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HKROS SACERDOTAUX ET GUERRIERS

niques ne sont autres que « les Sept Prrtres» que nous \enons de voir officiant en compagnie de Manu : encore une reproduction du type des fondateurs humains des ordonnances terrestres, des hommes qui ont. si Ton i)eut dire, ouvert la vie humaine. La caste des prctres avait un syst»'>me généalogique plus net que celui de la caste des princes guerriers : ils relevaient tous d'un petit nombre de familles, et dès lors il leur était plus aisé qu'aux [)rinces de se représenter leurs ancêtres comme formant une sorte de cercle fermé de gens étroitement unis. Or, ces premiers brahmanes, ces instituteurs de la technique du sacrifice, devaient d'autant plus légitimement, dans l'imagination de leurs descendants sacerdotaux, paraître les personnages essentiels de la préhistoire légendaire et mythique, que l'on s'intéressait moins aux débuts de l'organisation sociale et politique, et davantage à ceux des grandes ordonnances du sacrifice, par lequel avaient été acquis à l'homme les premiers biens indispensables, la lumière, le Ijétail. Ces conquêtes, c'est à l'art magique du sacrifice, non à la puissance belliqueuse des princes, qu'on s'en estime redevable : les « sept Rshis », ou « nos pères », ou (( les Angiras ))' ont, « assis dans l'espace sans soleil et dans l'espace éclairé du soleil, ordonné les créatures que voici » ; ils ont « trouvé la lumière cachée, engendré l'aurore par la formule infaillible ». « Comme on ornerait de perles un cheval sombre, ainsi les Pères ont paré le ciel d'étoiles; ils ont déposé dans la nuit l'obscurité, et dans le jour la lumière'. » Par dessus tout, au moyen de leur prière et du l'eu ([u'ils avaient allumé, ils ont fait sauter le rocher qui enfermait les vaches cachées parles malveillants Panis : ainsi

1. Sur ce nom. voir plus haut, \^. 105. Nous venons de rencontrer les sept prêtres connue acolytes de Manu. De même, les Angirus forment l'escorte de Yama: à l'olilation mortuaire, on honore « Yama qu'accompagnent les Angiras », et l'on récite : « Viens, ô Yama , l'asseoir sur cette joncliée, avec les Aùgiras, les Pères» (R. Y. X. 14. 4).

2. R,. V. X. 82. 4, où je lis nishattâs (cf. Oldenbcrg, lUjinn'ni (le? Riiroda. I, p. 3131, VII. 76. 4, X. 68. 11.

ils ont acquis pour eux-mêmes et pour les hommes la nourriture abondante et bénie^

(^)uant à celles de ces vieilles légendes qui sontparticulirros à tel ou tel des ancêtres du sacerdoce, elles sont, pour la plupart, étrangères à la mythologie proprement dite. Ce sont en général des exemples remarquables de l'art et de la puissance des prêtres, sous forme d'événements historiques ou d'aventures idéales, qui exaltent et poétisent un récit dont le fond appartient à la réalité. Le surnaturel, comme bien l'on pense, n'y fait pas défaut. On nous conte, par exemple, que les sept Rshis,ici formant un vrai collège, sont venus en aide à la femme du roi Purukutsa, ou peut être plutôt à sa veuve opprimée: ils lui ont « gagné par le sacrifice » un lils héroïque, « Trasadasyu, le vainqueur d'ennemis égal à Indra, le demi-dieu »: on entrevoit que cette histoire (R. V. IV. 42) était précédée d'une altercation entre Indra et Varuna, les deux dieux suprêmes et rivaux, qu'imploraient ensemble la reine et les prêtres, et qui enfin, réconciliés et d'un commun accord, leur conféraient la grâce souhaitée'. La famille sacerdotale des Viçvâmitras célélirait les hauts faits de son ancêtre: à sa prière, les rivières s'étaient laissé franchir par les chars et les chariots des Bharatas; il avait obtenu pour le roi Sudâs l'assistance d'Indra; puis, la bataille gagnée, il avait en son nom accompli le sacrifice solennel du cheval. II se peut que ces légendes reflètent déjà la mortelle inimitié qui divisa les deux familles rivales des Viçvâmitras et des Vasishthas,et que, à tort ou à raison, elles faisaient remonter jusqu'à leurs deux ancêtres'. Il ne manque pas non plus d'anecdotes empruntées à la réalité, ou de descriptions dont la vie quotidienne du prêtre fournit le thème, non parfois sans quelque facétieuse malice: l'ascète Agastya voit ses vœux de chasteté traversés par la jeune ardeur de son épouse ; le couple sacerdotal de sieur et dame Mudgala court un prix

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