Cf. supra p
VÂYU, VATA. l'AKJANYA 189
tils de Uudi-a » ( K. V. V. r)S. 7). De la mer ils font lever la pluie pour la répandre sur la terre ; ils ébranlent la terre et les monts ; les forêts se courbent dans la (erreur de leur course vertigineuse; ils créent les ténèbres en plein jour, lorsqu'ils inondent la terre de> torrents de la pluie de Parjan\a.
V<-7///( et V(i.t((. — Cote à côte avec ces dieux multiples, ces essaims des vents, nous apparaît le ^'ent lui même, divinité uni(pie, mais qui, sous deux noms différents. \'a\ u et \'ata, nous révêle deux phases distinctes d'évolution d'un seul et même concept naturaliste.
I/un et l'autre xmA signifie « vent » ; mais le premier est, comme noui commun, extrêmement rare dans le Véda; c'est le second ([ui est le terme usuel et courant. Aussi Vâyu n'estil un dieu du vent que dans le sens où Indra est un dieu de l'orage. Son antique symbolisme est à demi effacé : on lui adresse des formules toutes faites, par lesciuelles on le convie à venir avec la longue suite de ses attelages {juj/iUas), à l)oire le sôma, dont les prémices lui reviennent de droit, parce qu'il est le plus rapide des dieux. Tout autre est Vâta : réti(iuette liturgique ne lui réserve aucune place d'honneur ; mais il a gardé intacts ses attributs, le souffle du \ent, ■-on bruissement et sa fraîcheur. (( Je veux louer en ^a grandeur le char de Vâta. Son fracas s'avance tonnant, brisant tout. Il remue le ciel et y répand un rouge éclat ; il marche et fait voler en tourbillon la poussière de la terre..-. Au sein de l'espace il vague sur ses chemins; il ne se repose pas un seul jour. Lui, l'ami des eaux, le premierné. le saint, oi'i est- il né '.' d'où est-il issu ? Haleine des dieux germe de l'univers, ce dieu circule où il lui plait : on entend son murmure ; mais lui, on ne le voit pas. A lui, à Vâta, nous voulons faire oblation » (lî. V. X. 168).
l^drjanijd. — Il est intéressant de voir la connexion naturelle du vent avec l'orage et la pluie se personnifier en deux couples divins. Vâyu est constamment associé à Indra : tous deux occupant une place éminente dans le rituel ; tous deux ayant perdu de leurs traits originaux. De son côté, Vata
190 AUTRES DIVINiTÉS
marche de pair avec Parjanya, et celui-ci est le véritable et vivant dieu de l'orage et de la pluie aux temps védiques'. On a vu plus haut comment le cycle des phénomènes orageux, stéréotypé, raidi et si peu compris du poète lui-même dans les hymnes à Indra, emplit de saisissante et pittoresque vérité ceux qui s'adressent ;i Parjanya. (( Il frappe les arbres et il frappe les sorciers malins. Tous les êtres redoutent le puissant qui brandit son arme. Devant celui qui a la force du taureau, s'enfuit l'innocent lui-même, quand Parjanya tonnant atteint les malfaiteurs. Comme un cocher excite du fouet ses chevaux, il fait apparaître ses courriers pluvieux. Du lointain s'élève le rugissement du lion, lorsque Parjanya crée la nuée de pluie. Les vents soufflent, les éclairs volent, les plantes se dressent, le disque solaire se gonfle de moiteur. Le suc nourricier nait pour tous les êtres, quand de sa semence Parjanya féconde la terre... Tu as plu ta pluie : cesse maintenant. Tu as fait praticables les stériles étendues. Tu as créé des plantes pour la nourriture, et tu as pour les êtres trouvé la sagesse » (R. V. "V. 83).
Les dieux qui vont nous occuper ne représentent plus aucun objet ni pouvoir naturel déterminé, ou du moins immédiatement reconnaissable, mais simplement certains types d'action ou certaines sphères d'activité.
Vis/inii. — Vishnu ne joue dans le Véda qu'un rôle insignifiant. Toute sa mythologie tient presque en un seul exploit ,• il a mesuré le monde en trois pas -. — » Trois fois
1. Ou .sait ({ue son nom date de luaité indo-européenne: cf. le Perkunas lithuanien, le dieu et la déesse Scandinaves Fjôrgyn. Selon M. Hirt. il signifierait «dieu des chênes»: [ndof/. Forschuiificn, \, p. 481.
2. Faut-il rapprocher des trois pas de \'ishnn les trois pas que font, dans la doctrine de Zoroastre, les Anishaspands pour s'élever de la terre à la sphère du soleil? Dans le rituel avestitiue, les trois pas de l'othciant symbolisent cette ascension ; et de même, en liturgie védi(iue, le sacrifiant l'ait trois pas en imitation de ceux que fit Vishnu pour descendre du ciel en terre ou monter de la terre au ciel. Cf. la traduction franraise de l'Avesta par J. Darmesteter, I, p. 401, et Ilillebrandt, Xca- und VollinondKopfur, p. 171 sq.