‹ La religion du VédaChapitre 11 sur 380 · PREFACE DU TRADUCTEUR XVII · texte numérisé non relu

PREFACE DU TRADUCTEUR XVII

tème ne saurait la contenir. A l'un on a pu reprocher plaisamment de supposer que nos premiers pères passaient leur vie à parler de la pluie et du beau temps . Mais le second — dcl'aut plus grave ! — repose tout entier sur Tliypothèse du « sauvage en soi », abstraction composée du total de toutes les races sauvages actuellement survivantes, et notablement différente de chacune d'elles . Ils ne valent tous deux cju'à titre de tendances divergentes et pourtant conciliables, entre lescjuelles le choix se détermine par la tournure d'esprit et la nature des études antérieures. Avec une impartialité rare et louable, ]M. Oldenberg, bien cju'essentiellement philologue, l'ait la part très large à la tendance ethnograj)hic|ue ; et, totémisme à part, je croîs c|u'il a raison. Mais je crains cjue cette belle courtoisie scientificjue ne l'ait amené parfois à restreindre outre mesure le domaine de l'interprétation naturaliste ; et, sans revenir ici sur les quelques réserves dont il a bien voulu m'autoriser à parsemer le bas de ses pages, je voudrais montrer par un exemple typique en quoi et pourquoi je suis, selon qu'il en jugera, ou plus téméraire ou plus conservateur que lui.

Il me reproche (p. 60, n. 2; de m'appuyer sur un texte unique de l'Atharva-Véda pour reconnaître dans le demi-dieu Aja ëkapâd une personnalité solaire ; et c'est là, en effet, une bien faible garantie. Il lui préfère un autre témoignage, unique également, celui C{ue lui apporte la comparaison ethnographique. « Pourquoi le ciel ne tombe-t-il pas sur la terre? — Parce qu'un grand bouc à une seule patte lui sert de pilier. — Quoi de plus conforme, en effet, à la cosmologie des premiers âges ? » — A la bonne heure ; mais ce pilier, cet étal, il faut, en bonne logique, en-

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