‹ La religion du VédaChapitre 12 sur 380 · XVIII PREFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE DU TRADUCTEUR

fantine aussi bien que virile, qu'il soit visible quelque part, s'il s'élève entre ciel et terre. Or il l'esté au moins partiellement; car ce pilier qui soutient le ciel, — aucun mythographe ne me contredira, — c'est le même le long duquel monte quotidiennement le soleil, et cjui le guide et l'étaie dans sa périlleuse course aérienne ; et dès lors, le sommet du pilier, la tête du bouc, tju 'est-ce autre chose que le soleil? Ce point gagné, nous en gagnons un autre. M. Oldenberg déclare sans ambages ne pas savoir pourquoi on a choisi pour cet office un bouc plutôt que tel autre animal, et il est évident que l'ethnographie à elle seule ne peut rien lui en dire ; mais la mythographie, elle, le sait et ne s'avance qu'à coup sûr. L'animal dont les cornes saillantes symbolisent les rayons du soleil, bélier, bouc, antilope ou taureau, lui est trop familier, comme à tous les zodiac^ues, pour qu'elle hésite à le reconnaître dans le chapiteau de la colonne céleste.

Mais ce sont là simples nuances de pensée et d'interprétation. Au fond, l'impression qui se dégage de la lecture du livre de M. Oldenberg, c'est que la reli- | gion védique est naturaliste, essentiellement et même prescjue exclusivement naturaliste, puisque la plupart ' des grands dieux, ceux cjue vraiment l'on fête et l'on adore, se ramènent à des êtres ou à des phénomènes naturels \ Il est un point même sur lequel il a encouru

1. Ceux qui ne s'y ramènent pas, du moins dans sa doctrine, — et je répète qu'en principe le naturalisme lui est plutôt suspect, — ne sont pas pour cela, sauf le seul Paidra, des monstres échappés à un pandémonium de sauvages : il en fait, tout au contraire, les créations plus modernes d'un âge plus réfléchi, des abstraction.'; divinisées. Qu'il soit allé trop loin aussi dans cette voie, que M. Barth ait pu à bon droit revendiquer contre lui le caractère primitif et solaire de Vishnu, de Pûshan, de Savitar. c'est, je crois, ce dont il sera difficile de douter après avoir lu les solides articles du Journal des Sacants

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