, et on lui donne la liberté'. Ailleurs on lit : « La vache laitière Aditi se gonfle pour le juste, ô Mitra et Varuna, pourlhomme qui sacrifie généreusement. » Dans la liturgie, on interpelle souvent sous le nom d'Aditi une vache quelconque amenée pour les besoins du culte. Serait-il permis de voir dans cette confusion un indice de zoomorphisme [)riinitif delà déesse'? et, si cette induction paraissait légitime, ne pourrait-on la pousser plus avant? En d'autres termes, ainsi qu'on l'a déjà conjecturé plus haut, cette déesse Liberté dont nous avons essayé de pénétrer la nature, n'aurait-elle pas été jadis le produit d'une couche mythologique tout à fait inférieure, une simple déesseVache, mère du soleil, de la lune et des planètes, ou peut-être, plus exactement encore, une vache-fétiche ?

Les deux Açvins.

Dans les deux Açvins', le trait qui saute d'abord aux yeux, c'est que ces dieux jumeaux se lient aux phénomènes lumineux du lever du jour. La fête du pressurage du sôma

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