‹ La religion du VédaChapitre 150 sur 380 · Cf. supra p. 161, n · texte numérisé non relu

Cf. supra p. 161, n

2. De son côté, Mitra, «jui dans le Véda n'est guère qu'une doublure de Varuna, était spécifiquement, dos l'époque indo-éraniennc, le gardien des pactes et des traités d'alliance : de là, partout où il est question de lui, l'importance donnée au mot ^atya, « vrai, véridique, fidèle a sa parole», et au verbe yûtayati, «il unit, il concilie». CU supra, p. IjG, n. 1.

244 DIEUX BONS ET DIEUX MÉCilANT.S

[ènaa ou âgas). Comment, en effet, cette puissance, qui porte nuisance à son auteur, ne ressemblerait-elle pas à toutes les autres puissances nocives, ne serait-elle pas concrète au même degré que celles-ci ^ ? Rien de plus fréquent que l'idée d"un lien ou d'un lacet où le pécheur s'embarrasse de lui même ; et cette idée encore est commune au péché et à d'autres puissances malfaisantes, puisqu'on parle couramment des liens de la mort, des liens de la maladie, et qu'à son tour la maladie estsurnommée (( le lien delà Perdition » (Nirrti'. Le pécheur a beau paraître extérieurement libre et heureux : une chaîne l'enlace, dont il ne peut se déprendre. Il va de soi que l'idée du dieu vengeur est ici bien proche : c'est lui (pii attache la chaîne, (jui tend le lacet, et ainsi de suite, mais cet élément n'est nullement de rigueur ; car le lien, en réalité, c'est le péché lui-même, qui, de toute sa force de perdition, adhère au coupable. Témoin les termes dans lesquels on implore de Sôma et Hudra la libération (( du péché que nous avons commis et dont notre corps est durement lié ». Témoin la prière à Varuna : (( Détache de nous le péché que nous avons commis \ » Ce lien du péché, on se le figure, semble-t il, comme un lacs, un piège oii le malfaiteur se prend : le suppliant demande à « franchir » les rets tendus « comme avec un char et des chevaux ■' )>.

Dans une conception aussi extérieure et, si l'on peut dire, aussi matérielle de la faute, il est à peine besoin de constater que l'élément purement subjectif de l'intention délictueuse est encore fort éloigné de jouer aucun rôle décisif : l'essentiel, c'est le fait objectif, le fait brut du péché ; commis à l'insu

1. En cunsé(|uence, nous \oyons Vënat' place sur lu même ligne que l'ensorcellenient (A. V. V. 30. 2-1), l'urdure, le cauchemar (X. 5. )li), le pâjunan (VI. 113. 1-2), etc. Nous voyons Indra prendre en main le péché de meurtre d'un brahmane, et le porter partout a\ ec soi, jusqu'à ce qu'il parvienne à s'en décharger : Taitt. Saiuli. II. 5.

2. II. V. VI. 74. 3, I. 21. 9, et cf. Bergaigne, III, p. 161 sq.

3. R. \'. II. 27. l'i. C'est la même idée qui inspire la prière adressée aux dieux, de ne point capturer les hommes comme un oiseau;

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