U. V. \"III. GO
C'est nommément par la bouche que les démons sont censés se glisser dans le corps, avec les aliments ou la boisson', ou même sans cet adjuvant : aussi, lors d'un exorcisme dirigé contre un Piçàca, recommande-t on à quiconque viendrait à entrer dans la chambre, de se racler la langue avec une cordelette de chanvre'; il s'agit évidemment d'empêcher le démon banni de se jeter dans la bouche de l'arrivant. Mais la bouche n'est pas la seule voie accessible : les démons avorteurs, par exemple, se glissent dans l'organe sexuel de la femme enceinte \
Une fois entré dans la place, le monstre dévore la chair de l'homme, suce sa moelle, boit son sang, engendre toute espèce de désordre. On supplie Agni de créer à nouveau tout ce que le Piçâca a arraché, déchiré, emporté, tout ce qu'il a dévoré du malade : « Chair et haleine vitale nous éveillons dans le corps*. » Les Rakshas troublent aussi la raison, paralysent la puissance de la parole, si bien que le patient succombe dans la discussion'. Il va de soi que leur action nocive se fait surtout sentir dans les grands événements de la vie usuelle: mariage, grossesse, accouchement, funérailles. A qui connaît le rituel nuptial il est inutile de rappeler le^ nombreuses pratiques dirigées contre \e^ esprits malins : je me bornerai à mentionner les bâtonnets qu'on fait voler en l'air en disant : « Je crève l'œil aux Kakshas qui rôdent autour de cette épousée qui aborde le feu sacré*-. » La prescription qui oblige ensuite le jeune couple à garder la chasteté
1. A. V. V. 29. 6-8. — Ne saisissons-nous ijas ici l'une au moins des origines possibles du jeune prescrit au cours d'opérations cultuelles? car c'est alors surtout (jue les esprits malins rôdent autour de l'homme et menacent de se glisser en lui avec les aliments.
~'. Kauç. .S. 25. 26. — [Le .sens du texte et de l'opération n'est pas exactement le même dans la traduction récente de \l. Caland, fin Altind. Zauheri-itual, 25, 28. — V. H.]