Cf. Mannhardt, Wald- und Felcikulte, I, p. 14 et 22 sq
188 LES MARUTS
tables du dieu qui rode à travers les monts ; et, comme on invoque pour la santé des troupeaux ses congénères européens, Mars Silvanus et autres', ainsi Jiudra est le seigneur du bétail. Issu d'une mytbologie grossière, entièrement étranger au cycle des déités noljles et célestes, entouré de visions sinistres, ce dieu aux traits sauvages se prêtait bien plus aisément que tout autre aux rêves malsains de l'hindouisme décadent. On ne s"étonne pas de le voir, au cours des siècles, subsister jusqu'à nos jours sous les traits essentiels de Çiva, le plus fonnidaljle des dieux hindous.
Autres Dimxiths.
Nous avons étudié avec tout le détail nécessaire les principales figures du panthéon védique. Nous pouvons nous borner à un court aperçu des autres personnages di\ins.
Aux vents et aux orages président les Maruts, puis le dieu du vent, tiré à deux exemplaires, Vâyu et \ixta, enfin le dieu de la pluie et de la temp'"'te, Parjanya.
Les Mdvuin. — La tradition qui nous donne les Maruts pour les dieux du vent ne soulève pas l'ombre d"un doute'. Ils sont fils de Rudra'. et de la vache mouchetée, Prçni, qui sans doute est la nuée d'orage parsemée de taches. Ils forment une troupe de jeunes héros richement parés, qui s'avancent en pompeux cortège, portant des lances resplendissantes, des colliers d'or sur la poitrine, montés sur des chars que traînent des juments ou des antilopes mouchetées. Orages, ondées et éclairs leur font escorte. « Ils ont attelé au timon les vents en guise de chevaux; ils ont fait de leur sueur la pluie, les
1. -Mannhardt, op. cit., I, p. 111, II, p. I(i3, 111, 119 et IIG. Sur le Sihain patron des troupeaux et le Sihaiii luallaisanl, voir aussi Castrén, Finn. Mijth., p. 97 stj. et 10s.
2. M. E. H. Meyer les tient )jour «des àiues iiuniaiiui^s luétaïuorphosées en vents immortels»: liido'jcrni. Myi/ia/t, 1, p. 21«. II mcst impossible de rien entrevoir de pareil dans le Véda; mais, en théorie, le processus ne serait pas inadmissible.