Dana l'Avesta. Yinia. fils de Vivanhvant
IIKROS SArEnnOTAlX ET GlERRIERS 283
visibloinent ([1111110 tloublure (le Vivasvant : cest lui (lui en n''alit(:' incarne aux temps v('di(iues la conception du premier liomme. tandis ([ue A'i\asvaiit, ([ui l'incarnait dans la croyance ind()(''ranienne, s"est effac(!^ et a passé à rarri(''re plan. D'ailleurs, en Manu comme en Vivasvant, la fonction de sacrificateur est un attribut distinctif du premier liomme: (( j)lace de Vivasvant », mais aussi (( demeure de Manu », ainsi se nomme remplacement sur lequel le prêtre voit se dt!'rouler les pliases du sacrifice où c'est lui-même pourtant ([ui officie' ; le sacrifice de Manu est l'archétype du sacrifice actuel ; Indra boit le sôma de Manu, trois mares pleines, pour se fortifier au combat contre Vrtra (H. V- ^^ 29. 7 ). Agni est « celui (jue Manu a établi, (pie Manu a allumé »: on le prie de vaquer à son office dans le présent sacrifice, comme il l'a fait jadis pour Manu, alors que celui ci adora les dieux en leur présentant « la première oblation, devant le feu allumé, d'un e<rHir diliirent, assisté des sept prêtres' )) (X. 63. 7)'.
Au contraire, la figure de Yama semble moins celle d'un premier prêtre que celle d'un premier roi. L'Avesta parle de Vima comme d'un roi de l'âge d'or, et tel est aussi le titre que lui décerne le Yéda, où toutefois il n'a gardé de sa royauté qu'une seule province : le premier homme est aussi le premier qui soit mort ; élevé au rang divin, il régne sur l'empire des morts. Nous aurons donc à revenir sur Yama, quand nous traiterons des croyances à la vie future.
Au delà des premiers hommes, fondateurs de races, les ricines profondes de l'humanité plongent jus(|u'au monde des dieux. Ce n'est pas toutefois, semble-t-il, que l'idée de la parenté primitive des dieux et des hommes, — encore que
1. Les textes sont coUigés dans Bergaigne, op. cit., I, p. 66.
2. Nous revienfirons dans nn instant sur ces sept personnages.
3. Ajoutons en passant que l'Adam du Véda se complique dun Noé; c'est il Manu que se rattache la K'gende du Déluge; il en est sauvé par un poisson surnaturel, qui le lui prédit et remorque son navire; cf. notamment Çat. Br. I. 8. 1. Avec la majorité des auteurs, je regarde ce récit, de tradition relativement récente, comme un emprunt aux .Sémites, et je ne me rends pas aux arguments contraires de M. Lindner, Festf^russ an Rotli, p. 213 sqq.
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dans les hymnes le suppliant s'en prévale parfois auprès de son dieu\ — ait jamais acquis dans la religion une réelle importance. Cette idée est aussi vague, aussi peu formelle, que tous les autres concepts cosmogoniques ou théogonifiues du Véda : tantôt, c'est le grand cou^ile Ciel et Terre, source de toute existence, qu'on donne pour père et mère à l'humanité; çà et là. Agni est censé le père de toutes les créatures humaines-; et ailleurs, Yama et Yamï, les deux jumeaux du premier homme, se disent entre eux: « Le Gandharva dans les eaux, et TOndine, c'est là notre parenté suprême, et ce ([ui nous fait frère et sœur' . )) Puis, côte à côte avec ces idées disparates, nous en constatons d'autres, tout à fait indépendantes, étrangement compliquées de raffinement sacerdotal, mais peut-être, dans le fond, extrêmement anciennes : l'humanité est issue du corps gigantesque du Premier Homme 'Purusha), qui avait mille têtes et mille pieds. Les dieux offrirent un sacrifice, dont le Purusha était la victime, et ce sacrifice engendra tous les animaux, chevaux et bduifs, chèvres et moutons ; du Purusha immolé sortirent et le ciel et la terre, et le soleil et la lune; de sa face naquit le brahmane; de ses bras, le prince; de ses cuisses, le paysan ; de ses pieds, leçûdrafR.y. X. 90).
Il y' a aussi des familles particulières qui se targuent d'origine divine: dans l'une, c'est le père qui est dieu ; dans d'autres, la mère est déesse; ou bien ils sont dieux tous deux. Vasishiha doit le jour à un miracle de Mitra et Varuna; sa mère est TApsaras Urvaçï (VIL 33. 11 sq.). Tout comme Manu, père du genre humain, de simples ancêtres de familles brahmaniques, tels que Kanva et Atri, sont qualifiés par le poète de « parents des dieux », et il ajoute « cest d'eux que descend notre race » (L 139. 9).
Ces aïeux des ancêtres des grandes familles brahma-