‹ La religion du VédaChapitre 142 sur 380 · Cf. supra, p. 213, n · texte numérisé non relu

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histoires connaissent aussi des héros de caractère sacerdotal. Car la pensée des poètes de souche brahmanique se concentrait presque tout entière dans les intérêts et les prétentions de leurs familles, dans la toute-puissance du sacrifice, — disons mieux, — de la technique du sacrifice, telle que la leur avaient léguée leurs grands ancêtres. Comme les documents qui nous restent de leur époque sont presque tous des hymnes aux dieux, et non des récits épiques, il est inévitable que l'action des dieux occupe partout le premier plan : les hauts faits des hommes s'effacent derrière ceux que les dieux ont accomplis en leur faveur ou, tout au plus, avec leur assistance.

En tête de toute la race humaine surgit la figure du premier homme.

Dans ce domaine, les concepts sont encore à l'état fluide : on ne s'étonnera donc pas que ce type ait été tiré à ]3lusieurs exemplaires. Nous avons déjà rencontré Vivasvant, le premier des sacrificateurs' : remarquons cette alliance caractéristique des deux idées, premier homme, premier sacrificateur. Dans l'Avesta, Vîvanhvant est (( le premier mortel qui ait apprêté le haoma pour le monde corporel » ; dans le Véda, c'est à Vivasvant qu'un messager venu du ciel apporte le feu, l'agent qui préside au sacrifice. Puis, Agni lui-même devient le messager de Vivasvant; ce sont les prières de Vivasvant qui induisent le sôma à couler; l'emplacement oui se célèbre le sacrifice, le prêtre, rattachant son office actuel au mystère cosmogonique qui en fut le prototype, l'appelle « la place de Vivasvant ».

Viennent ensuite, dans le plus étroit rapport avec Vivasvant, Manu ou « l'Homme ))% et le fils de Vivasvant, Yama ou « le Jumeau » ', qui s'unit à sa sœur jumelle Yamï pour engendrer la race humaine. Le v père Manu » n'est

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